Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Livres Essais Rescapés d'Auschwitz (Alain Vincenot)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Rescapés d'Auschwitz (Alain Vincenot)

couverture rescapesIls s'appelaient Simon, Samuel, Ginette, Sarah, Jacques, Addy, Yvette, Raphaël et Charles et ils ont tous les neuf découvert les atrocités d'un des camps d'extermination le plus horrible de l'histoire : Auschwitz Birkenau. A l'aide de ces neuf témoins directs et de documents d'archives, Alain Vincenot retrace le parcours de ces Rescapés d'Auschwitz.

 

L'enfer et ses bourreaux

C'est au travers d'une première partie très chronologique que Vincenot replace le contexte de la mise en route des camps d'Extermination.

La mise en place d'une « Usine à tuer » constitue un évènement inédit dans l'histoire de l'humanité puisque jamais la mise à mort n'avait atteint un tel degré d'industrialisation. Pensé à partir du 27 avril 1940, les premiers déportés n'arrivent au camp que le 14 juin. La mise en place de nouveaux moyens d'extermination tels que le Zyklon B dans les Chambres à Gaz plonge encore plus ce camp au cœur de l'enfer. Les morts et les Selektion font partis du quotidien de ces déportés qui ne seront libérés que le 27 janvier 1945 par l'Armée rouge. En 1967, un monument sera inauguré à l'extrémité de la Judenrampe, entre les KII et KIII, au pied d'un monticule de pierres sombres, sur vingt et une plaques, cette phrase gravée dans toutes les langues européennes dont le yiddish : « Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais un cri de désespoir et un avertissement ».

Pour Raul Hilberg, l'architecte suprême de l'opération fut Adolf Hitler. Profondément antisémite, le führer déclare d'ailleurs en janvier 1942 « Cette guerre sera l'anéantissement des Juifs ». C'est au travers de nombreux discours et documents officiels qu'Alain Vincenot retrace cette obsession antisémite d'Hitler qui pousse à la création d'Auschwitz, l'usine de mort où des milliers de Juifs disparaitront quotidiennement dans les chambres à gaz : le symbole de la Shoah.

Cette Shoah n'est pas uniquement le fait d'un homme ou d'une nation, la France y a participé également. En 1939, la France compte 300 000 Juifs dont 110 000 français depuis plusieurs générations, 70 000 naturalisés et 120 000 étrangers. La patrie de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen livrera tout de même à l'Allemagne près de 76 000 Juifs dont 12 000 enfants qui seront en majorité exterminés à Auschwitz. Cette extermination est pensée et organisée dans les plus hautes sphères de l'état par le biais de nombreux décrets ou lois qui sont cités au sein de l'ouvrage.

Témoignages

Dans un deuxième temps, Alain Vincenot retranscrit fidèlement le témoignage de certains survivants.

A leur retour, personne n'entendait les rescapés. Des miraculés dont les témoignages dépassaient les cauchemars les plus horribles et décrivaient une réalité inatteignable, trop loin de la société des hommes et donc obligatoirement destinée à l'oubli. Alors, pendant longtemps, ils se sont tus. D'où la nécessité aujourd'hui de les écouter.

Ces neufs témoignages constituent la plus importante partie de l'ouvrage. Si des similitudes apparaissent entre chaque : la peur, la faim, la souffrance, le travail, la mort ; c'est aussi et surtout la pluralité des parcours qui est mise en avant puisque ces rescapés n'avaient qu'un point commun : celui d'être juif. Ils ont fait partie des 76 000 juifs de France poussés dans des wagons à bestiaux vers une destination inconnue et ils ont fait partis des 2 500 qui en sont revenus alors que les autres n'ont pas eu droit à la moindre sépulture.

Ces parcours, aussi différents soient-ils, mettent en lumière le quotidien de ces hommes et de ces femmes avant la déportation, puis l'acheminement jusqu'au camp et la vie à l'intérieur de celui-ci avant leur libération et le retour à la vie « normale », même si plus aucune vie ne peut l'être après l'enfer des camps.

Notre avis

On sent au travers des pages leur envie, leur besoin de témoigner et la plupart font part de leur expériences dans des écoles afin que ces atrocités ne se reproduisent jamais. La souffrance de ne pas être entendu à la libération, la volonté des autorités de promouvoir dans un premier temps les héros de la résistance plutôt que les victimes de la barbarie fait qu'aujourd'hui il est nécessaire d'écouter les derniers survivants d'Auschwitz, afin que les mémoires du passé ne soient jamais oubliées. Comme le souligne Alain Vincenot : « Le temps passe. Ils avancent en âge. Bientôt leurs voix auront disparu. Il y a urgence. Oublier ces « disparus », se détourner des rescapés, ouvrirait le risque d'abandonner l'avenir aux barbares ».

Rescapés d'Auschwitz: ils témoignent, d'Alain Vincenot. L'Archipel, janvier 2015.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire