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La fascinante vie quotidienne des français

vie_francaisCertaines expressions apparues au cours des siècles sont utilisées couramment de nos jours. Mais sont-elles toujours appropriées ? Dans son ouvrage '' La fascinante vie quotidienne des français'' Jean-Pierre Rorive nous conte vingt et un siècles d’anecdotes et coutumes parfois cruelles, parfois cocasses qui, des Gaulois à nos jours, émaillèrent le quotidien de notre pays. Le coq gaulois est-il ce que l'on imagine ? Que veut dire ''piquer une tête'', faire la manche ? D'où viennent les poulaines, quelle est l'origine du mot grève ? Comment désignait-on les attributs et l'acte sexuel au Moyen-Age ? De quelle époque datent les premiers préservatifs ? D'où provient l'expression ''avoir le pied marin'' ? Qui fabriqua les crinolines à porte ? ….

 

Coq pas très gaulois

Coq se dit « gallus » en latin d'où les calembours assimilant le terme aux Gaulois. Vers le XIIe siècle, les cours européennes tirèrent parti de cette association pour se moquer des rois de France ''qui battaient des ailes en s'égosillant'' mais sans efficacité. C'est seulement avec la Révolution que le coq, symbole d'énergie, devint l'emblème du peuple français. Ce même peuple fut caricaturé en coq déplumé par Louis-Philippe sous la monarchie de juillet. En 1848 la république le plaça en haut du drapeau national et il figure de nos jours sur le grand sceau de l’État républicain.

Piquer une tête

Lorsqu'ils attaquaient un ville, les Gaulois plantaient tout autour des lances et des javelots piqués des cadavres et de têtes de leurs ennemis. Ils avaient l’habitude de couper les têtes des vaincus qu'ils attachaient aux harnais des chevaux ou à l'entrée de leurs maisons après les avoir induites d'une préparation destinée à leur conservation . Celles des ennemis illustres étaient frottées d'huile de cèdre puis conservées dans des coffres comme trophées de guerre , exhibées avec orgueil aux étrangers.

Faire la manche au Moyen-Age

Jusqu'au XIIe siècle, le « bliaud » des femmes se composait d'une blouse descendant jusqu'aux hanches et d'une longue tunique qui moulait leur corps pour le rendre gracile, se nouant très serré dans le dos ou sur les côtés. Les manches étaient souvent amovibles et cousues en larges points, laissant apercevoir le bras nu de ces dames. Il arrivait que des chevaliers portent au bout de leur lance une manche de demoiselle, en guise de trophée amoureux. Un troubadour recommandait aux servantes d'avoir toujours sur elles une aiguille pour « recoudre leur maîtresse » au cœur attendri !

L'origine des poulaines

A la fin du Moyen-Age les fanons de baleines servirent aussi à renforcer les chaussures des hommes terminées par une longue pointe, droite ou recourbée : les poulaines. Leur nom vient soit de leur origine polonaise soir de leurs extrémités en bec de poule. Leurs longueurs étaient réglées par l'étiquette. Celles des princes n'étaient pas limitées, celles des ducs et des barons mesuraient deux fois la longueur de leur pied, celles des chevaliers une fois et demie, les bourgeois et le commun : une fois seulement !

Grève place de Grève

Au XVIIe siècle, « être en grève » signifiait se rendre place de Grève à Paris pour y trouver un emploi car les employeurs y recrutaient des travailleurs en quête d'un gagne-pain. La première grève recensée au sens actuel fut celle des bonnetiers de Paris en 1724, pour revendiquer une augmentation de salaire. Elle fut suivie par les ouvriers de la reliure en 1776, des maçons et des tisserands en 1785 etc …

Le langage pour parler des attributs et de l'acte sexuel

vie_francaisLes expressions imagées ne faisaient pas défaut au Moyen-Age pour désigner les attributs sexuels de l'homme et de la femme, (de même pour le langage Rabelaisien utilisé dans les rues par les conducteurs de véhicules, voir l'article ''Hygiène et pollution''). Le sexe d'une femme est nommé vulgairement ''conin'' du latin cuniculus (trou) et ceux de l'homme ''service trois pièce''. Un jeune homme bien membré à le ''vit'' bien taillé et une jeune fille qui se languit ''sent l'avoine''. Ainsi faire l'amour pouvait se traduire par ''donner de l'avoine''.

Préservatifs réutilisables

Le dictionnaire médical de Charles-Louis Panckoucke, édité en 1820 nous apprend que les préservatifs de l'époque étaient en peau de vessie de brebis « car leur résistance leur permettaient d'être réutilisés ». Mais l'auteur doute de leur imperméabilité, « il peut se trouver perforé si les vers s'y mettent et d'autre part, il est susceptible de bouger pour des raisons faciles à comprendre. Il est également sujet à la réprobation morale : « cet instrument ayant pour effet d'éviter la grossesse peut conduire au libertinage ».

Le pied marin

A Marseille, la désertion des marins catalans était fréquente au XIVe siècle malgré les châtiments encourus : ablation du pied ou pendaison. Celui qui revenait à bord après avoir passé une nuit dans un port sans permission, subissait le fouet et perdait une parti de sa paie.

Les crinolines à porte

La cage ou crinoline, sorte de jupe à entrecroisements de cerceaux et de supports verticaux en bois censés donner du volume au bas de la robe, fut inventée vers 1856 et fabriquée par Peugeot. Deux ans plus tard elle devint si ample que l'on devait y entrer par une petite porte et s'y glisser tant bien que mal ! Il fallait également penser à franchir les portes sur le côté pour éviter de rester coincée aux entournures !

C'est là un échantillon des innombrables histoires savoureuses racontant la vie quotidienne de nos ancêtres en France en une vaste fresque sociale qui fera les délices des amateurs d'histoire.

La fascinante vie quotidienne des français, de Jean-Pierre Rorive.  Editions. Jourdan, 2012.

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