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Le cheval : animal mythique, messager des dieux, formidable partenaire de route. Il accompagne l'homme depuis la nuit des temps. Présent dans toutes les civilisations, le cheval assiste les puissants, d'Attila à Poutine, dans l'exercice du pouvoir. Le numéro de novembre des Cahiers de Science & Vie revient sur la grande histoire du cheval, sa conquête, son dressage et sur la fascination qu'il a toujours exercée sur les sociétés humaines jusqu'à la « crise des lasagnes ».

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Cheval : le seul animal dans lequel on puisse planter des clous. La boutade, signée Jules Renard, est plus profonde qu'il n'y paraît. Derrière le trait d'humour, il faut comprendre que l'acte peut être reproduit à volonté. Seule la grande proximité de l'humain avec sa plus noble conquête l'a rendu possible. Entre ces deux-là, le lien se tisse bien avant la révolution néolithique qui conduira à la domestication de l'équidé. Le chasseur préhistorique porte à sa proie un intérêt qui dépasse le strict cadre de la prédation: le cheval emplit les estomacs et marque les esprits. Il est, de loin, le sujet favori des premiers artistes du paléolithique.

Son élevage maîtrisé, il s'écoulera un millénaire au moins avant qu'on lui passe, en routine, la bride autour du cou, et plusieurs avant qu'on plante en lui des clous ! Mais une fois dressé, il s'immisce toujours davantage dans la vie des hommes, pallie leurs piètres qualités physiques en multipliant par dix leur vitesse et par sept leur force. Dans La société féodale, l'historien Marc Bloch affirmait qu' « il eût été impossible de gouverner l'Etat, au fond d'un palais : pour tenir un pays, point d'autre moyen que d'y chevaucher sans trêve, en tous sens ».

Mais c'est dès la fondation des premières civilisations que le cheval assiste les puissants dans leur exercice constant du pouvoir. En délimitant à son pas le périmètre des cités antiques, il s'est fait mètre étalon, et a naturellement imposé ses proportions. Il vaut plus aux yeux des hommes que les hommes eux-mêmes : dans l'Occident du XVIIe siècle, il s'échange contre vingt esclaves. Il n'en continue pas moins d'habiter les mythes, de faire sonner ses sabots sur « le plafond des songes ». La révolution industrielle, elle, ne sonnera pas son glas. Il en sera, au contraire, l'un des artisans avant de céder le pas au cheval-vapeur. Aujourd'hui, le cheval tient encore son rang dans notre société moderne. Même si la baisse de la consommation de viande chevaline met plusieurs de ses races en péril, la fréquentation des centres équestres est en hausse. Et « la crise des lasagnes » semble avoir joué en sa faveur...

Le cheval : l'atout maître de l'homme. Les cahiers Science & Vie, novembre 2013. En kiosque et sur abonnement.