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mode treyJuliette Trey, ancienne conservatrice au Château de Versailles, fait le point sur la mode à la cour de France à la fin du XVIIIe siècle, une question plus complexe qu'il n'y paraît à première vue et sur laquelle manquait une synthèse sérieusement faite.

 

La mode à la cour de Marie-Antoinette voilà un beau titre à vocation commerciale, Marie-Antoinette semblant être une valeur sûre pour les ventes. Seulement, étant donné le rôle très limité de la reine de France au XVIIIe siècle, cela n'a pas vraiment de sens. Il s'avère également trompeur puisqu'il pourrait laisser entendre que l'ouvrage ne traite que du costume féminin. Heureusement, cette fâcheuse première impression n'est pas confirmée par le contenu du livre. Il s'avère être la synthèse tant attendue sur le costume à la cour de France à la fin du XVIIIe siècle. Son grand format, inhabituel, rappelle les gazettes de mode de l'époque. Il permet un usage de l'image très pédagogique puisque l'on peut apprécier plus aisément les détails des costumes évoqués dans le texte.

La valse des atours

Sous Louis XVI, la mode devient un important enjeu économique, ce qui justifie une diversification progressive du costume de l'aristocratie, plus particulièrement pour les femmes.

Depuis Louis XIV, c'était le grand habit qui faisait figure d'habit de cour par excellence. Or, rien que sur ce sujet, il n'existait pas de synthèse accessible au grand public. Si ce grand habit reste d'actualité pour les grandes cérémonies de la cour sous Louis XVI, il est de plus en plus mis en concurrence avec la robe à la française et, pour les moments d'intimité, avec des robes aux formes de plus en plus variées : à la polonaise, à la turc, à l'anglaise, les lévites... De même, les matières utilisées sont tout aussi diversifiées, le brocart d'or et d'argent cédant le pas à taffetas et des cotonnades. Ce sont surtout les marchandes de modes, ayant pour tâche d'orner les robes et de fournir les accessoires, qui deviennent les grandes gagnantes de ce renouvellement du marché.

L'habit masculin, quant à lui, est exposé à des modifications de moindre ampleur mais il est à noter que l'habit à la française, plus ou moins habillé, se maintient alors que, dans la plupart des cours européennes c'est l'uniforme qui tend à s'imposer. Le frac, venant d'Angleterre, devient cependant également d'usage de plus en plus courant pour des événements informels.

Grâce à cet ouvrage, on saisit mieux quel type de vêtement correspondait à telle ou telle circonstance, quelle logique présidait aux divers changements de costume au cours d'une journée. Il se révèle donc éclairant sur bien des points.

Notre avis

La mode à la cour de Marie-Antoinette est à la fois un ouvrage plaisant pour le public curieux du XVIIIe siècle et pour l'historien de la cour cherchant à préciser ses connaissances sur l'histoire du costume. Une pointe de regret cependant, on aurait aimé qu'il se complète d'une approche un peu plus économico-sociologique puisqu'il s'agit d'un champ de la recherche sur le costume actuellement en pleine vigueur.

La mode à la cour de Marie-Antoinette, Juliette Trey, Editions Gallimard, Paris, 2014.