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Choisissez une date pour la fin de l'Empire romain !

Discussions et échanges autour de l'antiquité, de l'invention de l'écriture à la fin de l'Empire Romain d'Occident.

Re: Choisissez une date pour la fin de l'Empire romain !

Messagepar antharic » 20 Mar 2017, 23:45

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Messagepar antharic » 21 Mar 2017, 00:39

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Messagepar snob » 22 Mar 2017, 18:01

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Messagepar antharic » 27 Mar 2017, 14:02

1492 est, pour moi, un tournant dans l'histoire européenne - celle qu'il faudra bien écrire un jour - où l'Europe, conquise ( les arabes en Espagne ) ou à la veille de l'être ( les turcs dans les Balkans ), découvre le Nouveau-Monde puis domine le monde entier, quittant son giron méditerranée - Mare Nostrum romain - ...

Bonjour Snob,

En 1492, je ne sais pas si l'Espagne est encore "conquise" par les Arabes (1492: date de la chute du Califat de Cordoue).
Je partage votre analyse selon laquelle la domination européenne prend corps plus tôt qu'on le l'affirme habituellement, avant l'industrialisation et la colonisation - les poncifs habituels nous expliquant que celle-ci a fortement contribué à l'enrichissement de l' Europe , ce qu' infirme par ex l'économiste-historien Paul Bairoch, chiffres à l'appui (Mythes et paradoxes de la Pensée économique).
Par contre, la colonisation a déstabilisé et déstructuré de nombreux pays par la Division internationale du travail("ricardienne" nous dit-on : à vérifier, les pays nouvellement industrialisés exportant toujours beaucoup de produits primaires) qu'elle a instauré.

Des l' époque moderne, les progrès dans les Sciences, la philosophie, les sciences politiques (l'utilisation du Droit romain pour fonder les modes de gouvernement),et même l' économie (l'ébauche des premières théories) font de l'Europe un "cas à part" dans le monde..

Cordialement.
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Messagepar snob » 04 Avr 2017, 19:48

Bonsoir Antharic,

Les Nasrides prennent Grenade, et y établissent un émirat en se soumettant temporairement aux Castillans par le biais d'un serment de vassalité, prêté à Ferdinand III en 1246.

( N.B. : il ne s'agit pas du califat de Cordoue - saccagée par les chrétiens en 1009- )

Cette vassalité devient une capitulation en 1491, effective au 2 janvier 1492 ; au 1er janvier donc l'Espagne n'est pas reconquise.

A cette date, tout n'est pas réglé : les Morisques. ( source : wikipédia )

Le terme « morisque » (de l'espagnol morisco) désigne les musulmans d'Espagne qui se sont convertis au catholicisme entre 1499 (campagne de conversions massives à Grenade) et 1526 (à la suite du décret d'expulsion des musulmans de la couronne d'Aragon). Il désigne également les descendants de ces convertis.

Alors que les mudéjars sont les musulmans vivant sous l'autorité des rois chrétiens pendant la Reconquête de l'Espagne (achevée en 1492 avec la prise de Grenade par Ferdinand et Isabelle, les Rois Catholiques), les Morisques, eux, sont des chrétiens, anciennement musulmans ou descendants de musulmans convertis. Ils ne forment donc pas à proprement parler une minorité religieuse ou ethnique dont les contours seraient clairement définis. Entre la période des conversions initiales (en 1499-1502 pour la couronne de Castille, en 1521-1526 pour la couronne d'Aragon), et l'expulsion générale des Morisques en 1609-1614, plusieurs générations se sont succédé, plus ou moins proches de la culture arabo-musulmane, plus ou moins assimilées à la société majoritaire chrétienne.

Les autorités - et notamment les autorités religieuses - avaient tendance à présenter une image uniforme des morisques, celle d'un groupe resté fortement attaché à l'islam malgré le baptême reçu : elles désignaient généralement les Morisques par référence à cette conversion : "los nuevamente convertidos" (les nouveaux convertis), "les cristianos nuevos de moro" (les nouveaux chrétiens issus de l'islam).

Avec la prise de Grenade et l'intégration, dans la couronne de Castille, de l'ancien émirat de Grenade, plusieurs centaines de milliers de musulmans (peut-être 700 000) passaient sous la domination de souverains chrétiens, Isabelle et Ferdinand.

D'après les accords de reddition (dits "Capitulations") de la ville de Grenade négociés par le roi vaincu Boabdil et les Rois Catholiques en 1491, les musulmans étaient autorisés à conserver leur religion. Mais par la suite, les Rois Catholiques s'attachèrent à repeupler le territoire avec des colons venus de Castille et à imprimer sur la ville la marque de leur autorité, notamment en transformant en églises un certain nombre de mosquées.

