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Juin 1812, la Grande Armée envahit la Russie. Six mois plus tard, l'aigle rentre en France, vaincu, son armée décimée. Comment expliquer ce désastre ? Le général hiver a bon dos. Et les erreurs stratégiques de Napoléon n'expliquent pas tout. L'Empereur a du affronter un adversaire que l'on voit aujourd'hui autrement grâce aux travaux des historiens sur les sources russes. A découvrir dans le numéro du mois de mars du magazine L'Histoire.

lhistoire_1812
Si l'on demande, encore aujourd'hui, à quelque personne cultivée à quoi est due la défaite en Russie de Napoléon, il y a de fortes chances qu'elle réponde : le « général hiver ». La retraite de Russie est restée gravée dans les mémoires comme une immense traînée de souffrances inhumaines, dues au manque de ravitaillement et surtout aux rigueurs d'un climat impitoyable s'abattant sur des soldats... en tenue d'été. On a oublié que la Berezina est une ultime victoire française qui permet à l'Empereur d'échapper aux mains des Russes. Il ne reste que l'affreuse tragédie de milliers de morts de froid.

L'explication, pourtant, ne résiste pas à l'examen. C'est le 7 septembre qu'a lieu la bataille de Borodino ; l'automne n'est pas commencé quand la Grande Armée fait son entrée dans Moscou. Tolstoï a son explication, qui sera reprise jusqu'aux historiens soviétiques : c'est la « trique » qui a vaincu l'« épée » ; autrement dit le succès est allé « au peuple ». De fait, c'est bien sous l'invasion de la Grande Armée qu'est véritablement né en Russie un sentiment patriotique populaire, et les partisans, les moujiks que Koutouzov s'est décidé d'armer, ne furent pas les adversaires les moins redoutables des bataillons en repli.

Mais les historiens aujourd'hui insistent sur un autre facteur, longtemps négligé, et que révèlent les sources russes : la stratégie décidée par le tsar Alexandre Ier et ses généraux, dont le très oublié Barclay. L'idée était de ne pas affronter la Grande Armée réputée invincible, mais d'amener celle-ci à s'enfoncer à l'est, tout en détruisant les sources de son ravitaillement. Après Borodino, Moscou fut atteint sans combattre, mais déjà Napoléon avait perdu 200 000 hommes. L'incendie de Moscou, sa vaine occupation pendant un mois, le refus du tsar de négocier, poussèrent Napoléon à la retraite. C'est alors que l'hiver prêta à ses ennemis son terrible concours, mais déjà les Russes avaient gagné.

Bientôt Alexandre entrerait en vainqueur à Paris. Contre un stratège de génie et une armée supérieure en nombre, les Russes, refusant la bataille mais forts de leur masse humaine, étaient en train d'inventer une des formes de la guerre moderne.

1812, la campagne de Russie. L'histoire, numéro spécial, mars 2012. En kiosque.