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Expo : Sorcières. Mythes et réalités (Musée de la Poste)

3-4_affiche_sorcieresSouvent associées –à tort- au Moyen Âge, les sorcières sont encore très présentes dans notre imaginaire contemporain. Depuis au moins l’époque moderne, elles inspirent les artistes et se révèlent souvent comme le reflet de l’image de la femme dans les sociétés. L’énorme majorité des sorciers sont en effet des sorcières, jusque dans les croyances populaires, chez lesquelles se développent quantité de pratiques pour combattre le Malin, et la sorcière sa maîtresse. L’exposition Sorcières. Mythes et réalités a pour ambition de présenter les trois regards portés sur les sorcières, celui de l’artiste, de l’historien et de l’ethnologue.coup-de-coeur


 

L’imaginaire de la sorcellerie

Cette première partie de l’exposition s’intéresse à la fois aux représentations et à l’histoire de la sorcellerie et des sorcières. Nous découvrons tout d’abord des œuvres des époques moderne et contemporaine (XVIIe-XXe siècles) qui montrent les différentes visions qu’ont les artistes des fiancées du Diable, entre imagination débridée et volonté de réalisme. Parmi les tableaux exposés, on peut s’attarder sur Les trois sorcières (J-C. Aujame, ~1957) ou Macbeth et les sorcières (J-A. Duval, 1855). Les tableaux représentant le sabbat sont parmi les plus impressionnants de l’exposition, tel la Ronde du Sabbat (L. Boulanger, 1828). La sorcellerie est systématiquement assimilée à la femme, comme le résume Michelet : « Pour un sorcier, dix mille sorcières ». Aux sorcières sont associées à partir du XVIIe siècle les hystériques et les diseuses de bonne aventure, alors que Louis XIV lie quant à lui astrologie et sorcellerie.

L’exposition continue avec des affiches de films traitant des sorcières, montrant que l’intérêt n’a cessé depuis les débuts du cinéma, même si ne sont pas présentées des affiches de films récents comme Le projet Blair Witch, qui avait sa place ici. Un espace transitoire, en cercle avec au centre un pentacle décoré d’une tête de bouc, met en scène une série de dix-huit tableaux remarquables, peints par José de la Peña (1888-1961), et illustrant l’affaire des sorcières du Labourd, au pays Basque, pendant le XVIIe siècle et le règne d’Henri IV.sorcires1

La suite intéressera particulièrement les historiens puisqu’elle aborde les procès en sorcellerie, très fréquents aux XVIe et surtout XVIIe siècles. A travers des traités de lutte contre la sorcellerie comme le Malleus Maleficarum (1581) ou le De la Démonomanie des Sorciers de Jean Bodin (1587), et des exemples de procès, on apprend la logique et le processus de la chasse aux sorcières. Des procès en sorcellerie finalement interdits à la fin du XVIIe siècle, sous Louis XIV.

Les pratiques magiques

La seconde partie de l’exposition est la plus originale. Son angle est résolument ethnographique, s’intéressant surtout aux populations rurales de la France des XIXe et XXe siècles. A cette époque, s’il n’y a plus de procès en sorcellerie, il n’en existe pas moins des croyances et des superstitions dont le but est d’éloigner le Malin de la demeure, ou d’éviter un maléfice lancé par un sorcier. Il faut ainsi savoir repérer ces derniers, pour ensuite s’en protéger. Et si la malédiction n’a pu être évitée, l’exorciste est appelé en renfort.

Tous ces thèmes permettent à l’exposition de présenter nombre d’objets très curieux, des talismans de protection aux grimoires de maléfice, en passant par les animaux (empaillés) du sorcier et les ingrédients et plantes qu’il utilise pour ses envoûtements. Certains rituels vont jusqu’à rappeler le vaudou, comme une dagyde transpercée d’aiguilles. On peut aussi découvrir de surprenantes photos d’une sorcière bretonne, Naïa, prises au début du XXe siècle !

L’exposition se termine par la présentation des très fascinantes œuvres de Madame P., datant de la première moitié du XXe siècle. Cette envoûteuse très demandée de la Creuse faisait fabriquer par des potiers locaux des figures de diable, dont une partie est exposée ici, très bien mises en valeur.sorcires2

L’exposition Sorcières. Mythes et réalités propose un regard original sur les sorcières, s’intéressant à l’imaginaire et aux représentations, ainsi qu’à l’histoire des procès en sorcellerie. Sa partie ethnographique est probablement la plus intéressante et la plus originale, et à elle seule justifie le déplacement, même si les autres parties ont leurs atouts (notamment l’histoire des chasses aux sorcières, et les tableaux de José de la Peña). Des animations sont également prévues pour les enfants, que l’on sait passionnés très jeunes par ces questions…

 

Exposition Sorcières. Mythes et réalités, du 23 novembre 2011 au 31 mars 2012, Musée de la Poste, Paris. Les renseignements sur le site.

A lire

- P. Marchand, Sorcières. Mythes et réalités, éditions L’Adresse du Musée de la Poste/LVE, 2011, 160 p.