1vue de vienne antique e. Rey 1860 musee des BALa ville de Vienne recèle un riche patrimoine historique, sa situation, aux confluents du Rhône et de la Gère, à la convergence des axes de circulation entre les Alpes et le massif central, et sa topographie vallonnée offrant des promontoires, en ont fait un lieu d'implantation humaine dès la protohistoire. La ville compte aujourd'hui une quarantaine de monuments ou sites classés. Panorama non-exhaustif du patrimoine de Vienne.

 

La Vienne gallo-romaine

Vienne présente divers vestiges antiques. L'implantation d'une colonie romaine à Vienne reste mal connue, actuellement elle est attribuée au règne d'Octave Auguste ( 27 av. J.C.- 14 ap. J.C.).

Sur le site du jardin archéologique de Cybèle, qui se situe sur l'ancien hôpital de Vienne, des vestiges de la ville gallo-romaine ont été mis au jour, on peut y voir des arcades du portique qui bordait le forum, les restes d'une salle d'assemblé, ainsi que ceux de maisons et de terrasses aménagées. En ce qui concerne l'habitat, le site de Saint-Romain-en-Gal, situé à côté de Vienne, conserve également les vestiges d'un quartier résidentiel.

2temple auguste et livieLe temple d'Auguste et de Livie, qui se situait à l'époque sur le forum, est un bâtiment édifié au culte de l'empereur Octave Auguste et de Rome (la patrie). Construit entre 20 et 10 av. J.C., le temple est périptère sine postico (colonnade sur trois côté, celui du fond étant aveugle), hexastyle (six colonnes en façade), avec un décor de style corinthien. A l'époque paléochrétienne le portique fût fermé et le temple reconverti en église, c'est ce qui a permis de le conserver jusqu'à nos jours. Il est souvent comparé à la Maison Carrée de Nîmes.

Sur les flans du Mont Pipet se déploie le théâtre, construit au I er siècle, il s'agit d'un des plus grands théâtres romains connus. L'édifice pouvait accueillir plus de 10 000 spectateurs.

Sur le cours Brillier subsistent des vestiges de l'enceinte romaine, il s'agit d'une enceinte de plus de 7 km de long, soit la plus longue connue en Gaule, construite au Ier siècle pour enserrer la ville primitive. Sa superficie en fait aussi l'une des plus grandes villes gallo-romaines de province. Cette muraille a une valeur « honorifique » plus que défensive, sa construction est autorisée par un privilège impérial, signe du prestige de la ville.

Enfin, dans le jardin du 8 Mai 1945, une voie romaine a été retrouvée et conservée, nous pouvons y voir le dallage antique en blocs de granit et une borne routière (anachronique, elle date du règne de Constantin). Dans le parc se trouve aussi une statue en pierre d'un jeune homme chevauchant un lion, vestige médiéval du monastère de Saint Pierre. Au pied du clocher de l'église Saint Pierre se trouvent deux autres statues de lions. Selon une légende, toutes trois auraient été « miraculeusement » transportées de Rome à Vienne au VIe siècle. Les trois sculptures auraient ensuite servi de « lanternes des morts » au cimetière de l'abbaye.

Les vestiges médiévaux

3st pierre-musee lapidaire persoDès le début du Moyen-âge, Vienne s'impose comme un des berceaux du christianisme en France, et devient une cité importante. Diverses fondations religieuses s'y établissent, et à partir du XIe siècle elle est contrôlée par les évêques de la ville.

L'église Saint Pierre, qui abrite aujourd'hui le musée lapidaire, est l'une des plus anciennes églises de France, construite au Ve siècle, elle est également la mieux conservée. A l'origine il s'agit d'une basilique funéraire où sont inhumés les évêques de Vienne, comme Mamert, son probable fondateur. L'abside et les arcatures murales de la nef semblent appartenir à l'église primitive. Des remaniements sont effectués au niveaux des fenêtres à l'époque carolingienne, puis au XIIe – XIIIe siècle, où la nef est divisée en trois vaisseaux, et le clocher-porche ajouté.

Les collections abritées aujourd'hui dans l'église contiennent notamment le sarcophage de Saint-Léonien, ermite décédé au VIe siècle. Ce sarcophage en marbre blanc présente des motifs de rinceaux de vigne et un canthare (vase ansé), symbolisant le sang du Christ, ainsi que des paons, qui sont associés à l'immortalité pour leur chaire réputée imputrescible. En somme il s'agit d'une iconographie qui symbolise la résurrection.

La cathédrale Saint Maurice occupe le même emplacement depuis le IVe siècle, mais le bâtiment actuel n'est pas antérieur au Xe. Sa façade monumentale de style gothique est percée de trois portails et encadrée de deux tours de part et d'autre.

6cloitre st andre le bas persoLe cloître de l'abbaye Saint-André-le-Bas (fondée au VI-VIIe siècle) est le seul cloître médiéval complet de la région Rhône-Alpes. Construit au XIIe siècle, il a été restauré dans les années 1930, puis plus récemment de 2010 à 2011. Son style est typique de l'art roman rhodanien. Les colonnes, d'inspiration corinthienne, sont ornées de motifs végétaux, d'œuves, ou encore de perles. Un chapiteau notamment est décoré de la scène de Samson déchirant la gueule du lion, thème biblique de l'Ancien Testament. Le plafond n'est pas voûté mais en bois, à caissons et peint. Dans une des galeries du cloître, des colonnettes issues du clocher de l'église Saint-André-le-Bas sont exposées. Elles représentent des thèmes allégoriques et symboliques renvoyant aux forces du bien et du mal, le bestiaire médiéval, réaliste ou fantastique, ainsi que des décors végétaux.

Pour aller plus loin

http://www.vienne-tourisme.com

http://culture.vienne.fr

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