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Guerre de Sécession : retour sur le Bull Run (1/7)

jacksontj1oLes combats acharnés des « Sept Jours » (25 juin – 1er juillet 1862) avaient mis un terme au blocus de Richmond par l’armée nordiste du Potomac, mais n’avaient pas fait cesser toute activité dans la Péninsule. Le mois de juillet fut marqué par une série de reconnaissances et d’accrochages mineurs autour de Harrison’s Landing, où les hommes de McClellan s’étaient retranchés après leur retraite.

Le général nordiste s’estimait toujours menacé par un ennemi supérieur en nombre, et réclamait à cors et à cris de nouveaux renforts. De son côté, l’armée de Virginie septentrionale du général Lee se voyait risquer d’être prise entre deux feux, entre l’armée du Potomac d’une part, et l’armée nordiste de Virginie, déployée dans le nord de l’État et commandée par Pope, d’autre part.

Les leçons des Sept Jours

Juillet fut également une période de réorganisations importantes pour les deux belligérants. Décidant de généraliser l’emploi des corps d’armée, Lincoln en créa trois nouveaux le 22 juillet, et un quatrième un peu plus tard. Ainsi virent le jour le VIIème Corps, confié à John Dix et opérant autour de Norfolk, sur la rive méridionale de l’estuaire de la James ; le VIIIème, commandé par John Wool et protégeant la zone – hautement stratégique – de la vallée du Potomac ; le IXème, aux ordres d’Ambrose Burnside, englobant les troupes stationnées le long des côtes de Caroline du Nord ; et le Xème, regroupant les forces opérant en Caroline du Sud et en Géorgie, et dont Ormsby Mitchel prendra le commandement. Mitchel mourra de la fièvre jaune en octobre. Il sera remplacé par Quincy Gillmore.

Lhalleck1w’armée de Virginie fut elle aussi organisée en corps, mais aucun des trois qui furent constitués à cette occasion n’allait être numérotés de la même manière que les autres corps d’armée de l’Union. Ainsi, l’ancien département de la Montagne, désormais commandé par Franz Sigel, allait devenir le 1er Corps de l’armée de Virginie. Les forces de Banks allaient constituer le 2ème. Quant à ce qui était jusque-là le Ier Corps d’armée de McDowell, il allait être renuméroté pour constituer le 3ème… Par commodité, on désignera ici les corps de l’armée de Virginie par des chiffres arabes, et les autres corps nordistes par des chiffres romains. Cette disposition, du reste, n’allait être que transitoire. Enfin, Lincoln nomma Henry Halleck, chargé jusque-là de coordonner les forces fédérales dans l’Ouest, au poste de commandant en chef des armées nordistes – clôturant ainsi un hiatus de quatre mois et demi, depuis que McClellan avait quitté cette fonction en mars.

Dans le camp sudiste, on allait aussi procéder à une importante réorganisation au sein de l’armée de Virginie septentrionale. Prenant enfin le temps de tirer les leçons de Seven Pines et des Sept Jours, le général Lee simplifia grandement sa chaîne de commandement. Il en profita pour faire le ménage parmi ses subordonnés, écartant ceux qui avaient montré leurs limites aux cours des combats précédents. Holmes fut placé à la tête du département militaire d’Outre-Mississippi, avec Huger comme inspecteur général de son artillerie – prestigieux placard ! Magruder fut également mis sous les ordres de Holmes, en tant que chef du district militaire du Texas, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona. Quant à Whiting, au moins échappa-t-il à un poste lointain puisqu’il fut affecté à la défense de Wilmington, en Caroline du Nord. Par ailleurs, les nombreuses divisions de l’armée de Lee furent réparties entre deux ailes, la gauche étant confiée à Jackson et la droite à Longstreet.

pope1wDès son arrivée sur le terrain, mi-juillet, John Pope s’aliéna la population virginienne par une série d’ordres qui la visait directement. L’armée de Virginie était confrontée aux agissements sporadiques de partisans confédérés, qui faisaient peser sur ses camps et ses lignes de ravitaillement une menace diffuse, mais permanente. Pope y réagit en ordonnant à son armée de vivre autant que possible sur le pays – disposition qui, deux ans plus tard, allait être courante, mais qui était encore nouvelle, et relativement choquante, en 1862. Faisant porter à la population locale la responsabilité des attaques des partisans, Pope ordonna que des réparations soient prélevées sur les biens des civils. Cette disposition génèrera tellement d’abus que Pope sera contraint de mettre en place des patrouilles pour arrêter les soldats nordistes qui se seraient livrés au pillage. Parallèlement, il obligea les civils à prêter un serment d’allégeance à l’Union, sous peine d’être chassés de leurs domiciles – les bannis risquant l’exécution sommaire s’ils revenaient.

Pope se fit également détester de nombre de ses officiers et d’une partie de ses soldats. Le 14 juillet 1862, il adressa à l’armée de Virginie une proclamation orgueilleuse qui, contrairement aux espérances de son auteur, n’était pas faite pour remonter le moral de l’armée. On pouvait y lire : « Je suis venu à vous de l’Ouest, où nous avons toujours vu les dos de nos ennemis ; d’une armée dont la tâche était de chercher l’ennemi et de le vaincre où qu’il se trouvait ; dont la stratégie était l’attaque et non la défense. […] D’ici là, je désire que vous écartiez de vos esprits certaines phrases, que je suis au regret de trouver à ce point en vogue parmi vous. J’entends constamment parler de "s’installer sur des positions solides et les tenir", de "lignes de repli" et de "bases de ravitaillement". Abandonnons de telles idées. […] Regardons devant nous, et non derrière. Le succès et la gloire sont à l’avant, le désastre et la honte rôdent à l’arrière. » Pourtant, le général nordiste n’allait pas tarder à connaître son lot de désastre et de honte.

hatchjp1qL’heure du choix

Le jour même où Pope édictait sa funeste proclamation, il ordonna à son armée de marcher vers le sud. En cela, il ne faisait qu’appliquer les instructions de Lincoln. Le président nordiste entendait bien apporter à McClellan l’aide que celui-ci réclamait. Le but de la manœuvre était, dans un premier temps, d’attirer Lee loin de Harrison’s Landing, d’où McClellan pourrait alors de nouveau menacer Richmond. Parallèlement, le IXème Corps nouvellement créé irait renforcer l’armée de Virginie, ne laissant en Caroline du Nord que le strict minimum en troupes. À terme, les deux armées fédérales devraient pouvoir se rejoindre devant Richmond, totalisant un effectif de 140.000 hommes environ – 50.000 pour Pope, 90.000 pour McClellan. Lee, pour sa part, disposait de moins de 80.000 soldats, mais heureusement pour lui, ses adversaires l’ignoraient.

L’objectif des Nordistes était le nœud ferroviaire de Gordonsville, où ils pourraient couper la voie ferrée qui reliait Richmond au centre de la Virginie – le Virginia Central Railroad. Lee fut informé très tôt des mouvements ennemis. Il envoya sur place Jackson, avec les divisions Winder (quatre brigades) et Ewell (trois brigades) et une brigade de cavalerie commandée par Beverly Robertson, pour un total de 14.000 hommes. Ces forces atteignirent Gordonsville le 19 juillet, trois jours avant que l’avant-garde nordiste (la brigade de cavalerie de John Hatch) n’y parvienne. N’étant pas en mesure ne serait-ce que de détruire une petite portion de chemin de fer, les cavaliers bleus se replièrent promptement – ce qui valut à Hatch d’être aussitôt transféré dans une unité d’infanterie.

virginie_debut_aoutLa situation en Virginie, fin juillet - début août 1862 (annotations de l'auteur sur une carte du Center for Military History de l'armée des États-Unis) :

1) 19 juillet : Jackson arrive à Gordonsville.

2) 22 juillet : prise de vitesse, la cavalerie nordiste de Hatch rebrousse chemin.

3) 26 juillet : Mosby informe Lee du transfert du IXème Corps de Burnside vers Aquia Creek.

4) 27 juillet : Lee envoie la division A.P. Hill renforcer Jackson en prévision d'une offensive.

5) 3 août : l'armée du Potomac commence à évacuer ses malades et ses blessés.

6) 7 août : Pope ordonne à ses trois corps d'armée de se concentrer à Culpeper.

7) 9 août : Banks et Jackson se rencontrent à Cedar Mountain, les Sudistes l'emportent. Jackson se replie peu après.

8) 13 août : certain que McClellan n'attaquera pas, Lee se met en route vers Gordonsville avec le reste de son armée.

9) 14 août : l'armée du Potomac commence à quitter la Péninsule.

10) Le IVème Corps reste sur place afin de protéger la forteresse Monroe.

 

ColonelJohnSMosbyPortraitToutefois, ce mouvement avait permis de découvrir que l’armée confédérée était, au moins en partie, loin de Richmond. Ordre fut donc donné à McClellan de profiter de la situation en reprenant l’offensive contre la capitale sudiste. Mais le général objecta qu’il manquait de troupes pour cela, réclamant 50.000 hommes de plus pour être en mesure de passer à l’attaque. Lorsqu’il devint clair que McClellan ne bougerait pas, Lincoln et Halleck décidèrent de mettre un terme à l’infructueuse campagne de la Péninsule. Le 3 août, l’armée du Potomac reçut l’ordre de se préparer à quitter Harrison’s Landing pour Williamsburg. De là, elle serait transportée par bateau jusqu’à Aquia Creek, sur le Potomac, en aval de Washington. Seul le IVème Corps resterait dans la Péninsule pour protéger la forteresse Monroe.

De son côté, Robert Lee se trouvait face à un choix crucial. L’avancée de Pope, même timide, lui offrait une occasion tentante en mettant à sa portée l’armée de Virginie. D’un autre côté, l’armée du Potomac représentait toujours une menace, même si Lee doutait que McClellan fût désireux lui aussi d’attaquer. Emmener son armée loin de Richmond, la laissant exposée aux forces de McClellan, représentait malgré tout un risque non négligeable. Le 26 juillet, Lee reçut une information capitale de la part d’un officier de cavalerie, un des meilleurs éclaireurs du général Stuart, le capitaine John Singleton Mosby. Ce dernier avait été capturé peu de temps auparavant, mais venait d’être libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers. Expert en renseignement, Mosby avait noté, sur le bateau qui le ramenait jusqu’aux lignes sudistes, de nombreux navires de transports remontant le Potomac et la baie de Chesapeake. Il en déduisit que Pope était en train d’être renforcé par des troupes transférées de Caroline du Nord, déduction qui s’avéra correcte.

banks3wCes éléments s’avérèrent décisifs. Si Lee frappait l’armée de Virginie avant qu’elle ne soit renforcée par le IXème Corps, il avait une chance de la détruire. Certes, il prenait un risque en quittant Richmond. Mais s’il y restait pour y attendre que Pope et McClellan viennent l’attaquer de concert, il n’aurait pratiquement aucune chance de l’emporter. Il opta donc pour l’offensive. Dès le 27 juillet, il envoya la division d’A.P. Hill, sept brigades et 10.000 hommes, renforcer Jackson. Lee multiplia les reconnaissances pour s’assurer que McClellan n’allait pas bouger, ce qui devint de plus en plus probable après le 3 août, lorsque l’armée du Potomac commença à évacuer ses blessés et ses malades. Toutefois, la confirmation définitive ne viendrait qu’avec le départ des premières troupes nordistes, le 14 août.

