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Accueil Patrimoine France : Sud-Est Lyon aux XXe-XXIe siècles : une ville en mouvement

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Lyon aux XXe-XXIe siècles : une ville en mouvement

Expo internationalle 1914Au XXe siècle, la vie à Lyon est mouvementée par deux fois en raison des deux guerres mondiales. Le calme est aujourd'hui revenu et la ville connait encore une évolution urbaine surprenante.

 La Première Guerre Mondiale

Si les évènements de Sarajevo semblent d'abord lointains, l'engrenage des alliances et les déclarations de guerre successives vont surprendre les Lyonnais alors que l'Exposition internationale de 1914 bat son plein.

Lyon entre en guerre

L'éclatement de la guerre au cœur de l'été 1914 est une réelle surprise pour les populations européennes. En région lyonnaise, l'actualité était dominée par le triplé des Mercedes lors du Grand prix de France automobile de Lyon et par l'Exposition internationale installée dans les nouveaux bâtiments dessinés par l'architecte Tony Garnier (La futur Halle Tony Garnier). Parmi les exposants, on trouve notamment les pavillons de ceux qui vont devenir quelques semaines plus tard des ennemis jurés : les allemands et les autrichiens. Les pavillons seront par la suite abandonnés lors de la déclaration de conflit et les biens y étant exposés seront récupérés par les lyonnais.

Infirmerie de GareLe maire Edouard Herriot va prendre très à cœur son rôle de gestionnaire du quotidien en ce temps de crise. Conscient de l'importance de ce conflit, il crée un fond de guerre rassemblant une documentation internationale sur celui-ci.

Lyon, de par sa situation géographique, est une ville de l'arrière, loin du front et des tranchées. Cependant, cette distance avec les zones de combats n'en fait pas pour autant une ville paisible et indifférente à la guerre. Elle est mobilisée toute entière pour répondre à l'effort de guerre et sa population vit véritablement au rythme du conflit.

Le front

Les liens avec le front sont fréquents, ils sont visibles à travers les lettres, livres, journaux qui donnent des informations à la population. Lyon est également une ville de passage pour les permissionnaires ou encore les blessés.

Lorsqu'ils étaient appelés sous les drapeaux, les soldats n'avaient pas l'occasion, ou alors très rarement, d'entrer en contact avec les civils. Va alors s'installer, entre 1915 et 1916, un système de permission qui est destiné à soutenir le moral des combattants. Lyon va alors devoir s'organiser fasse à l'arrivée massive de permissionnaires et des baraquements sont installés à proximité de la gare de Perrache pour offrir un accueil aux soldats trop éloignés de leurs familles.

Si elle voit passer bon nombre de permissionnaires, la ville est également un centre d'échange des prisonniers de guerre. On trouve en effet environ 100 000 prisonniers allemands qui travaillent à Lyon sur les chantiers du Stade de Gerland et de l'hôpital de Grange-Blanche. Des conventions prévoyaient également la possibilité, pour les prisonniers blessés, d'être renvoyés dans leur pays d'origine. La proximité de Lyon avec la Suisse va alors en faire la principale plaque tournante de l'accueil des prisonniers blessés de retour d'Allemagne et les prisonniers allemands sont ainsi stationnés à proximité de la gare de Perrache, à l'école du service de santé aux armées.

La Soupe PoplulaireLyon se mobilise énormément pour soigner les blessés, ce qui lui donne le surnom de « ville hôpital ». On trouve des hôpitaux militaires comme celui de Desgenettes mais les hôpitaux municipaux sont également réquisitionnés afin de soigner les hommes venus du front, notamment l'Hôtel dieu, et l'on voit la création d'hôpitaux supplémentaires voire d'hôpitaux bénévoles. La chirurgie va alors connaître de grandes évolutions et à Lyon, Albéric Pont va développer la chirurgie maxillo-faciale pour les gueules-cassées. Les frères Lumières œuvrent également pour la radiographie et le soin des blessés. On crée également des écoles professionnelles pour soldats blessés ou mutilés afin de les former à de nouveaux métiers.

L'organisation de la vie à l'arrière

SI la ville est loin des champs de batailles, il reste que le quotidien des civils est marqué par la guerre et les hommes et les femmes sont mobilisés pour répondre à l'effort de guerre. Toute l'activité économique va ainsi être tournée vers elle et le quotidien s'en ressent à travers les privations, les réquisitions mais également dans la culture. La propagande est également extrêmement présente et prend de multiples formes, la guerre s'inscrit également dans le paysage et la toponymie de la ville.

Seconde ville du pays, Lyon tente de se profiler comme ville de rang international ouverte sur le monde et dès 1913, Edouard Herriot s'intéresse au congrès international des villes, on y voit alors l'occasion de promouvoir les initiatives lyonnaises en matière d'hygiène et d'action sociale. SI la guerre semble dans un premier temps mettre un coup d'arrêt à cette ouverture, le conflit va néanmoins engendrer de nouveaux flux de toutes natures et de multiples circulations notamment par les gares.

Seconde Guerre mondiale

Durant la Seconde Guerre mondiale, Lyon est située en zone libre jusqu'en 1942 mais les troupes allemandes l'occupent à plusieurs reprises dès 1940. Très proche de la ligne de démarcation, la ville va accueillir de nombreux résistants.

Chef-lieu de la résistance

Berty AlbrechtLa résistance s'organise très tôt à Lyon et entre l'automne 1940 et le printemps 1941 apparaissent plusieurs feuilles et petits journaux clandestins. C'est à Lyon que naissent les trois grands journaux clandestins : le Coq enchaîné, Combat et Franc-Tireur, ainsi que d'importants mouvements de résistance. En 1942, Lyon est encore en zone libre et est devenue la capitale de la Résistance. C'est d'ailleurs là que Jean Moulin choisit d'y établir son poste de commandement au début de l'année 1942.

A partir du mois de novembre 1942, en réponse au débarquement allié en Afrique du Nord, l'ennemi envahit la zone sud. Le 11 novembre 1942, la Wehrmacht occupe Lyon et la Gestapo s'installe à l'hôtel Terminus situé en face de la gare Perrache. Klaus Barbie s'installe à Lyon fin 1942 et obtient en quelques jours des succès décisifs contre la résistance lyonnaise. Dès lors, Lyon perd sa primauté au profit de Paris où se regroupent les services centraux.

L'arrestation de Jean Moulin

Jean MoulinLyon a occupé une place importante dans l'action de Jean Moulin puisque c'est là qu'il décide d'établir son poste de commandement au début de l'année 1942. Mandaté par De Gaulle pour réaliser l'union de la Résistance, il crée à Lyon deux services clandestins communs aux mouvements Combat, Libération et Franc-Tireur : le Bureau d'information et de presse (l'agence de presse de la résistance) et le Comité général des études (prévoit les conditions politiques de la libération). Si durant cette période Jean Moulin travaille seul, en aout 1942 il doit impérativement se décharger des tâches accessoires et met alors en place son secrétariat appelé Délégation Générale. Face aux difficultés et aux dangers de la clandestinité, Jean Moulin s'est organisé une double vie et porte plusieurs pseudonymes : Joseph Mercier, Rex, Régis ou Max.

Malgré toutes ces précautions, il est arrêté par la Gestapo le 21 juin 1943 au cours d'une réunion ayant lieu dans la maison du docteur Frédéric Dugoujon, place Castellane à Caluire-et-Cuire, certainement dénoncé par un des participants. Les inculpés sont transférés à la prison de Montluc et à force de méthode, Klaus Barbie finit par supposer l'identité de Max, alias Jean Moulin, qui est transféré à Paris à la fin du mois. Malgré la torture, Jean Moulin ne parle pas et meurt des suites des horribles sévices qui lui sont imposés par la Gestapo, certainement autour du 8 juillet 1943.

La Chute de Jean Moulin déstabilise profondément l'organisation de la Résistance et ses liens avec de Gaulle à un moment où ce dernier essaie de restaurer son autorité auprès des Alliés.

Libération et procès du boucher de Lyon.

Klaus BarbieMalgré tout, le débarquement a bien lieu le 6 juin 1944 et après de nombreux bombardements, Lyon est finalement libérée le 3 septembre 1944 par la 1re DB et les FFI.

