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De la guerre menée par la France en Indochine, on ne retient que le désastre évitable de Diên Biên Phu. C'est pourtant durant ce premier conflit de décolonisation que l'armée française s'est reinventée après le désastre de 1940, compensant de maigres moyens par des trésors d'imagination et le système D. Le magazine Guerres & Histoire consacre ce mois un dossier a ce qui deviendra malgré tout un leg militaire durable, à défaut d'une victoire.

 

41 guerres histoireLe Viêt-minh a battu le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient parce qu'il a su transformer sa lutte politique, à base étroite, de 1945 en une guerre populaire. Certes, le peuple dont il s'agit n'était pas tout le peuple vietnamien, loin de là, mais il en constituait une part substantielle. Le peuple français a réussi, lui, « l'exploit » de passer d'une indifférence massive à une opposition massive, mais passive, à la guerre d'Indochine. En février 1954, à trois semaines du premier assaut contre Diên Bien Phu, selon l'Ifop, 77 % des Français avouent leur manque total ou partiel d'intérêt pour les combats. Pourtant, cette guerre a duré dix ans, coûté 20 000 vies françaises et 10 % des budgets de la nation entre 1945 et 1955. Voilà un joli paradoxe démocratique ! Une guerre menée en douce, loin des yeux, loin du cœur, par quelques centaines d'hommes politiques et de généraux qui se gardent bien d'en faire le sujet de grands débats parlementaires (en dehors de celui de mars 1947). Non pas pour défendre de sombres intérêts : les grands groupes économiques se rapatrient très tôt vers l'Hexagone ou l'Afrique. Plutôt par idéologie et par sentiment : la nostalgie de la grandeur perdue, l'anticommunisme, le syndrome de 1940... Les raisons de l'indifférence populaire sont bien connues. L'Indochine est loin ; elle n'a jamais passionné les foules, pas même au cinéma ; le contingent n'est pas envoyé ; il y a, dans toute la région, moins de Français qu'à Montauban ; dès 1951, les Français de souche représentent moins de la moitié des soldats tués. Autre raison, qui concerne aussi les salles de rédaction des journaux : la plupart du temps, en dehors des défaites de 1950 et 1954, il ne se passe pas grand-chose, en apparence, sur le terrain. Des embuscades, des coups de main, des assassinats... L'on prend pour du calme une violence sourde et diffuse.

A découvrir aussi dans ce numéro

- Marchefeld, 1278, les Habsbourg prennent l'avantage dans la course à la suprématie dans le saint Empire Romain germanique.

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- 1861-1865, les amérindiens se déchirent entre le Nord et le Sud...

La guerre française en Indochine, brillants succès, victoire impossible. Biemensuel Guerres & Histoire, février 2018. En kiosque et sur abonnement.