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Mythes de l'Orient en Occident (JL. Tritter)

mythes-de-l-orient-en-occident-1380092-250-400L’Orient fascine l’Occident, qui l’a en grande partie inventé, comme objet mythifié et fantasmé. Un Orient aussi figé dans le temps, représenté par des images stéréotypées, telles le Harem ou le Désert. C’est ainsi qu’est né l’orientalisme qui, au XIXe siècle, a essentialisé cet Orient, et ce en dépit des conflits séculaires qui ont opposé « Occidentaux » et « Orientaux ». Dans son livre, Mythes de l’Orient en Occident, l’historien Jean-Louis Tritter revient sur ces images récurrentes d’un espace en grande partie imaginaire.

 

Définir l’Orient

Dès son avant-propos, l’auteur montre que la notion d’Orient dépend de celui qui l’utilise, voire l’invente. Au départ, il s’agit d’une « notion méditerranéenne », et plus spécifiquement grecque (« l’Orient commençait à l’est d’Athènes »), avant d’être romaine. C’est avec Rome justement que l’Orient commence à séduire, notamment par le biais des religions orientales et de leur étrangeté pour les Romains. Vient ensuite l’Orient assimilé à l’islam, et une période non pas uniquement conflictuelle, mais plutôt dans la relation attraction/répulsion. La période moderne voit à la fois l’image de l’Orient se figer, et l’idée que l’Occident lui serait supérieur. Pourtant, c’est aussi le moment où naît l’orientalisme, et où se développe cet Orient mythifié que les voyageurs espèrent découvrir, et dont la littérature s’abreuve au XIXe siècle.

Voyage dans l’orientalisme

La fascination de l’Occident pour l’Orient commence donc dès l’Antiquité, ce qui conduit J-L. Tritter à commencer son ouvrage par une « histoire des mythes de l’Orient en Occident ». Pour cela, il parcourt toutes les périodes, de la Grèce antique à après la Révolution, en passant par le Moyen Âge, et en revenant sur « le bilan de l’époque classique », avant le tournant plus proprement orientaliste. Avant même l’expédition d’Egypte, l’Orient est déjà un modèle, notamment pour les philosophes des Lumières. A la même époque, l’Orient est associé à la libération des mœurs et au fantasme.

Le second chapitre est plus spécifiquement consacré à l’orientaliste, et à sa diversité : archéologue, touriste, voyageur et même femme. L’auteur montre ensuite la démarche de l’orientaliste, c’est-à-dire son voyage en Orient, et la diversité avec laquelle il est abordé, du culturel au commercial, en passant par le pèlerinage.

L’islam est évidemment un élément fondamental de l’Orient, ce que J-L. Tritter analyse dans son chapitre IV, en insistant sur ce phénomène d’attraction/répulsion qui caractérise depuis toujours les rapports entre l’Occident et l’Islam.

Dans les chapitres suivants, l’auteur entre enfin de plain-pied dans les mythes proprement orientalistes, du harem (et plus largement de la femme orientale en général) au désert, évoquant également des produits typiquement orientaux, dont sont friands les Occidentaux, pour par exemple « s’orientaliser », à l’image du khôl, du henné ou de la consommation d’opium.

Le dernier chapitre met en parallèle l’idée de décadence de l’Orient, et la fin progressive de l’orientalisme dans la première moitié du XXe siècle. Une fin qui est due, aussi, à une meilleure connaissance et proximité avec un Orient qui s’occidentalise et qui, trop réel, ne fascine plus. Pour illustrer cette mort lente de l’orientalisme (J-L Tritter parle d’ailleurs aussi de sommeil), l’auteur choisit la figure de Pierre Loti, et son récit de voyage au titre évocateur, La Mort de Philae.

Dans sa conclusion, J-L. Tritter revient sur cet Orient qui s’est orientalisé, jusqu’à reproduire les clichés imaginés en Occident, quand il ne s’occidentalise pas (à l’image des gratte-ciels des émirats du Golfe). Il insiste surtout sur le « leurre » de cet Orient géographique, dans lequel nombre de pays et de régions du monde ne se reconnaissent pas, ou pour lequel il n’y a guère d’intérêt, en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

L’avis d’Histoire pour tous

Accompagné d’un lexique et d’une bibliographie claire et bienvenue, mais également d’un cahier central dédié à une iconographie tout en couleurs, l’ouvrage de J-L. Tritter ne décevra pas tous ceux qui s’intéressent aux mythes de l’Orient et à l’histoire de l’orientalisme, et ce malgré quelques passages parfois un peu denses.

-         J-L. Tritter, Mythes de l’Orient et de l’Occident, Ellipses, 2012, 285 p.

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