Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Livres Essais Pour ou contre César ? (E. Gentile)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Pour ou contre César ? (E. Gentile)

Totalitarisme et religion, ces deux termes posent de nombreux problèmes. Les régimes totalitaires sont-ils compatibles avec les religions traditionnelles ? Sont-ils de nouvelles religions ? Léon XIII mentionnait déjà l’existence d’un « culte du Dieu-État » dans les sociétés modernes dans l’encyclique Arcanum Divinae Sapientiae parue en 1880. Avec l’avènement des régimes totalitaires, ce culte prit une actualité nouvelle.  Ce n’était pas le seul point d’achoppement entre l’État et les Églises. Les Églises chrétiennes et leurs fidèles durent se positionner face à ces nouveaux régimes bien différents les uns des autres. Emilio Gentile, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rome, analyse les rapports entre le christianisme et l’État dans les régimes totalitaires naissants (la Russie soviétique, l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie) dans son dernier ouvrage Pour ou contre César ? Les religions chrétiennes face aux totalitarismes.

La réaction de l’Église face à la modernité et l’émergence des régimes totalitaires

La modernité a été perçue très tôt par l’Église comme un fléau. La révolution française, cette « bête de l’Apocalypse » selon Johann Jung-Stilling, avait pour but de détourner les fidèles de la vraie foi. La persécution du clergé réfractaire, la décapitation du roi ou l’institution du culte de l’Être suprême étaient autant d’éléments qui menaçaient le catholicisme. L’Église condamna totalement la Révolution française comme « un mouvement de renaissance du paganisme ». Napoléon a pu apparaitre un temps comme un nouveau Constantin mais la rupture entre le pape Pie VII et l’empereur contraria cette analyse. Si l’Église catholique désapprouvait les interprétations apocalyptiques des évènements contemporains, les papes avaient cependant créé un discours sur la modernité profondément anxiogène qui allait perdurer durant tout le XIXe et une partie du XXe siècle. Les nouvelles idées étaient autant d’attaques contre la forteresse chrétienne. Le libéralisme, le socialisme, le communisme, le patriotisme et la laïcité étaient perçus comme autant d’ennemis redoutables dont l’unique objectif était la fin de la civilisation chrétienne. Élaborée par Grégoire XVI, la condamnation de la modernité fut poursuivie par ses successeurs. Si le discours pontifical était toujours aussi virulent, Léon XIII était moins ferme avec les pouvoirs séculiers car il voulait que les catholiques puissent pratiquer leur foi en toute tranquillité dans leurs pays. La Première Guerre mondiale a été perçue par le pape Benoit XV comme une punition divine contre les errements humains. Si la papauté est restée neutre dans le conflit, le clergé (catholique, protestant ou orthodoxe) a contribué à la sacralisation de la guerre en présentant la guerre comme une « croisade contre le Mal» et en exaltant le patriotisme. Ainsi la Première Guerre a contribué à la sacralisation de l’État dans lequel l’individu doit un « dévouement total » ce que l’auteur assimile à une « religion laïque, qui [parvient] à subordonner la religion traditionnelle dans son propre intérêt ». La papauté condamna dès lors l’étatolâtrie et la déification de l’État. L’État moderne pour Emilio Gentile avait trouvé sa religion : le nationalisme. Les catholiques critiquaient le nationalisme car il divisait les peuples (contraire à l’universalisme chrétien) et bouleversait la hiérarchie traditionnelle des valeurs (y compris religieuses).

Les craintes et les critiques du Saint-Siège sont présentes en toile de fond dans tout l’ouvrage. Emilio Gentile s’attarde longuement sur les différents argumentaires des acteurs de l’époque et restitue avec brio des pensées complexes. Il retranscrit avec précision les paroles et la pensée de personnalités telles que Don Primo Mazzolari (prêtre catholique très tôt opposé au fascisme), de Don Sturzo (un des fondateurs du Parti populaire italien, précurseur de la démocratie-chrétienne) et bien d’autres hostiles au fascisme pour des raisons différentes mais non antinomiques. Ces passages sont l’occasion pour le lecteur de plonger dans la pensée foisonnante de ces différents acteurs et leur diversité. L’auteur montre bien les points de convergence qui existaient entre le christianisme et les régimes totalitaires : ils se rejoignaient dans la critique de la modernité qui guidait leurs actions. Pour autant, de nombreuses personnes ont très tôt noté l’incompatibilité entre le totalitarisme et le christianisme. Dès les débuts du fascisme, certains ont décelé dans ce mouvement une religion néopaïenne de l’État. Le Saint-Siège lui s’est inquiété de la progression constante de l’étatolâtrie en Europe qui ne fit que croitre. Une autre critique émise par les chrétiens à cette époque était d’importance : ils rappelaient que c’est l’État qui doit être au service de l’individu et non l’inverse. Cette histoire intellectuelle n’est pas le seul propos du livre. Il est également question des relations entre les Césars totalitaires et les religions.

