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L'Ancien Régime (J-M. Le Gall)

lancien-regime-jean-marie-gall-L-bOgD21Après le Moyen Âge, traité dans les trois premiers volumes de la collection, les PUF proposent une « histoire personnelle » de l'Ancien Régime, écrite par l'historien moderniste Jean-Marie Le Gall. Une introduction aux XVIe et XVIIe siècles qui brasse en un court volume la Renaissance, les guerres de Religion et le règne de Louis XIV. A l'instar des autres tomes de cette série, le pari est-il réussi ?

 

Qu'est-ce que l'époque moderne ?

Dans son introduction, Jean-Marie Le Gall (professeur d'histoire moderne à Paris 1 Panthéon-Sorbonne) insiste sur le fait que le terme « Ancien Régime » n'est pas contemporain de ceux qui ont vécu cette période (il date en fait de la Révolution), mais que ces derniers ont eu conscience, à partir de la seconde moitié du XVe siècle que « leur époque se dégageait d'un Moyen Âge, d'un âge intermédiaire entre l'Antiquité, révolue, et l'effort déployé pour la faire renaître au XVIe siècle, dans ce temps qu'il a été plus tard convenu d'appeler la Renaissance ».
Une autre précision importante de l'auteur, puisque cela va être l'un des atouts de l'ouvrage, sa volonté « d'inscrire cette histoire de France dans son environnement européen et mondial puisque le XVIe siècle connaît un désenclavement planétaire ».

La Renaissance

L'ouvrage s'ouvre logiquement avec la Renaissance. Dès son introduction, l'historien précise les origines du terme « Renaissance » et nuance la fracture qu'aurait été le XVIe, notamment dans la « redécouverte » de l'Antiquité. En effet, celle-ci n'avait jamais été oubliée par les gens du Moyen Âge. Et même s'il existe, au XVIe siècle, un « sentiment de vivre une sortie des âges obscurs », Jean-Marie Le Gall montre qu'un « certain nombre de faits nouveaux qui se produisent à la Renaissance sont bien le résultat de dynamiques engendrées au Moyen Âge ».
De manière originale, l'auteur commence sa partie par « l'aventure océanique », démarche qu'il faut saluer, tant elle est rare dans les livres de vulgarisation de l'histoire de France. Cette aventure océanique est en effet très mal connue du grand public, et même si ce chapitre est court, on a envie d'aller plus loin.
Viennent ensuite les guerres d'Italie, qui avaient été évoquées dans le tome précédent. Un chapitre qui permet lui aussi d'aborder un pan peu connu de l'histoire, notamment les deux rois qui ont précédé François Ier : Charles VIII et Louis XII.
On rentre ensuite plus précisément dans la Renaissance française pour le dernier chapitre.

« Protestants et catholiques au XVIe siècle »

Il est intéressant de noter que Jean-Marie Le Gall n'a pas intitulé sa deuxième partie « Les guerres de Religion ». En effet, il aborde des sujets bien plus vastes que les conflits, en trois chapitres : le premier consacré entièrement à la Réforme ; le second centré sur les guerres de Religion et leur complexité (guerre civile, mais aussi internationale) ; le dernier sur le pouvoir royal dans ce contexte, terminant sur « le mythe Henri IV », thème tout juste abordé.
Ici aussi, l'historien insiste sur l'aspect international de ces questions.

« Richelieu et Mazarin : les années cardinales »

Cette troisième partie est originale car elle n'est pas centrée sur le règne de Louis XIII ou le début de celui de Louis XIV, mais s'intéresse plus spécifiquement au rôle de leurs célèbres ministres : Richelieu et Mazarin.
Toutefois, le principal thème de cette période est la guerre. Si Henri IV avait réussi une paix fragile, sa mort ouvre ce que Jean-Marie Le Gall appelle « le siècle de fer ». Des guerres une fois encore internationales, avec notamment la guerre de Trente Ans, guerre de Religion et guerre européenne. Une religion toujours présente dans le contexte de la Contre-Réforme catholique.

« Le règne de Louis XIV »

La dernière partie est entièrement consacrée au long règne de Louis XIV. Une période célèbre, comme l'explique l'auteur, d'abord par la longévité du règne, puis par « l'héritage patrimonial » (Versailles), enfin par « la légende noire » de ce « roi absolu, tyrannique, persécuteur de protestants », et qui ne laisse jamais indifférent.
Pour traiter ce riche sujet, Jean-Marie Le Gall développe trois denses chapitres. Le premier, « Louis XIV et la gloire », s'intéresse notamment au « roi guerrier » et au « roi bâtisseur », ainsi qu'à son rapport à Dieu. Le second chapitre traite des « moyens de la puissance ». Enfin, l'historien dresse « le bilan d'un long règne », pour le moins mitigé, et qui a en germe les difficultés futures de la monarchie (« émergence du libéralisme », « ponction fiscale », importance croissante de la bourgeoisie).

Dans sa conclusion, Jean-Marie Le Gall estime que « la Contre-Réforme a accru le contrôle de l'Eglise sur les pratiques religieuses », mais que s'est développé « un espace politique autonome du religieux, où le pouvoir royal affirme son caractère absolu ». La guerre est également l'une des caractéristiques majeures de cette période, comme on a pu le voir aussi dans l'ouvrage d'Hervé Drévillon (Belin). Enfin, même si la France a échoué face à l'Espagne et au Portugal, elle s'est ouverte au grand large, et plus encore à l'idée de progrès, qui va être décisive pour la période à venir : les Lumières.

Ce nouveau tome de « l'histoire personnelle de la France » confirme les atouts de cette collection, notamment une grande clarté (y compris les cartes et chronologie toujours présentes), et la volonté de donner envie d'aller plus loin (la bibliographie). Evidemment, il est impossible d'être exhaustif en moins de 200 pages, mais il est probablement plus intéressant aujourd'hui de proposer de nouveaux angles d'approche (notamment par le « global ») que de prétendre à une exhaustivité vaine.

J-M. Le Gall, L'Ancien Régime, PUF, 2013, 198 p.

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