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Très inégalement traitée au cinéma, la Révolution Française est un exercice à haut risque pour une œuvre fictionnelle. Actuellement sur grand écran, "Un peuple et son roi" de Pierre Schoeller relève le défi. Avec,  disons le d'emblée,  plus ou moins de réussite.

 

La parole au peuple

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. "Un peuple et son roi" croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au cœur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

peuple roi 2018Dans une succession parfois trop rapide de tableaux, ce film propose une lecture qui se veut équilibrée et pédagogique des principaux évènements de la Révolution, de la prise de la bastille le 14 juillet 1789 à l’exécution du roi début 1793, qui conduit à l'avènement de la Première République. Le peuple est ici habilement représenté de manière colorée et diverse, sans sombrer dans la caricature. L'Assemblée Nationale, parfaitement reconstituée, est le lieu ou converge tous les espoirs et toutes les passions. Il nous y est dispensé un cours d'histoire accéléré, bien documenté, mais quelque peu indigeste. Louis XVI, impeccablement interprété, aurait sans doute mérité un traitement plus complet pour mieux pour faire le pendant d'une époque qui se termine au profit d'une nouvelle ère. Une nouvelle ère qui commence par une grosse ficelle symbolique, lorsqu'au début du film la lumière perce l’obscurité qui régnait continuellement sur un faubourg de Paris alors qu'on entame la destruction de la Bastille...

Trop ambitieux ?

C'était un pari risqué que de raconter "la grande histoire" par le prisme de la "petite", surtout en si peu de temps. La première, redisons le plutôt bien documentée, n'est que survolée (et parfois un peu trop théâtrale). La seconde, centrée autour de la famille (au sens large) d'un souffleur de verre parisien est plutôt rafraîchissante mais le temps manque pour s'y attacher et y croire. Le temps est bien ce qui manque à ce film pour un si gros morceau de l'histoire de France, et on a l'impression frustrante d'avoir vu une bande-annonce de ... deux heures. Il y avait pourtant, ne serait ce que pour la qualité du travail historique, des reconstitutions comme de la distribution, de la matière à fournir pour un autre format, celui d'une série. 

Pour le moment on continuera donc à préférer le film de Wajda (Danton, 1983), qui reste une référence bien que traitant la période suivante de la Terreur, voir même le diptyque La Révolution Française (Robert Enrico, 1989), qui malgré ses nombreux défauts, avait au moins le mérite de donner de la profondeur et un souffle épique qui manquent cruellement à Un peuple et son roi.

Un peuple et son roi, un film de Pierre Schoeller, en salle le 26 septembre 2018.