Rejet total ou partenariat privilégié ?

Le gouvernement russe dans sa constitution mit en place en Russie la séparation de l’Église et de l’État et suit les législations mexicaines ou françaises déjà en vigueur dans ce domaine. Cependant, le parti bolchévique était un parti athéiste militant qui souhaitait la destruction de la religion : une vraie politique athéiste fut alors mise en place qui visait à détruire les religions en place sans trop froisser les religieux. Le clergé orthodoxe s’opposa aux nouvelles mesures et aux persécutions dont étaient victimes ses membres. Pour autant, le patriarche resta neutre dans la guerre civile et chercha à ne pas envenimer les relations entre l’État et les orthodoxes. En 1922, ce dernier céda à l’État tous les objets de valeurs hormis ceux qui étaient utilisés lors des sacrements dans le but de combattre la famine qui sévissait. Ces gestes ne furent pas suffisants et les bolchéviques préfèrent discréditer le clergé : tous les objets de l’Église sans exception furent réquisitionnés. L’Église catholique demanda au gouvernement de cesser ses attaques contre les chrétiens. La réponse du gouvernement fut cinglante. Le clergé ne pouvait cautionner le communisme qui devenait une menace très importante contre laquelle l’Église devait lutter.

Les relations entre les catholiques et les fascistes sont plus complexes. Le mouvement fasciste à ses débuts (tout comme Mussolini) était résolument antichrétien et anticlérical. Mussolini changea rapidement d’avis lorsqu’il comprit les intérêts dont il pouvait bénéficier s’il s’appuyer sur l’Église. Ses éloges envers le christianisme romain universels devinrent très fréquents et le christianisme était à ses yeux un autre empire qui renforçait la centralité romaine. Le christianisme ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans Rome. Emilio Gentile fait débuter le chapitre 3 par cette citation du cardinal Ratti, archevêque de Milan et futur pape Pie XI : « Mussolini, un homme formidable : vous m’avez bien compris ? Formidable ». Le pape comme une majorité de catholiques n’était pas hostile au fascisme. Le fascisme était perçu comme une réponse à la crise de l’État libéral et un moyen de protéger l’Italie du communisme menaçant. Mais certains s’élevèrent contre cette alliance pour des raisons aussi diverses que l’incompatibilité entre le christianisme et le fascisme ou la violence exercée par les fascistes : la papauté n’en tint pas rigueur. Au contraire, elle accepta les nombreux cadeaux que le Duce lui offrait. L’Église ferma les yeux sur l’affaire Matteoti et accepta le régime fasciste rappelant aux évêques qu’ils ne devaient pas s’occuper d’affaires politiques. Le Saint-Siège ne souhaitait pas interférer dans les affaires séculières hormis lorsque l’État s’intéressait de trop près aux affaires religieuses.

Pour autant, les relations entre le Saint-Siège et l’État italien se dégradèrent à partir de 1926. Les catholiques désapprouvèrent la création de l’Opera Nazionale Balilla, l’organisation de la jeunesse fasciste qui était en concurrence avec une autre organisation catholique l’Action catholique. Ces dernières subirent après la création de l’ONB une nouvelle vague de violence. La question en jeu était celle du monopole des consciences sur lequel l’Église ne pouvait pas transiger. Pour autant, il n’y eut pas rupture entre les deux États. Les accords de Latran (1929) furent vus comme la plus grande victoire politique de Mussolini. Mais cet accord avait été contesté par une grande partie des prêtres. Le pape ne se faisait plus aucune illusion et craignait de plus en plus le gouvernement fasciste. L’auteur analyse en détail cette lutte entre les catholiques et les fascistes. Certaines contradictions du Saint-Siège apparurent également au grand jour : comment peut-on condamner dès 1926 le nationalisme de Charles Maurras et l’Action française et continuer à fermer les yeux sur ce qu’il se passe en Italie ? En 1931, des encycliques condamnant le fascisme rompirent en partie les contradictions mais un autre danger plus menaçant encore apparaissait au-delà des Alpes.

