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Avec la polémique qui a précédé la présentation de "Hors la loi" à Cannes, le réalisateur Rachid Bouchareb n'aurait probablement pas rêvé d'une meilleure promotion pour son dernier film. Il faut dire que la toile de fond de ce film, la guerre d'Algérie, nous ramène à une page sombre de l'histoire de France, sur laquelle on a longtemps préféré jeter un voile pudique plutôt que d'évoquer un passé dérangeant. Il aura suffit de rumeurs concernant des imprécisions et inexactitudes historiques du scenario de "Hors la loi" pour réveiller les nostalgiques du colonialisme et les milieux proches de l'extrême-droite française et alimenter ainsi la polémique.

hors_la_loi_affiche
Malgré ces gesticulations et les quelques manifestations éparses, le film a plutôt été bien accueilli hier à Cannes par la critique. Il raconte une saga familiale, le parcours et le destin de trois frères algériens, du massacre de Sétif le 8 mai 1945 à l’indépendance de 1962. Les événements de Sétif constituent d'ailleurs le moment fort du film. Le 8 mai 1945, la manifestation pour fêter la fin de la guerre est transformée par des Algériens en revendication pour l'indépendance de leur pays, tourne à l'émeute et débouche sur une sanglante répression. Un épisode "oublié" qui jette un coup de froid et dont l'évocation "brutale" provoque la controverse.

Un retour brutal sur un passé qui dérange

Comme l'a précisé le réalisateur, "Le film n'est pas un champ de bataille, il n'est pas fait pour provoquer des affrontements, il a été fait pour ouvrir un débat dans la sérénité. Je n'ai pas à prendre en charge toute l'Histoire, je fais du cinéma (...)." Effectivement. On peut sans doute reprocher à "Hors la loi" ses écarts avec l'histoire. Mais c'est aux politiques et aux historiens, plutôt discrets sur la question ces dernières decénnies, qu'il revient d'effectuer l'indispensable travail de mémoire. Pour sortir enfin de la dénégation et de l'amnésie. Il n'y a rien à perdre pour un pays de faire face avec sérénité à son histoire. Ce film a au moins le mérite de nous y inciter. Prestement.

Hors la loi, de Rachid Bouchareb, en salles le 22 septembre. Lire la critique HPT.

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