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Marie-Antoinette et le comte de Fersen (Evelyn Farr)

marie-antoinette-fersenEvelyn Farr, suite à de longues et minutieuses recherches, nous livre un magnifique ouvrage « Marie-Antoinette et le comte de Fersen, la correspondance secrète ». Après une chronologie de la vie d'Axel jusqu'à la mort de Marie Antoinette, nous rentrons dans le vif du sujet avec la lecture et l'analyse des quelques lettres existantes, écrites par ces deux grands personnages, une correspondance de 12 ans.

 

Le contexte

Ces deux êtres, qui se sont rencontrés pour la première fois en 1773, s'écrivent enfin en 1780. La reine lui obtient le régiment Royal Suédois dans l'armée française. Ce n'est qu'à partir de 1783 que Fersen avoue avoir un penchant pour la reine. A partir de là, les lettres sont codées et chiffrées. Les lettres personnelles sont adressées à « Joséphine », notées dans le registre qu'Axel tient régulièrement à jour, parfois écrites avec un chiffre ou à l'encre invisible. Parallèlement, il y a la correspondance à « la Reine de France » pour les affaires officielles.

Au fur et à mesure, ils constatent que la méthode du chiffre différent et remis à jour régulièrement, est trop compliquée. Ils vont utiliser l'encre invisible, mais ce produit n'est pas toujours disponible chez l'apothicaire, le jus de citron est plus facile à trouver. Ils ont aussi recours à des intermédiaires fidèles pour que les lettres ne tombent pas entre les mains du roi, avec double enveloppe bien souvent. Ils ont aussi pris la précaution de numéroter les lettres pour vérifier qu'il n'y en a pas de perdues et d'apposer un cachet pour plus de sûreté.

Toutes ces lettres « officielles » y compris celles écrites par les secrétaires et les ambassadeurs, nous immergent dans cette période de remous, de prémices de la Révolution et celles de l'ambassadeur anglais en France, le duc de Dorset sont particulièrement intéressantes. Plus on avance dans la lecture, plus on ressent le malaise général, surtout lors de la préparation de l'évasion de la famille royale, la demande d'aide auprès des puissances étrangères et encore le refus de l'empereur.

A l'opposé, les lettres personnelles à « Joséphine » nous permettent de comprendre la liaison intime de ces deux êtres jusqu'à la dernière entrevue de Fersen et de Marie-Antoinette en février 1792. Les lettres à « Joséphine » deviennent rares, Axel exprime sa grande amertume dans ses courriers officiels, qui ne sont que des dépêches presque informelles. On peut supposer que la reine a mis fin à sa liaison dans le but de sauvegarder sa famille et la monarchie. Elle tient son rang de manière admirable, espérant sauver le roi et ses enfants, surtout le petit garçon qui pourrait être ...leur fils. Enfin, après la mort de Louis XVI, elle fait transmettre quelques derniers messages à Axel, le rassurant sur l'amour qu'elle lui porte...accompagnés du cachet secret portant la devise « Tutto a te mi guida », « Tout me conduit vers toi »...

Les recherches d'Evelyn Farr

En effet, le plus difficile pour l'auteur fut de retrouver ces écrits, conservés pour certains aux Archives en Suède, rachetés par les Archives de France mais surtout de les déchiffrer, car souvent les lettres étaient raturées et des lignes entières illisibles ou indéchiffrables.

Toutes les lettres écrites entre 1780 et 1788 sont introuvables : Fersen en a détruit un très grand nombre, sa sœur la comtesse de Piper a agit de la même manière lors du massacre de Fersen par le peuple, suite à l'accusation d'empoisonnement du prince de Suède en 1810. Fabian son frère, a conservé une partie seulement des lettres pour les transmettre à sa fille, qui les revend à un cousin, ce cousin les publiant en 1878 dans « le Comte de Fersen et la Cour de France ». Ces lettres datant de 1791-1792 ont pu être rachetées, pour une petite partie, par les Archives de France.

En recoupant les mémoires et les journaux, ainsi que les livres de comptes et les archives de la direction des Bâtiments du roi, l'auteur estime que 460 lettres ont été échangées entre 1783 et 1790, dont seulement 5 sont répertoriées aux Archives. La majorité des lettres conservées actuellement aux Archives, environ 120, sont celles de juin 1791 à août 1792. Sur l'ensemble de la correspondance de Marie-Antoinette et d'Axel, les Archives n'en ont que 11.8 %...une perte considérable !

Notre avis

Après un début de lecture difficile pour les novices, c'est un régal et un vrai bonheur de lire ces témoignages, si émouvants et si intimes. On est vraiment plongé dans les tumultes de la Révolution et l'on constate qu'après bien des tractations, aucune puissance étrangère n'est venue à l'aide de la Monarchie française. On découvre surtout l'ampleur des sentiments liant ces deux personnages et le désespoir vraiment poignant d'Axel lorsque la reine refuse une seconde évasion, sans parler du moment où il apprend sa mort...

Marie-Antoinette et le comte de Fersen: La correspondance secrète, d'Evelyn Farr. L'Archipel, avril 2016.

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