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Bête de l'Apocalypse, Minotaure, Seth, Ganesh, Géants, Dragons et autres merveilles ... Quelle cité, quelle civilisation n'a pas déployé dans ses mythes et sur ses murs ces fascinantes et effrayantes silhouettes - mi-hommes mi - bêtes, purement fantasmagoriques, monstrueuses? Nul homme n'a échappé au pouvoir évocateur du monstre qui, dès le paléolithique, rôde entre les aurochs et les chevaux peints des grottes ornées. Des Amériques à l'Extrème-Orient, ces hybrides fantastiques émaillent notre histoire.

 

csv janvier2017Dans les films et les romans, les textes religieux et les légendes, nos cauchemars et les tableaux de maîtres ... Dès nos premières pensées en tant qu'humains, et pour longtemps encore, nous le portons en nous, nous le projetons - sur les autres comme dans notre environnement. De fait, qu'est-ce que « le monstre»? L'Antiquité a posé un nombre presque infini de formes -hybrides fabuleux, créatures grotesques et animaux improbables. Elle ne s'est toutefois guère préoccupée de les définir, de théoriser leur origine ou leur place dans le monde, au contraire du Moyen Âge qui va deviser sur ce chaos malvenu dans un univers sensément divin et parfait. Peu à peu, les hommes vont ainsi distinguer différents visages entremêlés dans cette cohorte improbable -celui du réel déformé, voire incompris, celui des fantasmes ... -, avant que la pensée logique et scientifique vienne rationaliser tout cela. D'une certaine façon, la «mission» est aujourd'hui accomplie: les dragons ont regagné les pages des contes, et ne restent plus sur la planète que des animaux (certes, plus ou moins hors normes) que naturalistes et biologistes s'ingénient à découvrir, classifier et comprendre.

Mais c'est bien mal se connaître que de croire qu'on allait pouvoir se débarrasser du monstre ... Car derrière ses formes fantasmagoriques, celui-ci a toujours signifié plus que sa simple apparence: exutoire de nos peurs, catalyseur de notre réflexion, matérialisation de nos envies et marqueur de notre identité comme individu et comme espèce, il nous est inaliénable. Le monstre, c'est l'autre, mais c'est également nous. C'est ce que nous montre son histoire sur plus de 3000 ans.

De l'Antiquité à nos jours : les montres et nous. Cahiers Sciences et Vie, janvier 2017. En kiosque et sur abonnement.