L’accroissement des craintes

Le nazisme posa très vite plus de problèmes. Hitler n’était pas à la base opposé au catholicisme et éprouvait une certaine admiration pour cette vieille institution qui a laissé tant de chefs d’œuvres et qui conserve un cérémonial imposant. L’Église catholique a si bien réussi qu’elle est devenue une Église mondiale. Cet aspect a fait dire à Schöner puis à Hitler que l’Église catholique était « une mystique étrangère ». Il était donc nécessaire de germaniser le culte pour qu’il soit acceptable et se détourner de Rome. L’antisémitisme d’Hitler le conduisit aussi à s’intéresser de près à la Bible. Bien que son antisémitisme soit plus biologique que religieux, des références bibliques apparaissent dans les notes d’Hitler et dans ses propos.  Hitler abandonna son anticléricalisme et son anticatholicisme dès qu’il se lança en politique. Il avait une vision particulière du christianisme. Pour lui, Jésus était un homme de combat dont la mission était de délivrer le monde des Juifs. Hitler souhaitait un christianisme ouvertement antisémite et bien éloigné des religions chrétiennes traditionnelles. Cette vision n’était pas très éloignée de celles de certains catholiques. Hitler se garda bien de donner une tonalité religieuse à son mouvement. Ce dernier définissait cependant son mouvement comme une foi politique et reprenait le modèle des religions traditionnelles. Au sein de la mouvance national-socialiste, de nombreuses visions de ce que devait être la religion dans la future Allemagne s’affrontaient. Le christianisme positif promu par Rosenberg dans Le Mythe du XXe siècle mêlait racisme et religion et proposait une religion qui divergeait réellement du christianisme catholique ou protestant d’alors. Dès 1930, l’évêque de Mayence condamna le nazisme.

Au début, la condamnation n’était pas unanime mais elle fut reprise ensuite par de nombreux responsables catholiques allemands. Cette condamnation était essentiellement religieuse. De plus, la hiérarchie catholique s’opposait à la formation d’une Église nationale et germanique. La position de Rome était différente, il n’était pas question d’entrer en conflit avec le nouveau régime allemand tant que celui-ci n’entre pas en conflit avec les catholiques. Après avoir accepté la dissolution du Zentrum (parti chrétien allemand), le Saint-Siège signa un concordat dès 1933. Les Églises luthériennes aussi durent se positionner face au nouveau régime. Elles n’étaient pas opposées à la création d’une telle Église. Les idées d’Hitler étaient partagées par de nombreux pasteurs et théologiens allemands. Dès 1933, cette Église fut formée par Hitler. L’Église protestante du Reich fut très vite traversée par des dissensions car elle proposait un modèle trop autoritaire. Les calvinistes en particulier ont été très vite mis à l’écart car ils n’étaient pas issus d’un mouvement d’origine germanique. Cette nouvelle Église fut très vite dominée par les Chrétiens allemands, un mouvement raciste et antisémite allemand soutenu par le régime nazi. Dès 1933, un mouvement opposé à cette nouvelle Église se met en place : l’Église confessante. Cependant, il se scinda en raison de la trop grande intransigeance envers l’épiscopat du Reich et l’État. Tout comme la majorité des catholiques, une grande partie des protestants n’était pas hostile au nouveau Reich.

L’opinion mondiale s’est intéressée à ce qu’il se passait en Allemagne. Le caractère religieux du mouvement national-socialiste impressionnait de nombreux observateurs. Certains regardaient avec intérêt la guerre de l’Église qui se déroulait. Entre 1934 et 1939, la politique religieuse d’Hitler oscilla entre mesures conciliatoires et mesures répressives. Tous les chrétiens étaient touchés par ces mesures. La majorité des chrétiens allemands s’est bornée tout le long de cette période à condamner le nazisme pour des motifs religieux et non politiques. Le régime nazi était sous le feu des critiques. Même le Duce critiqua à maintes reprises la politique religieuse du Führer et les idées de Rosenberg. En 1934, les critiques de ce dernier s’intensifièrent avec la tentative ratée de putsch en Autriche. Il rappelait que la bonne entente entre l’État et l’Église était nécessaire et souhaitable. Mussolini apparaissait aux yeux du monde comme un modèle de sagesse. Une grande partie des catholiques antitotalitaires étrangers ont même encensé la politique de ce dernier : ils étaient antitotalitaires car opposés au communisme et au national-socialisme mais n’étaient pas pour autant des défendeurs de la démocratie. Les tensions entre le Saint-Siège et le gouvernement fascistes étaient minimes aux yeux des observateurs étrangers. En 1936, les relations entre César et les Églises, aussi bien en Italie qu’en Allemagne, furent à leur apogée.