L’armée de Virginie n’avait pas pour seule mission de marcher sur Gordonsville. Elle devait également couvrir les abords de Washington et garder le contrôle de la vallée de la Shenandoah. Pour cette raison, ses différentes composantes étaient très dispersées. Le 1er Corps campait non loin de Front Royal, dans la Vallée. Le 2ème était un peu plus à l’est, dispersé entre Little Washington et Culpeper. Le 3ème était en revanche beaucoup plus éloigné, étant resté autour de Fredericksburg. Pope se vit renouveler l’ordre de marcher sur Gordonsville, cette fois pour détourner l’attention des Confédérés pendant que McClellan évacuait Harrison’s Landing. Le 6 août, Pope fit converger ses forces sur Culpeper, d’où il marcherait ensuite en direction de Gordonsville.

augur1rLa bataille de Cedar Mountain

Ses ordres, toutefois, ne furent pas exécutés comme ils auraient dû l’être. Sigel perdit toute une journée à demander confirmation de ses instructions à son supérieur, et par quelle route il devait marcher sur Culpeper – alors qu’il n’y en avait qu’une seule. Tant et si bien que le 1er Corps n’allait jouer aucun rôle dans l’engagement à venir. Quant au 3ème Corps, il serpentait sur les routes difficiles qui longeaient le Rappahanock, emmené par la division de James Ricketts. Banks, pour sa part, peina pour réunir ses propres forces. Le 8 août, il n’avait à Culpeper que 8.000 hommes à peine : la division de Christopher Augur, forte de trois brigades, et une fraction – deux brigades – de celle d’Alpheus Williams.

Bien renseigné par les partisans et la population locale, Jackson fut rapidement informé de la concentration en cours. Cette fois reposé et revenu de l’apathie qui avait été la sienne durant les Sept Jours, il n’hésita pas et décida d’attaquer Banks avant que le reste de l’armée nordiste ne le rejoigne à Culpeper. Le 7 août, il se mit en marche vers le nord avec le gros de ses forces, environ 17.000 hommes. Averti par ses piquets de cavalerie, Banks apprit bientôt que son ennemi lui était très supérieur en nombre. Comprenant qu’il n’avait aucune chance de l’emporter s’il demeurait sur la défensive, le général nordiste opta pour une solution téméraire : partir à la rencontre de Jackson. Banks avait d’autres motivations : battu à plates coutures par Jackson à Front Royal et à Winchester deux mois et demi plus tôt, il brûlait de prendre sa revanche. Sa décision était indubitablement audacieuse, et elle faillit réussir.

cedar-mountain-august-9-4Bataille de Cedar Mountain, 9 août 1862. Carte du Civil War Preservation Trust.

 

Le 9 août, les troupes nordistes partent vers le sud-ouest. Alors qu’ils progressent lentement en direction de Culpeper, les Confédérés établissent le contact, dans l’après-midi, avec des éléments de la cavalerie fédérale déployés aux abords de Cedar Mountain, une hauteur qui domine les environs. La brigade de tête, celle de Jubal Early, ne les repousse que pour constater que derrière eux, l’artillerie nordiste est présente en force. Early s’installe le long d’un chemin reliant la ferme Crittenden à la maison d’un certain révérend Slaughter – un patronyme qui veut aussi dire « massacre » en anglais. Devant les Sudistes s’étend un vaste champ de blé moissonné qui descend en pente douce vers un petit ruisseau, le Cedar Run. Ewell envoie le reste de sa division – les Tigres de la Louisiane et la brigade Trimble – s’installer à sa droite sur Cedar Mountain, manœuvre qui prendra un certain temps.

williamsas9rLa division Winder, pendant ce temps, vient se placer à la gauche d’Early : entre la brigade de William Taliaferro et celle de Thomas Garnett, Winder installe son artillerie, et cette dernière engage aussitôt un duel soutenu avec sa contrepartie nordiste. Alors que le général sudiste est en train de superviser le placement de ses batteries, un obus yankee explose juste à côté de lui. Tout le côté gauche de son corps est affreusement déchiqueté, des blessures auxquelles Winder ne survivra que quelques heures. Taliaferro le remplace, mais il n’est pas au courant des plans de Jackson et constate que la division n’est pas encore prête : la brigade Stonewall est en retrait, le flanc de la brigade T. Garnett est sans protection, et la division d’A.P. Hill est encore plus loin en arrière. C’est précisément le moment que choisit Banks pour lancer son attaque.