Certains membres des élites musulmanes grenadines, conscients des violations dues à la cohabitation, préférèrent s'exiler en Afrique du Nord ; la majorité resta, désignée désormais sous le nom de mudéjars. Les accords de reddition furent plus ou moins respectés tant que dura l'influence de l'archevêque de Grenade, Hernando de Talavera qui s'efforça d'attirer au christianisme les Grenadins musulmans par des moyens non violents (prédication, interdictions diverses).

En 1499, arriva à Grenade l'archevêque de Tolède Francisco Jiménez de Cisneros, confesseur de la reine de Castille Isabelle. Il s'attache à réintégrer dans l'Église les « elches » (chrétiens convertis à l'islam avant la prise de la ville et qui étaient revendiqués aussi bien par l'Eglise que par les musulmans). Les musulmans considérèrent cette entreprise comme une violation des Capitulations.

Craignant l'élimination totale de l'islam et exaspérés par diverses pressions économiques et fiscales, les habitants de l'Albaicin de Grenade, quartier de la ville où les musulmans étaient désormais relégués, se révoltèrent. D'autres foyers de révolte s'allumèrent dans les régions montagneuses de l'ancien royaume de Grenade, contraignant Ferdinand à mener de véritables opérations militaires pour amener la reddition des révoltés.

Au printemps 1501, l'ancien royaume était « pacifié ».

Après la défaite des révoltés, les Rois catholiques décrétèrent l'expulsion des musulmans âgés de plus de 14 ans, d'abord de Grenade puis, en 1502, de l'ensemble de la couronne de Castille. Ainsi les mudéjars des villes castillanes qui vivaient depuis plusieurs siècles pacifiquement sous la domination chrétienne étaient concernés par cette mesure.

Si, officiellement, l'islam n'était plus toléré dans la couronne de Castille après le décret de 1502, il restait encore des milliers de musulmans dans la couronne d'Aragon (royaume d'Aragon, Catalogne, et royaume de Valence). C'est dans cette dernière région qu'ils étaient les plus nombreux, dispersés dans les villes et villages en communautés de tailles diverses. Vivant sous régime chrétien depuis le XIIe siècle, ces mudéjars étaient pour la plupart des paysans. Ils payaient à leurs seigneurs des redevances spécifiques, qui faisaient d'eux une ressource précieuse pour les grands barons valenciens.

En 1520 éclata la révolte anti-seigneuriale dite des "Germanías" menée par les corporations d'artisans de Valence. Durant l'été 1521, les révoltés, utilisant les menaces et les violences et les agressions physiques et mentales, conduisirent les nombreuses communautés de musulmans à accepter le baptême de peur pour leurs vies et celles de leurs familles.

En 1525, Charles Quint, conseillé par une assemblée de juristes et de théologiens, décréta que ces baptêmes étaient valides. Par conséquent, aucun retour en arrière n'était autorisé pour les musulmans convertis pendant les "Germanias".

Plus encore, Charles Quint vit dans cet événement un effet de la Providence divine. Pour remercier Dieu de l'issue favorable de la bataille de Pavie durant laquelle François Ier avait été capturé, l'empereur décréta l'expulsion des musulmans de toute la couronne d'Aragon. Ce décret, qui prenait effet en 1526, conduisit une majorité des musulmans à se faire chrétiens pour éviter l'expulsion.

D'autres, moins nombreux, partirent clandestinement vers l'Afrique du Nord. Désormais, les seuls musulmans tolérés dans la Monarchie catholique (les Etats des rois d'Espagne) étaient les esclaves, qui n'étaient pas concernés par les décrets d'expulsion.

La résistance à l'assimilation catholique :

En effet, à Grenade et Valence, le clergé dénonce, tout au long du XVIe siècle, la persistance de ces pratiques : les Morisques se soumettent extérieurement aux traditions chrétiennes mais conservent entre eux leur culture et tradition d'origine. Cet échec de l'évangélisation est attribué aux carences de l'encadrement paroissial et à la duplicité des Morisques eux-mêmes qui, par la pratique de la taqiyya (dissimulation), conservent intérieurement leur foi musulmane. Les historiens, actuellement, insistent sur la résistance culturelle des Morisques, notamment des femmes.

En 1526, Charles Quint réunit à Grenade une commission d'experts, la Congrégation de la Chapelle royale, qui préconise l'interdiction non seulement des rites musulmans mais aussi de pratiques culturelles telles que la langue arabe, les noms arabes, les signes et ornements islamiques (main, demi-lune), ou encore la amafala, pièce de tissu recouvrant et voilant les femmes...

Avec l'arrivée sur le trône de Philippe II, la situation des Morisques devient insupportable et précaire. Philippe II est décidé à appliquer la Réforme catholique dans ses États et à combattre l'hérésie, que ce soit contre les calvinistes des Pays-Bas ou contre les Morisques de Grenade et de Valence. Un programme d'expulsion, d'extermination et de reconquête de la terre est mis en place dès 1559.

En 1567, des mesures sont prises pour faire perdre aux Morisques leur identité religieuse et culturelle, dans la continuité de celles de 1526 : interdiction du voile, interdiction de la langue arabe et destruction des textes arabes (plus de 400.000 livres et encyclopédies de sciences, médecine, philosophie, astronomie et littérature ont été brûlés)...

Dans la nuit de Noël 1568, un soulèvement s'organise dans le quartier de l'Albaicin à Grenade. Le premier chef de la rébellion est un jeune homme de 22 ans, Hernando de Valor, descendant des Omeyyades, qui prend le nom de Abén Humeya. La révolte gagne toute la vallée de Lécrin puis s'étend à toutes les montagnes de l'Alpujarras.

Des luttes de pouvoir internes conduisent à l'assassinat de Aben Humeya par l'un de ses rivaux et cousin Aben Abou (1570). Celui-ci sera lui-même trahi et assassiné par Gonzalo el Seniz en 1571.

La révolte est écrasée cette même année par Don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles Quint et donc demi-frère de Philippe II. Les Morisques du royaume de Grenade sont alors chassés dans toute l'Espagne.

L'expulsion des Morisques d'Espagne est promulguée par le roi Philippe III d'Espagne le 22 septembre 1609 qui signifie l'abandon des territoires espagnols par les Morisques, descendants des populations musulmanes converties au christianisme par le décret des rois catholiques du 14 février 1502.

Le déroulement de l'expulsion dans l'ensemble des royaumes espagnols se prolonge jusqu'en 1614.

Après l'accession au trône de Philippe IV en 1621, la politique de harcèlement des Morisques se termine et l'Inquisition donne l'ordre en 1628 de ne plus déranger les nombreux Morisques qui retournent des terres africaines, sauf « en cas de scandale ».

La grande majorité des Morisques expulsés s'établit dans la côte du Maroc et de l'Algérie et la Tunisie. D'autres arrivent à retourner en Espagne dans les années après l'expulsion, surtout en raison de la réception hostile au Maghreb.

:!: Au Maroc, les Morisques de Hornachos qui ont négocié leur expulsion et quittent l'Espagne avec leurs armes et possessions fondent la République de Salé qui reste une communauté culturellement indépendante jusqu'au XVIIIe siècle.

On appelle également parfois ce petit État « République des pirates du Bou Regreg », car il s'agissait effectivement d'une association de pirates, ou tout au moins de corsaires.

Née de l'arrivée des musulmans (habitants d'Hornachos tout d'abord, puis Morisques andalous) expulsés par décision du roi d'Espagne, cette communauté de pirates, à l'abri des attaques derrière les hauts-fonds protégeant l'entrée de l'embouchure du Bouregreg, prospéra en attaquant des navires et en effectuant des raids jusqu'en Cornouailles, et même en Islande. Elle laisse au Royaume-Uni le souvenir des Sallee Rovers (« les écumeurs des mers de Salé »), comme en témoignent les aventures de Robinson Crusoé, captif des corsaires de Salé.

Cordialement

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P.S. : propositions d'autres dates :

vers 1450 : invention de l'imprimerie par Gutenberg.

1512 : Vasco Núñez de Balboa fonde la première colonie sur le continent américain, dans l'actuel Panama et découvre le Pacifique.

1522 : première circumnavigation à l'initiative de Fernand de Magellan et terminée par Sébastian Elcano.

1529 : échec du siège de Vienne par les Turcs.
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Messagepar antharic » 05 Avr 2017, 21:06

....merci de m'avoir corrigé, il s'agit bien de Grenade et non de Cordoue. :oops: ;)

Cordialement.
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Messagepar snob » 08 Avr 2017, 13:01

Bonjour Antharic,

Je ne souhaitais ni ne souhaite vous " corriger ", c'est pour celà que j'ai mis la "N.B. " entre parenthèses.

De plus, deux choses :

- vos observations précédentes m'amènent vers la proposition d'autres dates que celle de 1492 pour la chute de l'Empire Romain...la piste de l'imprimerie vers 1450 me semblant maintenant plus judicieuse pour clore la période de l'Antiquité débutée...par l'invention de l'écriture !

-immanquablement, écrire des posts m'exposera à faire des erreurs et j'espère que je ferai preuve d'autant d'humilité que vous...

Cordialement

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