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Lyon la médiévale : Histoire et patrimoine

lyon moyen ageAu Ve siècle, la colline de Fourvière est délaissée par ses habitants. Ce phénomène, initié avant le haut Moyen-Age, a de multiples causes (économique, pillages, perte du statut de capitale des Gaules, invasions barbares...). La population se déplace alors au pied de la colline à proximité du fleuve dans ce qui sera l'actuel Vieux Lyon. Suite à des déformations successives du langage, Lugdunum devient Lyon.

 Après l'épisode des invasions barbares, il faut attendre le IXe siècle et l'émergence de l'Eglise pour que la ville s'épanouisse à nouveau. En 1079 elle reçoit un nouveau statut, celui de siège du Primat des Gaules, qui redonne puissance et autorité à la ville.

Une ville dirigée par l'Eglise

En 798, l'évêque de Lyon Leidrade, un des proches conseillers de Charlemagne, ainsi que son successeur Agobard, font réédifier les bâtiments religieux et agrandir le cloître Saint Jean. La création d'une école de chantres et l'affectation d'une cinquantaine de chanoines à la cathédrale font de Lyon un centre religieux influent et le lieu de plusieurs conciles réformateurs. Sa renommée est telle que des clercs viennent de l'étranger pour étudier dans la bibliothèque de la ville. Cette renommée ne dure cependant qu'un temps et Lyon connait par la suite une période chaotique due en partie à son passage dans différents royaumes (Lotharingie en 843, Francie Occidentale en 869, Provence en 872 ou encore Royaume de Bourgogne en 942).

A partir de 1032, la ville est léguée au Saint Empire romain germanique. Le royaume de France conteste le legs et une nouvelle frontière définie le long de la Saône partage la ville en deux. Lyon se retrouve alors au sein de luttes entre le comte de Forez, vassal du roi de France et l'archevêque, lié au Saint Empire. L'archevêque profite alors de la situation de Lyon et gagne en puissance, recevant du pape Grégoire VII en 1079 le titre de Primat des Gaules. A partir de cette date, la ville reprend autorité et puissance et s'enrichit de ponts et d'édifices religieux dont la cathédrale Saint Jean ou l'abbaye Saint Martin d'Ainay.

St JeanEn 1173, le comte du Forez renonce, par traité, à toute possession dans la ville et alentours au profit de l'Archevêque. L'Eglise de Lyon devient alors la seule détentrice du pouvoir sur la ville. Durant le XIIIe siècle, le pouvoir temporel de l'Eglise de Lyon s'exerce sur tout le Lyonnais (taxes et territoires), et deux conciles se tiennent alors dans la cathédrale Saint Jean encore en construction. Ces conciles incitent les marchands à fréquenter la ville mais si l'activité commerciale reste locale, le commerce de l'argent y est peu développé.

La puissance religieuse de Lyon se trouve donc au XIIIe siècle mais cet état de fait ne va pas durer. L'Eglise fait en effet face à une baisse de ses revenus au profit des ordres mendiants et à la montée d'une nouvelle bourgeoisie laïque, composée de riches drapiers, pelletiers ou hommes de loi. Dès 1267, les bourgeois se rebellent contre l'autorité ecclésiastique et parviennent même à mettre en place un conseil politique constitué de cinquante magistrats. Le roi de France, lui, oblige l'archevêque à lui céder certains droits et saisit tous les organes de gouvernement de la ville, intégrant ainsi Lyon dans le royaume de France à partir de 1307.