À 17 heures, la division Augur commence à traverser le champ qui la sépare des brigades Early et Taliaferro. La petite brigade de George Greene ayant été laissée en réserve pour couvrir l’aile gauche nordiste, l’attaque est menée par celles de John Geary et Henry Prince. La détermination de l’assaut surprend les Confédérés, qui commencent à reculer. Toutefois, à mesure que les Fédéraux progressent, ils se retrouvent en proie aux feux croisés de l’artillerie placée aux deux extrémités de la ligne sudiste. Les canons qui vident sur eux leurs boîtes à mitraille font des ravages parmi les Bleus, les pertes s’accumulent, Augur lui-même est blessé ainsi que ses deux commandants de brigade. Early parvient à rallier ses hommes et l’attaque, finalement, est repoussée.

Il en va différemment sur l’aile gauche sudiste. La division Williams est passée à l’attaque elle aussi, mais sa progression a été couverte par la forêt et la configuration du terrain. Lorsqu’elle émerge du sous-bois, elle est déjà dangereusement proche de la brigade T. Garnett. Pendant que Samuel Crawford l’assaille de front, George Gordon se lance dans un mouvement de flanc qui réussit, personne n’étant là pour couvrir la gauche sudiste. La manœuvre surprend les défenseurs, qui tentent de résister comme ils le peuvent. On en vient au corps à corps. Les Fédéraux ont le dessus et la brigade sudiste déroute. La panique se propage à la brigade Stonewall, qui vient juste d’arriver et n’est pas encore prête. Jackson doit faire reculer son artillerie pour éviter qu’elle ne soit submergée, puis il entreprend de rallier ses troupes. Brandissant une épée rouillée faute de servir et restée pour cette raison coincée dans son fourreau, le fantasque général sudiste parvient à produire l’effet escompté sur le moral de ses hommes.

thomase2qLa brigade Stonewall reformée parvient ainsi à repousser l’assaillant, et de chassée devient chasseresse. Ce faisant, elle se retrouve bientôt isolée et contre-attaquée à son tour, mais la gauche confédérée est sauvée. La division A.P. Hill a eu le temps d’arriver, et Jackson va l’employer au mieux pour changer le cours de la bataille. La division Williams ne tarde pas à être brisée derechef dans son élan par les brigades de James Archer et Dorsey Pender. Early et Taliaferro passent à l’attaque avec le soutien d’Edward Thomas sur leur droite. La division Williams en pleine retraite laisse exposé le flanc droit de celle d’Augur, qui est finalement assaillie par la brigade Branch. La défaite nordiste sera consommée lorsque Trimble, descendant de Cedar Mountain, repoussera la brigade Greene. À 19 heures, Banks est en pleine retraite. Le sacrifice d’un détachement de cavalerie nordiste lui permet de gagner quelques précieuses minutes et d’échapper à la destruction. L’arrivée tardive de la division Ricketts, vers 22 heures, met un terme à la poursuite.

Apprenant par des prisonniers que l’armée de Virginie est sur le point de se regrouper à Culpeper, Jackson n’insiste pas. Plutôt que de courir le risque de faire face à un ennemi supérieur en nombre, il se retire jusqu’à Gordonsville le 12 août. Jackson a perdu environ 1.300 hommes, Banks 2.400 dont 600 prisonniers, parmi lesquels le général Prince. Ce sont là des pertes très élevées pour un engagement de cette échelle, un combat de deux heures et une poursuite de trois. Échaudé par l’attaque de Jackson, Halleck ordonne à Pope de se mettre en position défensive et lui envoie des renforts : 7.000 hommes aux ordres de Jesse Reno, qui constituent l’avant-garde du IXème Corps. De son côté, Lee ne reste pas inactif. Le 13 août, il quitte Richmond avec le corps d’armée de Longstreet, ne laissant pour défendre la capitale que les divisions McLaws et D.H. Hill. Ce qui allait par la suite être appelé « campagne de Virginie du Nord » pouvait commencer.

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