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histoire des services secrets tome 1.jpgLa première préoccupation des innombrables serviteurs de l’État consiste à en assurer la sécurité et à en défendre les intérêts. Toutefois, une défense réellement efficace ne supporte pas la publicité. Pour cette raison, l’État s’est doté, dès son apparition, de structures particulières cultivant le secret autour de leurs activités. Mais ces différentes organisations ne sont pas de simples rouages de la mécanique étatique que ses serviteurs actionneraient tels de vulgaires leviers. Elles sont l’État lui-même. Sa fraction invisible. L’État visible, vous le connaissez déjà, inutile de le présenter ici. L’État invisible, par contre, vous n’en savez que ce que l’on daigne bien vous en dire. Une injustice que ce livre entend réparer.

 

Prérequis

Mais tout d’abord, il convient de débarrasser le lecteur des préjugés tenaces concernant les services secrets et véhiculés à dessein par la littérature, le cinéma, la presse, la Télévision, les intellectuels et autres « spécialistes de la question ».

Ainsi, dans l’objectif affiché de fournir à ce même lecteur les prérequis nécessaires à la pleine compréhension de l’ouvrage et de son objet d’étude, j’ai commencé par examiner le mot « secret » sous un angle étymologique et historique, entreprise riche en surprises de taille puisqu’elle révèlera, entre autres, la signification insoupçonnée de la fameuse « hand-in-waistcoat », ou « main cachée », exposant ainsi de nombreux agents d’influence de l’État invisible œuvrant à travers les siècles.

Toujours dans le cadre de cette introduction, est ensuite évoquée la symbologie. Par ce dernier mot, j’entends surtout ce qui, en un langage symbolique, évoque, exprime et figure le mieux les services de renseignement au sens élargi du terme, soit l’État invisible. Ce qui nous permettra de découvrir que les membres des services secrets ont utilisé le « surnaturel », telle la couverture idéale, pour dissimuler leurs activités clandestines aux yeux du peuple profane, durant des siècles, sinon des millénaires, et ce sous toutes les latitudes. Révélation majeure, s’il en est, qui en amènera d’autres plus surprenantes encore.

Enfin, plongeant plus profond dans le terrier du lapin, je suis parvenu à établir une liste quasi exhaustive de marqueurs biographiques qui, cumulés chez un même individu, trahissent presque à coup sûr son appartenance à l’État invisible. Parmi une légion d’exemples, celui du gendarme Arnaud Beltrame.

Ainsi, cette Histoire des services secrets ne figure pas seulement un livre d’histoire stricto sensu, mais bel et bien un véritable mode d’emploi destiné à faire pénétrer le lecteur au cœur du fonctionnement des services de renseignement du monde entier, de leur étonnant lieu de naissance jusqu’à nos jours, en France et ailleurs, des Kennedy à l’affaire Benalla, de Moscou aux attentats du 11 septembre. Plus qu’un récit palpitant riche en informations sensibles et inédites, cet ouvrage vous révèlera quelle élite dirige vraiment notre planète, de quelle manière et comment s’en prémunir. 

Origines des services secrets

De la genèse des services de renseignement, inséparable de celle de l’État, il est naturellement question dans la première partie de ce livre. Je propose ainsi un véritable retour aux sources, dès les temps préhistoriques, où l’on apprend que la collecte de renseignements par l’espèce humaine remonte au fond des âges et sert de bases à l’État invisible qui voit le jour à Sumer, voici près de six mille ans. Au passage, cette incroyable antiquité des services secrets explique leur puissance actuelle et constitue une information sensible tant elle permet de lever le voile sur nombre de leurs caractéristiques cachées.

histoire des services secrets tome 1.jpgDepuis la Basse-Mésopotamie, les serviteurs de l’État invisible sont vraisemblablement à l’origine de l’invention de l’écriture et, sous leur égide, la nouvelle forme de gouvernement qu’est l’État essaime au Moyen-Orient, de même que d’autres systèmes d’écriture, les deux phénomènes étant intimement liés.

Après une halte en Égypte, évoquant la fonction occultée des pyramides de l’Ancien Empire et la complexité des services de renseignement sous le Nouvel Empire, cette fois, le lecteur a l’opportunité de découvrir combien l’Ancien Testament regorge d’informations historiques sur les services secrets égyptiens et hébreux. Ceci posant la question de l’excellence des juifs de l’Antiquité en matière de renseignement et la possible utilisation par leur élite du réseau international de parenté ethnique que constitue ensuite la Diaspora juive européenne au Moyen Âge, comme d’un réseau d’espionnage à l’échelle continentale.

