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Athenes_AgoraAthènes était une cité hors-norme dans l'Antiquité. D'une part car elle avait un territoire très vaste par rapport aux autres cités grecques, 2600km², une seule autre cité grecque avait un territoire plus vaste qu'Athènes, c'était Sparte. D'autre part car Athènes a joué un rôle majeur de grande puissance à partir du VIe siècle. Ce rôle de grande puissance, elle le conserve jusqu'à la fin du IVe siècle avant J.-C., époque d'Alexandre le Grand.

 

Elle occupe seule une région de Grèce centrale qui s'appelle l'Attique. Cette région est une péninsule de la mer Egée. L'Attique n'a de frontière terrestre que du côté ouest, et cette frontière terrestre est une frontière avec une région plus à l'ouest : la Béotie, et vers le sud-ouest, elle a pour voisine la cité du Mégare. L'Attique est une région qui possède trois plaines distinctes : Eleusis (avec sanctuaire consacré à Demeter), la deuxième plaine se trouve à la pointe sud de l'attique : la Mésogée qui se termine par le cap Sounion. Enfin, la troisième plaine est la plaine d'Athènes. Athènes est la seule cité de l'Attique. Au XVe siècle, des archéologues ont mis en avant des traces d'une occupation mycénienne (murailles mycéniennes sur l'Acropole – palais mycénien ?).

Remettons-nous dans le contexte : vers 1200, le site résiste bien à la fin du monde mycénien. Au VIIIe siècle, c'est le synoecisme d'Athènes (attribué dans l'antiquité au héros mythique Thésée). Enfin au VIIe siècle, Athènes connaît une période d'isolement et de difficultés et ne prend pas part au mouvement de colonisation.

La crise de la fin du VIIe siècle et sa solution

Un corps civique divisé en quatre tribus regroupe l'ensemble des citoyens. Il se perçoit comme une collectivité et cette dernière s'intitule à Athènes « les athéniens ». Officiellement, ce corps civique est divisé en quatre groupes à Athènes, mais aussi des divisions sociales : les familles eupatrides (aristocrates), comme celle des Alcméonides ; la « classe hoplitique », paysans aisés mais qui travaillent eux-mêmes leurs terres ; les thètes, citoyens pauvres ; les hectémores : citoyens pauvres endettés et en voie d'asservissement ; les étrangers ; et les esclaves issus du commerce. Il y a une double contestation de la suprématie des aristocrates, l'une politique par la classe hoplitique, l'autre économique par les thètes.

L'ancienne monarchie n'existe plus. Cette royauté, si elle a existé, a probablement disparue au VIIIe siècle avant J.-C. A présent des institutions qui reposent sur trois éléments essentiels : des magistrats désignés pour un an comme les neuf archontes (l'archonte éponyme + l'archonte roi + l'archonte polémarque + les 6 thesmothètes) toujours pris dans l'aristocratie, le conseil de l'aréopage formé des anciens archontes sortis de charge avec des pouvoirs politiques et judiciaires, et l'assemblée du peuple, à laquelle appartenaient tous les citoyens.

SolonQuelle solution donner à la crise, les législateurs ou les tyrans ? Dans les années 630, on assiste à une tentative de tyrannie de Cylon réprimée par l'archonte Mégaclès. Dans les années 620, législation de Dracon est un échec (lois jugées trop répressives). En 594, l'archontat de Solon impose une réforme des institutions, c'est la division du corps civique en quatre classes censitaires entre lesquelles sont répartis les citoyens athéniens. Ces quatres classes censitaires soloniennes sont : les pentacosiomédimnes (plus de 500 médimnes de céréales récoltées par an), les hippeis ("chevalier"  de 300 à 500 médimnes), les zeugites ("laboureurs" de 200 à 300 médimnes) et les thètes (moins de 200 médimnes). Ces classes censitaires servent à définir les droits politiques de chaque citoyen.

Solon fait également une réforme judiciaire, c'est le passage à la loi écrite. L'interdiction de l'esclavage pour dettes, l'abolition des dettes, mais refus du partage des terres, est également mis en application. A long terme, les mesures de Solon vont apaiser les tensions sociales et moderniser la cité d'Athènes.

