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Le campanile de Saint-Marc, symbole de Venise

campanile

Dans l’imaginaire populaire, il y a de ces bâtiments qui constituent véritablement des symboles. La Tour Eiffel a ainsi été quasiment érigée en allégorie de la ville de Paris. A Venise, la densité historique et artistique a contribuée, au fil des siècles, à ériger diverses constructions et à les définir comme des véritables emblèmes de la cité. Au cœur de la Sérénissime, le campanile de Saint-Marc est un symbole.

 

Pour en citer certains autres, celles que le grand public connaît le mieux, nous pourrions évoquer le Pont du Rialto, reliant les « sestieri » (quartiers vénitiens) de San Polo et San Marco ; le Pont des Soupirs, reliant la prison au Palais des Doges, chef d’œuvre de l’architecture gothico-byzantine ; ou encore la basilique Saint-Marc, située sur la « piazza » éponyme, où vous pouvez notamment vous rendre au « caffè Florian » depuis le XVIII è siècle. C’est sur la place Saint-Marc que se trouve le plus haut campanile de la ville de Venise, qui culmine à près de quatre-vingt-dix-huit mètres de hauteur. Cet article se veut être une analyse des grands moments de l’histoire du campanile de San Marco, qui ont contribué à l’ériger en symbole de la Sérénissime, jusqu’à aujourd’hui.

La construction d’un « premier campanile » (IX è – XIX è siècle)

Pietro Tribuno, dix-septième doge de la République Sérénissime de Venise, lança en 888 la construction du campanile de Saint-Marc. L’érection du bâtiment fut achevée sous le dogat de Domenico Morosini, au XII è siècle. Mais la construction de ce « premier campanile » ne fut pas chose aisée : en effet, en 1080, alors que la tour était en pleine édification, le sol céda littéralement sous son poids, et il fallut tout reprendre du début. Silvio Domenico, alors doge de Venise, ordonna la démolition de ce qu’il restait de l’édifice, et décida de sa reconstruction quelques toises plus loin, toujours sur la place Saint-Marc.

L’incendie de 1489, qui ravagea une bonne partie du sestiere de San Marco, endommagea gravement le campanile. La flèche en bois qui avait été placée en 1178 à la pointe de l’édifice fut détruite ; ceci permet de montrer toute l’ampleur du désastre qui frappa la tour. Ce « premier campanile », inspiré par celui de Forli, en Emilie-Romagne, connut des débuts difficiles : en 1511, un tremblement de terre fragilisa à nouveau l’édifice, qui finit par s’effondrer. Dès lors, l’on décida de lancer une grande entreprise de travaux, visant à reconstruire une nouvelle tour, renforcée : Giorgio Spavento et Bartolomeo Bon, architectes, adjoignirent au campanile un clocher de marbre, sur lequel une sculpture du lion de Saint-Marc trônait, ainsi qu’un ange d’or, hissé à la pointe de la tour en 1513.

Au fil des siècles, de multiples incendies fragilisèrent le campanile : le 13 avril 1745, un sinistre causa des fissures dans la maçonnerie, et causa d’importantes chutes de pierres qui tuèrent plusieurs vénitiens. Ce « campanile primitif » de Venise, en réalité, mit quasiment un millénaire à être mis au point et à être édifié. Les catastrophes diverses et successives fragilisèrent grandement l’édifice, qui ne fut jamais véritablement achevé.

La tragédie de 1902

campanile-ecroulement

Les siècles et les fragilisations successives finirent par avoir raison du campanile de Saint-Marc. Le 14 juillet 1902, à dix heures du matin, le campanile de Saint-Marc s’effondra littéralement sur lui-même, du haut de ses quatre-vingt dix-huit mètres. La logetta du campanile, construite par l’architecte Sansovino en 1549, fut également détruite. De cet effondrement, il n’y eut aucune victime à déplorer, si ce n’est le chat du gardien du campanile. Miraculeusement, la basilique Saint-Marc et le palais des Doges ne furent pas touchés. En réalité, les jours précédant l’écroulement du campanile, les Vénitiens avaient été alertés par des craquements et des fissures. Un périmètre de sécurité avait par ailleurs été mis en place le matin de la tragédie, et la place fut évacuée. On comprend donc aisément comment deux photographes ont pu immortaliser l’évènement, comme l’illustration de l’article le prouve.

 

« Com’era, dov’era », « comme il était, où il était ». Tels étaient les mots du Conseil Municipal de Venise, qui décida le soir même de la catastrophe de reconstruire le campanile de Saint-Marc. Au début de l’année 1903, la première pierre de la construction fut posée ; le campanile fut reconstruit avec les matériaux du premier. L’Europe entière s’émut de cette tragédie, et les dons affluèrent à Venise. Le 25 avril 1912 – dix jours après le naufrage du Titanic … - le nouveau campanile fut inauguré, jour de la fête de Saint-Marc. En réalité, ce n’était pas la première fois que le campanile de Saint-Marc s’effondrait. En effet, il s’est écroulé à cinq reprises durant l’histoire : en 1080, en 1388, en 1489, en 1511, et donc en 1902.

Le campanile de Saint-Marc, comme sa « version » ancienne, abrite cinq cloches. La « Marangana », sonnant matin et soir, annonce le début et la fin du travail ; il « Maleficia » annonçait les condamnations à mort ; la « Nana » sonnait la 9è heure ; la « Trattiera » appelait les magistrats à se rendre aux séances du palais des Doges ; enfin, la cloche des « Pregadi », qui appelait les sénateurs à se rendre au palais ducal. On peut donc plus aisément comprendre l’attachement qu’avaient et qu’ont les Vénitiens pour le campanile, symbole de la cité, qui a toujours véritablement rythmé leur quotidien.

Venise, cité millénaire, totalement hors du temps, semble immortelle. Il suffit de se promener dans la Sérénissime, le soir venu, pour s’en rendre compte. Les Vénitiens sont très attachés à leur campanile, puisqu’il s’agit véritablement de l’emblème de la ville. Souvent détruit, toujours reconstruit, le campanile de Saint-Marc est le symbole de l’immortalité de la Sérénissime. Ce n’est pas pour rien que les Vénitiens le surnomment depuis toujours le « maître de maison ».

Pour aller plus loin

- Venise vue de ses Campaniles de T. Sammartini. 2003.

- Venise : Art et Architecture de Marion Kaminski. 2006.

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