1937, la rupture et l’avènement de l’Antéchrist

« En concurrence directe avec l’Église du Christ, les nouveaux états totalitaires promettaient aux masses la sécurité et le salut. » Les chrétiens européens devaient contrecarrer les desseins de l’Antéchrist. Les plus intransigeants avec le totalitarisme ont même pu succomber un moment au patriotisme comme Don Primo lors de la conquête de l’Éthiopie. Il approuva à ce moment-là la « sincère » et « cordiale » collaboration entre l’Église et l’État. Le 9 mai 1936, jour de la proclamation de l’empire, fut pour le curé un grand moment patriotique. Peu après, ces doutes revinrent et il ne devint à nouveau très critique envers le nouveau régime. En 1933, le régime soviétique avait décidé l’éradication de toutes les Églises mais celle-ci fut mise en place seulement en 1937. Certains catholiques succombaient au charme du communisme : le pape rappela la position catholique envers le communisme dans l’encyclique Divini Redemptoris. Le nazisme ne fut pas épargné par la papauté : l’encyclique Mit brennender Sorge, publié en allemand pour être plus facilement diffusé en Allemagne fut le premier texte émanant du Saint-Siège qui contenait, certes de manière indirecte, de lourdes accusations contre le régime nazi sans le condamner pour autant. Ce texte fut perçu par certains comme une simple protestation. D’autres furent en revanche satisfaits de ce texte. La publication simultanée avait pour objectif de mettre sur le même plan nazisme et communisme. Hitler répondit en se réconciliant avec Ludendorff, chef du mouvement néo-païen antichrétien. Il mit également en garde les Églises (pas seulement l’Église catholique) en leur rappelant qu’il les contraindrait à n’agir que dans la sphère «spirituelle et pastorale » et qu’elles n’avaient aucun droit à critiquer la moralité de l’État. Il persécuta à nouveau l’Église confessante. Le rapprochement entre le Führer et le Duce, en septembre 1937, conduit le régime fasciste à prendre un tournant raciste et antisémite. Le Parti fasciste entra un mois après cette rencontre à nouveau en conflit avec le Saint-Siège à cause des nouvelles mesures renforçant son monopole sur l’éducation.

La réponse des chrétiens aux différents totalitarismes fut formulée lors de la conférence d’Oxford, toujours en 1937, qui rassemblait des représentants de toutes les religions chrétiennes du monde (excepté l’Église catholique qui salua tout de même l’initiative et les représentants de l’Église confessante faute de passeport). Cette conférence rappela que les chrétiens s’opposaient à une « déification de l’État », qu’ils devaient respecter l’État et servir la nation mais que ceux-ci ne devaient pas aller à l’encontre des principes chrétiens. La question de l’éducation fut également à l’ordre du jour et il fut décidé que l’État ne devait exercer aucun monopole en la matière. Un autre aspect abordé dans cette conférence était la position que les chrétiens avaient adoptée face à la modernité : la conférence reconnaissait que l’Église avait contribué à créer l’émergence du totalitarisme (avec les différents concordats) et qu’elle avait cédé à la tentation du pouvoir séculier déjà dénoncé par Don Primo des années auparavant. La conférence a aussi abouti sur la constatation que l’Église avait contribué à la radicalisation du racisme et de l’antisémitisme. Pour réponde au danger totalitaire, l’Église devait à présent être présent dans le monde moderne et cesser de seulement le condamner et qu’elle devait défendre les libertés individuelles ce qu’elle n’a pas fait suffisamment jusqu’alors. Le Vatican ne condamnait pas encore aussi fermement les totalitarismes et s’accommodait du régime fasciste italien malgré les inquiétudes croissantes de Pie XI. Pourtant la conférence d’Oxford marque un réel tournant dans le monde chrétien : cet aggiornamento va toucher durablement le christianisme et annonce d’une certaine manière pour les catholiques le concile Vatican II.

 

Ce livre est passionnant à bien des égards : l’analyse des rapports entre les Églises et les états totalitaires en disent long sur les différents protagonistes. La question de la religiosité ou non des régimes totalitaires est loin d’être résolue d’autant plus lorsque l’on sait que le Saint-Siège se qualifiait lui-même de totalitaire. Ce livre contribue à sa manière au débat encore en cours sur le concept et la nature du totalitarisme. Cet ouvrage érudit, brillant, clair et accessible ravira tous les lecteurs qui s’intéressent aux régimes totalitaires, à l’entre-deux-guerres et au christianisme. Les nombreuses citations contribuent à rendre la lecture encore plus agréable. Le magazine l’Histoire a relevé que l’on pouvait regretter que les « recherches n’aient pas été complétées pour cet ouvrage par les archives du pontificat de Pie IX ». On peut également regretter que l’ouvrage ne traite pas des relations entre les Églises et les régimes totalitaires durant la Seconde Guerre mondiale. Ces remarques n’enlèvent cependant rien aux qualités remarquables de ce livre d’histoire politique et intellectuelle.

GENTILE Emilio, Pour ou contre César ? Les religions chrétiennes face aux totalitarismes, traduit par LANFRANCHI Stéphanie, Paris, Aubier, 2013.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire