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Dès 1776, la France soutient la révolte des treize colonies britanniques d'Amériques du Nord contre Londres. Son appui logistique et financier, bientôt suivi d'un inattendu succès sur mer, est décisif dans l'accession à l'indépendance de la nouvelle nation. Le magazine Guerres & Histoire fait un utile rappel de ce que les E.U doivent à la France dans ce conflit.

 

guerre-histoire-39L'Histoire n'est pas le résultat des seuls calculs exécutés par la Raison froide, qui régnerait en maîtresse dans les gouvernements ou les états-majors. Les sentiments ont leur part, immense, portés par les peuples, la presse, la mémoire collective, et plus ou moins manipulés par les puissants. La haine est au départ des guerres de religion et des guerres civiles. L'envie justifie bien des conquêtes. Le ressentiment est souvent à l'œuvre ; pour rester au xxe siècle, pensez à celui qui a mû les Allemands, battus en 1918, vers leur revanche de 1940, ou celui qui a percé dans nombre de mouvements anticolonialistes. La colère? Combien de fois a-t-elle soufflé ses mauvais conseils! Quant à la peur, elle est partout, toujours, dès qu'il s'agit de guerre. Mais les sentiments positifs jouent-ils un rôle dans l'Histoire des conflits? L'amour, la joie ? On ne voit pas. La solidarité ? Sans doute. Il semble bien, par exemple, que, malgré les différends sur l'avenir des colonies, malgré les multiples concurrences, quelque chose de cet ordre a soudé Britanniques et Américains durant la Seconde Guerre mondiale. Et la gratitude ? Voilà qui nous ramène au dossier de ce 39e numéro de Guerres & Histoire.

Les Insurgés ont reçu, de Louis XVI, un sacré coup de main dans leur lutte contre la puissance coloniale britannique. Pour répondre à la question posée en couverture, oui, les États-Unis doivent beaucoup à la France. Et cette aide primordiale, scellée par un sang versé en commun, n'est pas pour rien dans l'entretien d'un courant francophile — à côté d'un courant franco­phobe, indéniable, et prompt à se réactiver — outre-Atlantique. Néanmoins, un enfant de 5 ans comprendrait que Versailles n'était pas animé par une quelconque sympathie envers les républicains de Philadelphie, mais bien plutôt par son désir de revanche sur les « goddons », et d'autres considérations de haute politique. D'ailleurs, la sympathie américaine s'est fixée sur La Fayette, image généreuse et solitaire, et non sur Louis XVI, administrateur de la raison d'État. C'est sur la tombe du marquis, au cimetière de Picpus, que l'envoyé du général Pershing viendra parler de gratitude, le 4 juillet 1917. Quoi qu'il en soit, au sein du peuple français, il y a cent ans, l'entrée en guerre des États-Unis a inversé ce sentiment : la dette contractée à Yorktown s'est réglée au Bois-Belleau. Puis, à l'heure des grands périls, en 1941 face à Hitler, et en 1947 face à Staline, les plateaux de la balance à sentiments se sont déséquilibrés : nous sommes devenus débiteurs nets de Washington. Malgré l'intermède gaulliste, malgré Chirac et son non de 2002, malgré, aujourd'hui, l'image négative du président Trump, malgré la dérive des sociétés de part et d'autre de l'océan, l'on en reste là : l'atlantisme, ici entendu comme inclination, a encore de beaux jours parce qu'il a de profondes racines. 

Guerre d'inépendance américaine : ce que les E.U doivent à la France. Guerres & Histoire, octobre 2017. En kiosque et sur abonnement.

 

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