L’Asie n’est pas oubliée non plus, puisque cet ouvrage fait aussi la part belle aux redoutés agents secrets chinois et aux « Invisibles » de l’Inde antique. Puis de conclure en décrivant le fonctionnement précis des services secrets d’Assyrie et de l’Iran ancien jusqu’à ceux de Carthage et de l’Empire parthe, en passant par les contrées de l’Égypte ptolémaïque et, bien sûr, celles de Rome où le lecteur verra bientôt d’un tout autre œil les tenants et aboutissants du fameux épisode des oies du Capitole. 

Portraits de fantômes

La deuxième partie de ce livre, la plus dense, propose une série de portraits biographiques, de Pythagore, voici deux millénaires et demi, à Adolf Hitler, au siècle dernier. Mais pourquoi parler de « fantômes », ici ? Dans le jargon de la communauté du renseignement, le terme argotique de « spook », qui désigne d’ordinaire un revenant, un fantôme, une apparition spectrale, est utilisé pour qualifier un « espion ». Au total, une soixantaine de portraits se répondant souvent les uns les autres. Et pour cause, puisqu’il s’agit-là d’éminents agents d’influence de l’État invisible dont les actions, héroïques ou sanglantes, publiques ou, à l’opposé, occultes, marquèrent de leur empreinte l’histoire du genre humain tout entier. Le lecteur sera ainsi invité à regarder sous un jour nouveau les vies de personnages historiques tels que Jules César, son adversaire arverne Vercingétorix, ou encore Judas Iscariote, dont l’appartenance aux services secrets de l’État d’Israël sous occupation romaine ne fait désormais plus aucun doute. Celles encore de Geneviève de Paris, du général arabo-musulman Khalid ibn al-Walid à qui l’Islam doit tant, du savant Al-Kindi, de l’explorateur Marco Polo, de Jeanne d’Arc, l’une de nos icônes nationales, et de Guillaume de Nogaret, ce qui permet une relecture inédite de la fin de l’ordre des Templiers.

Rien n’a été omis, non plus, du rôle majeur joué par les serviteurs de l’État invisible dans l’inquisition espagnole, avec la tragique figure de Tomás de Torquemada, dans la conquête des Amériques, à travers l’énigmatique Christophe Colomb, ou pendant la réforme protestante due à Martin Luther.

Enfin, l’historien chevronné comme le simple curieux seront fort étonnés de découvrir parmi ces agents d’influence des personnalités aussi diverses que Michel de Nostredame, alias Nostradamus, la reine Élisabeth Ire d’Angleterre, mais également l’illustre Molière, le philosophe Karl Marx, l’écrivain Edgar Allan Poe ou encore l’insaisissable tueur en série Jack l’Éventreur.

Le Truman Show

Ce qui nous amène à la troisième partie de ce livre et aux révélations les plus dramatiques, car touchant à notre mémoire immédiate. Ainsi en est-il de la responsabilité de nombre de services de renseignement dans l’avènement du bolchevisme en Russie ou celui du nazisme, et leur participation active dans la planification puis l’exécution de la Shoah.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le lecteur saisira pourquoi je parle ici de « Truman Show », dévoilant des faits à peine croyables sur la façon dont les États-Unis sont administrés par ce qu’il convient d’appeler un gouvernement de l’ombre niché au cœur même de l’État invisible américain.

Il sera encore question des conseillers occultes, et la figure improbable d’un Alexandre Benalla de ressurgir brutalement à cette occasion. Ce parmi tant d’autres sujets évoqués dans les derniers chapitres de cet ouvrage, parmi lesquels, pêle-mêle, le fameux « club des 27 » et ce qui se dissimule derrière sa légende, la manière dont les services secrets infiltrent les oppositions, montent des canulars judiciaires ou envahissent l’industrie du divertissement pour y exercer un contrôle de plus en plus fort, efficace et coercitif sur et à l’encontre des masses endormies que ce livre se donne pour objectif de réveiller. Et telle une gageure, cet ouvrage se termine sur une note d’humour avant d’ouvrir sur une conclusion proposée sous la forme audacieuse d’un urgent « Que faire, maintenant ? » 

 

Par bien des aspects, ce livre est unique, tant sur le fond que sur la forme. Ceci tient à au moins une raison, simple et facile à comprendre. En effet, contrairement à nombre de mes confrères historiens, je ne suis pas membre de l’État invisible, ce qui signifie que je ne suis nullement tenu par quelque clause de confidentialité ou de non-divulgation. Je ne suis pas contraint de désinformer, de mentir ouvertement, ou de pécher par omission. Simplement de vous révéler la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, de vous dire ce que je sais, et ce que je tiens pour vrai ou plausible, vous offrant là une méthode prête à l’emploi, qui, vous le constaterez par vous-même, a fait ses preuves, afin de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Histoire des services secrets : Le théâtre d’ombres du réel, de Marc Legrand.