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Des villes qui parviennent, dès le XIe siècle, à s'affranchir de la tutelle de l'empereur comme de celle du pape, à élire leurs gouvernants, à assurer leur propre justice et à dépasser leurs clivages internes pour assurer la paix à leurs citoyens. Dans son numéro de décembre, le mensuel L'Histoire nous conte l'expérience républicaine dans l'Italie médiévale. Avec entre autre la participacition de Patrick Boucheron.

 

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Avant tout, ces petites républiques ont défendu l'indépendance que leur déniait l'empereur. Elles surent se fédérer, et l'on vit en 1176 la Ligue lombarde battre à Legnano l'armée de Frédéric Barberousse, qui dut reconnaître les droits des cités italiennes. Celles-ci ont mis au point l'administration de la commune par un pouvoir collégial, celui des consuls représentant la population. Issus surtout, à l'origine, de l'aristocratie, ces mandataires étaient renouvelables. Loin d'être des espaces de paix continue, ces cités étaient en proie à des conflits internes, suscités par des rivalités économiques ou de personnes et de clans. Elles surent, pour survivre aux violences, édifier les règles de droit et de justice. Jusqu'au moment où elles firent appel à un arbitre extérieur, le podestat, généralement homme de guerre, faisant partie d'un personnel politique itinérant qui, pour s'imposer, usait de ses capacités à convaincre. L'art oratoire était l'ingrédient nécessaire de la société politique, comme jadis à Athènes ou à Rome.

Au fil de l'évolution, la base du pouvoir communal s'élargit et la république se démocratisa peu à peu, jusqu'au jour où les discordes intestines ouvrirent la voie aux grandes familles seigneuriales qui bientôt imposeraient un pouvoir dynastique. Cet échec final ne doit pas occulter ce que furent ces laboratoires de la république, échappant à la confiscation gouvernementale par les plus puissants. Hobbes, témoin des guerres civiles au xvne siècle, conclura à la nécessité que chacun renonce à sa liberté individuelle pour confier à un État tout-puissant le soin de sauvegarder sa sécurité. Les cités italiennes nous offrent un autre modèle, où les démocraties d'aujourd'hui pourraient aller retremper leurs principes, à commencer par le devoir vital d'aplanir au mieux les inégalités...

La cité italienne, un modèle de république. Mensuel L'Histoire, décembre 2013. En kiosque et sur abonnement.

 

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