L'âge des Pisistratides (561 – 510)

Entre le 594 et 561, les factions aristocratiques sont en lutte. On retrouve celle des Pédiens (génos des Etéoboutades), celle des Paraliens (génos des Alcméonides) et celle des Diacriens (Pisistrate). En 561, premier coup d'État de Pisistrate (il fût chassé deux fois, avant de revenir au pouvoir). Il s'appuie à chaque fois sur la classe hoplitique et mène une politique défavorable aux familles aristocrates. En 528/7, c'est la mort de Pisistrate et le pouvoir passe à ses deux fils : Hippias et Hipparque. En 514, Hipparque est assassiné et on assiste à un durcissement du régime. Enfin en 510, la tyrannie est renversée.

La politique des Pisistratides vise à stabiliser la société. On retient généralement une image positive de la tyrannie des Pisistratides, notamment grâce aux mesures favorables aux paysans : la création des juges de dème par exemple. C'est aussi une politique religieuse visant à créer une religion civique, le culte d'Athéna et de Dionysos. Par la mise en place des panathénées, les aristocrates sont privés du monopole de la vie religieuse dans la cité. Enfin, c'est une politique extérieure créant des zones d'influence athénienne dans les Cyclades et dans les détroits (zone séparant la mer Égée du Pont Euxin).

Athenes_AgoraAthènes est en plein essor économique, avec le développement de l'agriculture, notamment de l'olivier et de la dépendance d'Athènes pour son approvisionnement en céréales. En effet, il faut nourrir une population sans cesse en augmentation. Athènes voit l'essor de l'artisanat avec la céramique Attique qui supplante la céramique de Corinthe dans la période 550 – 500, ceci notamment en s'appuyant sur la technique des figures rouges inventée vers 525. L'économie se monétarise : vers 600 apparaissent les premières monnaies grecques en Asie Mineure. Vers 575, c'est le début du monnayage d'argent d'Egine, vers 550 le début du monnayage d'argent de Corinthe et vers 530 le début du monnayage d'argent athénien.

Athènes est en plein essor urbain. Il n'y a pas de murailles, mais une séparation des espaces : le sacré (sanctuaires), le public (places, rues) et le privé (maisons, jardins). Des travaux sont entrepris sur l'Acropole et sur l'agora à l'emplacement d'une ancienne nécropole géométrique. L'agora est le lieu de place de marché et un lieu de réunion politique : c'est là que sont gravées les lois de Solon. En 522/1, Hippias dédie aux douze dieux un autel, c'est le centre symbolique d'Athènes. Les Pisistratides s'occupent également de l'approvisionnement de la ville en eau avec la construction de canalisations.

Le lendemain de la chute des Pisistratides (510 – 507)

Quel bilan donner à la tyrannie ? Un affermissement des lois de Solon, un affaiblissement des eupatrides, un essor économique, un apaisement des tensions sociales et la conscience de l'unité et de la force d'Athènes. Après la chute des Pisistratides, on assiste à une lutte pour l'archontat entre Isagoras et l'alcméonide Clisthène, et en 508 c'est Isagoras qui est élu archonte. En 507 Clisthène prend le pouvoir et réforme.

Un réforme est mise en place concernant les découpages territoriaux de l'Attique et le système des dèmes se généralise. On en recense 139 au total. Trois grandes régions sont crées : l'Asty (ou Astu), la Paralie (ou Paralia) et la Mésogée (ou Mésogeia). Chacun de ces régions est divisée en dix Trittyes. Enfin dix tribus (Phylai) sont créées, chacune comportant une Trittye de chaque région.

Le Conseil des 500 est créé, avec les bouleutes tirés au sort. C'est la naissance d'un nouveau régime : l'isonomie.

 

Bibliographie

- Marie-Claire Amouretti & Françoise Ruzé, Le monde grec antique.

- Lonis, Lacité dans le monde grec.

- Claude Orrieux & Pauline Schmitt-Pantel, Histoire grecque.