Cher lecteur, chère lectrice. La survie de notre site dépend intégralement des recettes publicitaires.
Pour nous soutenir et continuer de profiter à l'avenir des services offerts par notre équipe de bénévoles, merci de désactiver votre bloqueur d'annonces pour le site https://www.histoire-pour-tous.fr en l'ajoutant dans la liste des exceptions ;)

Dans un récent ouvrage - Chars d'assaut, un siècle d'imposture -, Jean-Claude Delhez s'est employé à démystifier l'impact du char d'assaut dans les différents conflits ou il a été engagé. Auteur de quelques exploits et surtout de nombreux fiascos, le char d'assaut s'avère surtout être un très bon outil... de communication. Le dernier numéro du mensuel Guerres & Histoire s'interroge à son tour sur son efficacité et son pouvoir destructeur.

 

44 guerres et histoireQue de tanks dans ce numéro ! En traitent un copieux dossier, un portfolio sur Prague en 1968 et un papier sur les sept erreurs commises par Ludendorff lors de la préparation de son fameux Friedensturm, l'offensive « pour la paix » du printemps 1918. La bête vaut bien ça. En 1918, les Alliés croyaient lire la défaite allemande à l'Ouest dans ce simple rapport de force : 4000 chars d'un côté, 20 de l'autre ! En 1945, la célèbre apostrophe de Staline « Le pape, combien de divisions ? » se comprend comme : « Dis-moi combien tu as de tanks, je te dirai combien tu pèses. » L'Armée rouge en a alors 6000 au front, 15000 dans ses parcs, les Alliés occidentaux presque autant. C'est l'apogée d'une arme qui a inspiré la terreur sur tous les champs de bataille. Le cliquetis des chenilles, le bruit des moteurs surpuissants, les tonnes d'acier en mouvement ont fait décamper bien des unités avant le moindre tir. Sa carrière ne s’arrête pas en 1945. LURSS, à elle seule, en produit plus de 200000 durant la guerre froide. On verra ses modèles sur tous les champs de bataille des conflits périphériques, en Asie comme en Afrique et, plus que partout ailleurs, au Moyen-Orient.

Mais les rois d'autrefois, les lourds blindés chenillés, ne sont plus que l’ombre d'eux-mêmes. La France n'en fabrique plus depuis l'arrêt de la construction du Leclerc, en 2008, que l'on retapera pour le faire durer encore vingt-cinq ans. Son successeur, s'il voit le jour, sera sûrement multinational. Bien plus rare parce que trop cher, le tank n'est plus seul à provoquer la terreur. Lourd, bruyant, toujours accompagné de multiples nounous, il s'annonce de loin et laisse le temps de déguerpir. On ne le sort plus que dans les grandes occasions.

Les chars, une imposture ? Guerres & Histoire n°44, bimestriel en kiosque et sur abonnement.