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La fête de Toussaint

toussaint4La fête catholique de la Toussaint est connue de tous, au moins par les vacances scolaires qui lui sont associées. Dans les faits, et bien que son nom soit des plus clairs, la Toussaint est très fréquemment amalgamée avec la fête des Morts du lendemain, voire plus marginalement avec la fête d’Halloween de la veille. Quelques petits rappels s’imposent donc sur cette fête de tous les saints.

 

Qu’est-ce qu’un saint ?

Avant de commencer, il convient de savoir ce qu’est un saint. Un saint, chez les Catholiques, est un homme ou une femme (ou un ange, mais c’est une situation particulière…) qui durant sa vie terrestre a eu un comportement exemplaire. Un comportement en parfaite adéquation avec les enseignements de Jésus de Nazareth. Par leur engagement, par fidélité à leur Foi, certains saints sont morts en martyrs. D’autres ont, selon la tradition catholique, fait des miracles. Mais bien entendu le martyre et/ou le miracle ne sont pas des conditions sine qua non à l’acquisition de la sainteté. Depuis le XIIIe siècle, cette sainteté est octroyée par le Pape au cours d’un procès en béatification, puis en canonisation. La canonisation semble ainsi distinguer sur terre ceux qui à coup sûr ont obtenu la béatitude éternelle et côtoient d'ores et déjà Dieu. Pour perpétuer leur souvenir l’Église catholique créée un martyrologue, et associe à chaque saint un jour de l’année où il est invoqué plus particulièrement. En effet pour les Catholiques, comme pour les Orthodoxes, les saints défunts forment l’Église triomphante, qui ne coupe pas le lien avec l’Église militante, celle des vivants. Une relation continue donc entre Chrétiens vivants et morts, ce qu’on a coutume d’appeler la communion des saints, sorte de solidarité hors de tout cadre spatiotemporel. Selon ce principe les croyants peuvent s’adresser

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directement aux saints. Contrairement à ce qu’on entend parfois le croyant ne prie pas le saint, il ne prie que Dieu (sous ses trois formes). Le croyant se « contente » de vénérer le saint (pour lui témoigner son admiration) et de l’invoquer pour qu’il intercède auprès de Dieu. Ainsi, le saint n’est pas une divinité, mais un intermédiaire auquel le croyant peut se reporter pour s’adresser à Dieu. Cette différenciation fut particulièrement bien déterminée lors du concile de Trente (1545 – 1563) en réponse aux Protestants qui accusaient les Catholiques d’adorer les saints. De nos jours encore, les Protestants ne croient pas en la communion des saints.

Une fête pour tous les saints

Comme nous l’avons vu, l’Église catholique canonise ceux dont elle est certaine qu’ils ont rejoint directement Dieu, et leur attribue un jour du calendrier. Toutefois, l’Église catholique n’a pas la prétention d’avoir eu connaissance de tous les saints qui ont vécu sur terre et ont également rejoint Dieu. Par conséquent, Elle suppose qu’il existe une multitude de saints qu’elle ne connait pas et qui pourtant méritent tout autant qu’on les vénère et qu’on les invoque. La fête de Toussaint répond à cette problématique et rappelant le lien des croyants avec les saints qui les ont précédés, ceux que l’on retrouve dans le calendrier, mais aussi tous les « oubliés » ! La Toussaint a donc pour but de n’oublier personne, mais aussi de rappeler au croyant cette solidarité avec les saints qui doit également lui servir de modèle dans sa propre vie. Les saints ont donc pareillement une fonction didactique non négligeable. D’ailleurs le choix du passage de l’évangile de Saint Marc lu ce jour là n’est pas anodin, il s’agit en quelques sortes d’une notice, dans sa forme la plus synthétique, pour accéder à la sainteté :

Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »

Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

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Cette fête de tous les saints est bien plus ancienne que la définition de la dévotion aux saints au XVIe siècle, et même plus ancienne que le processus de canonisation du XIIe siècle. En effet, avant même la canonisation par le Pape, existaient des formes de canonisation plus ou moins décentralisées par les différentes communautés chrétiennes. Ainsi, la fête de la Toussaint remonterait au Ve siècle. À cette époque la date n’est pas encore universellement fixée, on la fête généralement vers Pâques comme c’est le cas en Syrie ou à Rome. Le 13 mai 610, le Pape Boniface IV consacra la transformation du Panthéon romain en sanctuaire chrétien sous le nom d’église Sainte-Marie-et-des-martyrs : dès lors le 13 mai devient la date officielle de la Toussaint. Il y a encore un débat pour savoir à partir de quand la date du 1er novembre fut adoptée : certains pensent que cette date fut fixée dès le VIIIe siècle par le Pape Grégoire III lors de la dédicace d’une chapelle dédiée à tous les saints dans la basilique Saint-Pierre de Rome ; pour d'autres la date n’est fixée qu’en 830 quand le Pape Grégoire IV ordonne l’universalité de cette fête qui dès lors est commune à toute la Chrétienté.

En France le jour de Toussaint est férié, contrairement à la fête des Morts qui a lieu le lendemain. Pour cette raison, les croyants ont tendance à faire le jour de Toussaint ce qui devrait traditionnellement se faire le jour des Morts comme la visite des défunts dans les cimetières.

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