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Accueil Patrimoine France: Paris La tour Jean sans Peur (Paris médiéval) : Histoire et patrimoine

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La tour Jean sans Peur (Paris médiéval) : Histoire et patrimoine

220px-tour_jean_sans_peur_paris_franceEn plein cœur de Paris, rue Etienne Marcel, se dresse l’un des derniers vestiges encore visible du Paris médiéval, la tour Jean sans Peur. Marque ostentatoire de la présence bourguignonne dans le Paris troublé des débuts du XVe siècle, elle est un passage obligé pour tout passionné d’histoire médiévale, en particulier de la Guerre de Cent Ans.

 

 Le royaume de France et l’appétit des ducs

Le contexte est pour le moins agité, et il faut donc y revenir. A la mort de Charles V en 1380 lui succède son fils Charles VI. Son père était surnommé « le Sage », mais Charles VI va montrer des signes de faiblesse provoqués par des accès de folie. Il est jeune au début de son règne, et ne peut pas faire grand-chose contre les rivalités qui augmentent au sein des grandes familles de France, dans une France secouée par de nombreuses révoltes. La régence est confiée à Louis Ier d’Anjou, mais il devient très vite gourmand et réclame la garde du dauphin et de son frère, le futur Louis d’Orléans, ce qui provoque la colère de Jean de Berry et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Le duc d’Anjou doit alors se retirer et décide de se tourner vers les possessions angevines de Méditerranée, ce qui profite essentiellement à Philippe le Hardi. Celui-ci écarte les conseillers du roi et place ses pions.

Le roi parvient au pouvoir à sa majorité, mais il est de fait entouré par les hommes du duc de Bourgogne. Pourtant, il décide à 20 ans de s’émanciper de cette tutelle encombrante et de celle de son oncle Jean de Berry, au profit des Marmousets, une équipe de conseillers influents. Mais en 1392 Charles VI connaît sa première crise de folie : les Marmousets sont écartés, les ducs reprennent la main.

jean-1er-bourgogneC’est d’abord Philippe le Hardi qui tire profit de la situation, gouvernant de fait pendant les périodes où le roi est immobilisé par ses crises. Son influence est contestée par le frère du roi, Louis d’Orléans, mais il faut attendre 1404 et la mort du duc de Bourgogne pour que la tension augmente de plusieurs crans et que la guerre se précise autour du trône. Le fils de Philippe le Hardi, Jean sans Peur, compte bien revendiquer la succession de son père, au détriment du frère de Charles VI ; en effet, la situation n’est alors guère positive pour le duché de Bourgogne. Jean sans Peur n’hésite pas à employer la violence pour régler le problème : il fait assassiner Louis d’Orléans en 1407 ! La guerre commence alors entre Armagnacs et Bourguignons, avec pas très loin un roi d’Angleterre très intéressé. Retranché dans son hôtel à Paris, Jean sans Peur exerce son influence sur le roi pendant plusieurs années ; mais il est assassiné à son tour en 1419. La France, attaquée par l’Angleterre en 1415 (Azincourt), est alors au bord du gouffre…

La construction de la tour Jean sans Peur

L’hôtel des ducs de Bourgogne, duquel se dresse la tour, est en fait l’ancien hôtel de la maison d’Artois, obtenu par le neveu de saint Louis, Robert, en 1270. Grâce à l’union des familles d’Artois et de Bourgogne, l’hôtel devient propriété de ces derniers en 1369. Le lieu est alors agrandi, mais surtout fortifié à partir de 1409 : la tour est le point principal de cette fortification, alors que l’hôtel se trouve contre l’enceinte de Philippe Auguste. Jean sans Peur craint à raison des représailles suite à son ordre de faire assassiner Louis d’Orléans. La fortification de ce genre de demeure est nécessaire depuis que l’on sait, avec les événements d’Etienne Marcel en 1358, que le peuple de Paris peut se soulever. Le duc de Bourgogne y passe donc une bonne partie de son temps, protégé par une garde rapprochée, tout en exerçant toute son influence sur le roi de France de plus en plus affaibli. Cela n’empêche pas Jean sans Peur de se faire tout de même assassiner à son tour, bien loin de la tour, à Montereau, sous les yeux du futur Charles VII.

La visite de la tour Jean sans Peur

De l’hôtel de Bourgogne, il ne reste aujourd’hui que cette fameuse tour. Mais c’est l’un des vestiges médiévaux les mieux conservés de Paris, marque ostentatoire de la présence bourguignonne dans la capitale pendant la Guerre de Cent Ans et le règne troublé de Charles VI. La tour est donc l’un des passages obligés de toute visite du Paris médiéval.

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La visite consiste à suivre des banderoles numérotées qui expliquent de façon claire non seulement la construction de la tour, mais aussi le contexte de l’époque, la vie des gens au bas Moyen Âge, et en particulier dans ce type de propriété. Nous gravissons ainsi les marches du magnifique escalier à vis pour visiter chaque pièce où les enfants peuvent s’amuser à chercher les traces laissées par les architectes comme des signatures. Un escalier qui est surplombé d’une voûte splendide, unique en France, aux motifs végétaux comme le chêne, l’aubépine et le houblon, symboles du duché de Bourgogne et des membres de la famille de Jean sans Peur.

La tour propose aussi des expositions temporaires, comme la très réussie « Le Moyen Âge en bande dessinée » (jusqu’au 14 novembre 2010). Des visites guidées sont proposées, dans la tour mais aussi dans le Paris médiéval.

Peu connu, cet « unique témoignage intact d’architecture civile et fortifiée du Moyen Âge à Paris », doit donc être découvert par ceux qui s’intéressent au Paris médiéval, autant que par ceux qui souhaitent une visite agréable et instructive sans la cohue du Louvre tout proche.

Pour tout renseignement, voir le site de la tour Jean sans Peur.

 

A lire :

 

- R. Rivière, A. Lavoye, La tour Jean sans Peur, Association des Amis de la tour Jean sans Peur, 2007.

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