Vient alors le temps de penser ses plaies et de régler ses comptes. Le chef de la Gestapo Klaus Barbie, surnommé le boucher de Lyon, a disparu et est parvenu à rejoindre la ville de Baden-Baden en Allemagne et il y restera jusqu'à la fin de la guerre. La France réclame son extradition dès 1948 mais protégé, il se réfugie en Argentine en 1951. On le retrouve néanmoins en Bolivie en 1961 sous le nom de Klaus Altmann, conseillé de la dictature militaire pour la recherche et la torture des opposants et trafiquants d'armes. Protégé par le régime du général Banzer de 1971 à 1978 puis par le nouveau régime de Luis Garcia Meza jusqu'en 1982, il est finalement expulsé de Bolivie vers la France en février 1983. Son procès commence en mai 1987. Il est jugé est condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l'humanité. Il meurt en prison le 25 septembre 1991.

Lyon de 1944 à nos jours

Avec le XXe siècle, l'urbanisme n'a cessé d'évoluer, modifiant le visage de la ville et l'inscrivant dans le défi de l'Europe. Grâce au développement des transports, d'infrastructures et d'équipements culturels et la création en 1960 du quartier d'affaires de la Part Dieu, Lyon acquiert sa dimension européenne. En 1968, la création de la communauté urbaine, regroupant les 54 communes limitrophes de Lyon, en fait la deuxième agglomération de France.

Evolution de l'urbanisme

La Part DIeuLe développement urbain est influencé, tout au long du siècle, par la personnalité des hommes politiques qui vont gérer la ville comme par exemple Edouard Herriot. L'effervescence architecturale juxtapose souvent, et dès le début du siècle, des témoignages de l'histoire avec des quartiers neufs et projette Lyon dans la modernité.

L'architecte Tony Garnier va équiper la ville de logements, du stade de Gerland, d'hôpitaux ou encore d'abattoirs. L'industrie, quant à elle, poursuit son ascension et la chimie se développe au sud de la ville. L'industrie pharmaceutique connait également un essor très important.

En 1960, le quartier de la part Dieu voit le jour. Le projet est pensé depuis les années 20 et il devient très vite le cœur stratégique de la métropole lyonnaise et un des moteurs de son attractivité.
Un nouvel élan est donné dans les années 1980 et vise à développer les équipements structurants de la métropole et de grands travaux d'aménagement urbain sont menés sur des sites stratégiques en parallèle à une politique de valorisation du patrimoine.

Lyon et sa dimension internationale

EurexpoLa première gare TGV française est construite à Lyon ainsi qu'un centre d'exposition : Eurexpo. La gare multimodale de Lyon renforce encore l'ouverture sur l'extérieur et de grands travaux d'aménagement urbain sont menés sur des sites stratégiques pour la ville. Des monuments de la culture lyonnaise sont entièrement rénovés et le quartier de la part dieu devient un des grands pôles internationaux de la ville par la présence de nombreuses entreprises internationales, d'un grand centre commercial et d'une forte intermodalité.

La confluence : un quartier novateur

Quartier COnfluenceSi la Part Dieu est encore au centre de grands projets urbains comme la tour Incity actuellement en construction et qui devrait être la tour la plus grande de Lyon, la municipalité tend aujourd'hui à déplacer les pôles d'influences vers un nouveau quartier en construction : La confluence.

Ancienne zone industrialo-portuaire, depuis 1995 le quartier est voué à de profondes mutations. Le projet Confluence a ainsi pour objectif, de doubler la superficie du centre-ville de Lyon en urbanisant la zone et en la rendant attractive. Un nouveau centre commercial à d'ailleurs été construit et la Confluence est reconnue éco-quartier par le gouvernement français. De nombreuses entreprises sont en train d'y implanter leur siège social et le musée des confluences, dont l'ouverture est prévue en décembre prochain, devrait donner un aspect culturel à ce nouveau centre.

Ville en perpétuelle évolution, Lyon est devenue, depuis une dizaine d'années, une métropole où se côtoient harmonieusement les réussites du passé et les projets d'avenir. Son histoire riche, encore visible aujourd'hui, est ancrée dans le cœur des lyonnais et au sein même de la ville. L'avenir de Lyon semble également assez intéressant en raison des nombreux projets qui sont en cours de réalisation et la ville s'inscrit de plus en plus sur la scène nationale mais également internationale.

Tour Incity

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