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De Gaulle n'a décidément pas fini de faire parler de lui en cette année du 70ème anniversaire de "l'Appel du 18 Juin". Le très sérieux Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNES) est de facto monté au créneau, reprochant d'abord à l'adoption du troisième tome des Mémoires de guerre du général de Gaulle au programme de littérature de Terminale Littéraire, qu'il ne cache un dessein politique...


Pourtant, on voit mal, et ce même en effectuant un intense travail intellectuel, en quoi le gouvernement trouverait quelque intérêt à imposer l'étude de cet ouvrage aux professeurs de lettres. De Gaulle n'était en effet situé politiquement pas plus à "gauche" qu'à "droite" - si tant est que ces termes aient un sens -, n'en déplaise à Martine Aubry qui expliquait aujourd'hui que ledit personnage "était très officiellement de droite". Le Général de Gaulle est en somme le seul homme politique à avoir été "officiellement" de droite sans jamais ne l'avoir dit et sans jamais qu'il n'ait été prouvé qu'il ne l'ait été ne serait-ce qu'officieusement.

mmoires_degaulleDeuxième argument, et non des moindres, utilisé par le SNES: la qualité littéraire du texte. Le syndicat tente, avec plus d'infortune que de succès, d'arguer que si l'on ne peut enlever certaines qualités politiques au général de Gaulle, toutefois celui-ci n'a-t-il pas sa place pour être étudié par les lycéens. C'est là faire montre de méconnaissance, le Général, pour ses Mémoires de guerre, n'ayant-t-il pas en effet manqué d'obtenir le sacro-saint Nobel de littérature en 1953 ?

Dernier point invoqué, l'absence de recul des professeurs de lettres face à un écrit "historique". Pourtant, le texte est bel et bien aussi littéraire qu'historique et une connaissance minimale du personnage supprimerait à coup sûr cette lacune. Mais toutefois le lecteur doit-il faire preuve de quelque empathie et comprendre que c'est là un effort insurmontable que de connaître les grandes lignes de l'histoire du personnage politique français le plus célèbre du XXème siècle. Surtout, cette polémique, vaine s'il en est, révèle qu'une fois de plus, le travail intra-disciplinaire n'est pas au goût de tout le monde. Que l'Histoire vienne s'immiscer quelque peu dans la littérature, et une contestation assurément contestable se fait jour séance tenante, criant à la catastrophe. Mais au fond, qu'en disent les élèves, pourtant premiers concernés ?

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