La prise de pouvoir des bourgeois

Au cours du XIVe siècle, Lyon s'inscrit dans un réel mouvement d'émancipation vis-à-vis de l'Eglise en faveur de la bourgeoisie laïque. En 1320, Philippe le Bel revient en force en reprenant la complète autorité sur la ville. Mais, devant le mécontentement des Lyonnais, il fait marche arrière et redonne au Prélat la justice de première instance et demande aux citoyens un serment de fidélité en avril 1320. Trois mois plus tard, l'archevêque, sous la pression de Philippe V, concède aux bourgeois une charte de franchise, la Sapaudine (ou sabaudia). Cette charte permet de garder leurs privilèges et affranchit la ville de l'autorité ecclésiastique en confiant son administration à un Consulat comprenant 12 consuls élus par les maîtres de métier. Les bourgeois peuvent ainsi encadrer les consuls mais également la vie quotidienne des lyonnais, le prélat conserve tout de même la justice et quelques droits symboliques. De plus, l'organisation de la ville évolue et Lyon est divisée en 36 circonscriptions militaires et fiscales, les Pennons.

Conseil Municipal de LyonAux XIVe et XVe siècles, l'Europe, la France, et bien sûr la ville de Lyon doivent faire face à une période particulièrement difficile. Sur fond de Guerre de Cent ans, les populations doivent affronter un climat capricieux (hivers rigoureux, étés très secs) et de nombreuses épidémies de peste. A Lyon, en plus des crues du Rhône et de la Saône, une douzaine de récurrences de la peste interviendront entre 1416 et 1550. Toutefois, la ville n'est que très peu touchée par la Guerre, elle ne subit ni pillage, ni siège et ses milices ne se battent que très rarement. Elle est cependant menacée constamment par des passages de bandes armées dans ses proches environs et ces mouvements ne prennent fin qu'en 1444.

Lyon, ville commerçante et artisanale

La prospérité va grandissante pour la ville ecclésiastique. Le commerce conduit à l'essor de l'artisanat et à la diversification des activités professionnelles, notamment dans le secteur de l'alimentation et du textile. L'économie du XIIIe siècle est, comme par le passé, dominée par les échanges locaux et l'essentiel des produits vendus ou achetés à Lyon sont destinés à la consommation de la ville et des environs immédiats. Cette économie est fortement dépendante des voies fluviales, utilisées autant que possible, et génère des installations importantes en bord de fleuve comme des ports spécialisés. En plus de contrôler le développement économique de la ville, les hommes d'Eglise entame une modification des systèmes agricoles.

En ville, les principaux corps de métier qui s'organisent tout au long de ce siècle sont les mêmes que dans les grandes villes de l'époque et le grand commerce fait des tentatives épisodiques pour s'implanter à Lyon. Il est aidé par la construction du premier pont sur le Rhône (au niveau de l'actuel pont de la Guillotière) et par les activités religieuses telles que le séjour du pape ou l'organisation de conciles qui attirent argent et corps de métiers très spécialisés. Mais ces opportunités ne sont pas saisies par les marchands lyonnais qui retournent à leurs activités locales une fois les évènements passés.

Charles 7Pour aider la ville durant les périodes de troubles et contrer Genève et le duc de Savoie dans le secteur marchand, le Dauphin, futur Charles VII, accorde à Lyon en 1420 le privilège de deux foires annuelles auxquelles deux autres viendront se greffer par la suite. Durant les foires, les marchandises peuvent circuler sans être soumises aux taxes. Ces privilèges marchands attirent de nombreux étrangers, Florentins, Lombards, Allemands ou Flamands qui vont faire de Lyon la ville florissante qu'elle sera à la Renaissance. Mais malgré l'apparition de ces foires qui créent un flux de marchands, le rythme de la vie des Lyonnais repose avant tout sur le monde agricole et le marché du samedi reste le principal moment d'animation de la semaine.

Pour l'ancienne capitale des Gaules, le Moyen âge reste une période assez troublée. Malgré le développement urbain et le privilège des foires, Lyon reste enfermée sur elle-même. Il faut alors attendre la Renaissance pour voir la ville connaître un second âge d'or.

Pour aller plus loin

- Le patrimoine lyonnais
- Le vieux Lyon
- Jacques Rossiaud, Lyon 1250-1550. Réalités et imaginaires d'une métropole, textes réunis par J.-L. Gaulin et S. Rau, Champ Vallon, 2012.
- Jacques Rossiaud, Le Rhône au Moyen Âge. Histoire et représentation d'un fleuve européen, Aubier, 2007.

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