Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Histoire Universelle Histoire et alphabet : l'épigraphie grecque

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

Histoire et alphabet : l'épigraphie grecque

image-illustration-debutDans l'Antiquité grecque, il existait des archives qui avaient pour support des papyrus. Ces archives servaient à l'administration, aux politiques, et parfois même aux historiens de l'époque. Malheureusement, ces archives n'existent plus aujourd'hui. Elles ont été détruites. De nos jours, nous pouvons étudier les inscriptions de l'époque qui sont encore visibles aujourd'hui, des fois par fragments. Sur de la pierre, du marbre, ou autres matériaux, les grecs écrivaient dans un style bien précis. Ces inscriptions parfois très bien conservées nous sont parvenues et c'est le rôle de l'épigraphie que de les étudier. Ainsi peut-on définir l'épigraphie comme la science qui étudie les inscriptions gravées. Nous esquisser quelques aspects de cette science dont les spécialistes sont les épigraphistes.


 

Les débuts du grec ancien

Il faut avant tout savoir que la prononciation actuelle du grec ancien est dite prononciation érasmienne et fût inventée à la Renaissance. Elle a pour but de retrouver la prononciation antique de l'époque de Périclès. Le grec moderne d'aujourd'hui a une prononciation bien différente, ce qui prête parfois à confusion.

Toutes les inscriptions sont en majuscule. Les minuscules grecques que l'on trouve aujourd'hui dans le grec moderne ou dans certains écrits de grec ancien sont une invention des byzantins, de même que les règles d'accentuation. Il n'y a pas d'espace entre les mots, on parle de scriptura continua, et il n'y a donc pas de ponctuation. C'est à celui qui lit l'inscription de séparer les différents mots.

alphabet-phenicien-grecL'alphabet grec naît sans doute dans le VIIIe siècle avant notre ère. L'alphabet grec est imité de l'alphabet phénicien, une langue sémitique. On trouve de nombreuses similarités en comparant les deux alphabets et il ne fait aucun doute que l'apport supplémentaire des grecs dans l'alphabet phénicien a été d'introduire les voyelles. La langue phénicienne ne comptait pas de voyelle, comme la plupart des langues sémitiques d'ailleurs.

La plus ancienne inscription grecque trouvée est la coupe de Nestor, datée d'environ 750 avant notre ère et localisée sur l'île de Pithécusse (baie de Naples). Selon la majeure partie des spécialistes, l'alphabet grec aurait été inventé vers -800 suite aux contacts entre grecs et phéniciens. Les zones de contacts entre les deux peuples étaient multiples et la plus probable est celle du comptoire d'Al-Mina au nord du Liban. Viennent ensuite Chypre et l'île de Crête, sans oublier Rhodes et la baie de Naples.

A l'origine, l'alphabet grec avait une fonction essentiellement littéraire : il s'agissait de faire passer la poésie orale à un stade écrit. C'est la thèse la plus répandue chez les historiens d'aujourd'hui. Est également invoquée une raison commerciale : dans une période de développement des échanges, il y aurait peut-être eu une raison économique pour les marchands grecs. Enfin, troisième possibilité, c'est celle du besoin d'un outil pour exercer l'administration dans les cités. Vers -800, naissent les cités. Ces trois raisons ont pu se compléter.

Evolution des alphabets et prononciation

alphabet_grecAujourd'hui, quand nous lisons du grec ancien, nous avons des majuscules et des minuscules. Nous venons de voir que les minuscules sont une invention de la Renaissance. Dans le cas de l'épigraphie, nous ne nous soucieront que des majuscules, notées à gauche de ce document. A droite, le nom de la lettre ainsi que sa prononciation érasmienne. En étudiant des inscriptions anciennes, on peut trouver des lettres supplémentaires et des lettres différentes à cet alphabet. Il faut, en effet, noter que l'alphabet grec ancien a lui-même évolué dans l'Antiquité, en partant d'un alphabet archaïque avec des lettres supplémentaires comme le koppa ou le digamma, pour n'en citer que deux. Le sigma a changé de forme aux alentours de -440 où la barre du dessous a été rajoutée à un S aux bords pointus. De même certaines lettres comme le théta, le lambda, le gamma, ont changé de forme, et nous le verrons plus bas en étudiant une inscription archaïque.

Jusqu'en 403 avant notre ère, le hèta « H » sert à marquer l'aspiration et ne se prononce pas comme un -è, prononciation qu'il prendra par la suite. Quelques centaines d'années plus tard, la lettre hèta deviendra l'article féminin, typique de la première déclinaison.

Exemple d'inscription archaïque

Voici une inscription en grec archaïque. Il s'agit d'une liste de citoyens morts à la guerre. L'inscription a été datée à 460/459 avant J.-C.

Voici la transcription en alphabet grec classique :

aristogenesARISTOGENHS (première ligne)

KALLONIDHS (quatrième ligne)

KALLIXENOS (cinquième ligne)

TIMODEMOS (huitième ligne)

On peut noter que le lambda archaïque ressemble à un L latin et ce qui semble un lambda classique est en fait un gamma archaïque.

Conclusion

Le monde des inscriptions de l'Antiquité est très diversifié. Les alphabets changent d'une époque à une autre, suite à des réformes visant à standardiser l'utilisation de l'écriture. C'est ainsi qu'à partir de 440 avant J.-C., la forme du sigma change. Ces réformes, compliquant en apparence le travail de l'épigraphie, se révèlent être au final une source de datation plus qu'intéressante pour les historiens qui peuvent situer le texte dans une époque.

 

La deuxième partie sera consacrée au déchiffrement de tablettes de type stoikedon.