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La fête des Morts

Le Jour des MortsLe 2 novembre : sous un ciel généralement gris qui annonce le début de l'Hiver, les allées des cimetières balayées par les vents se remplissent de vivants et les tombes se couvrent de chrysanthèmes... Si toutes les religions ont un rapport particulier à la mort, la croyance chrétienne en l'immortalité de l'âme et en la communion des saints fut en son temps une véritable révolution spirituelle. Ce jour est l'occasion de revenir sur ces notions clefs du Christianisme et sur cet office des morts qui plonge ses racines dans le Haut Moyen-âge.

 

  

Le principe de la communion des saints

Célébrée le 2 novembre, la fête des défunts s'enchaine avec la fête de Toussaint qui a lieu la vieille. La fête de Toussaint célèbre tous les saints chrétiens, dont l'Église a eu connaissance ou non, les cite en exemple pour l'ensemble des fidèles et revient sur le principe d'intercession dans le cadre de la communion des saints. Lors de la fête des Morts, l'Église revient sur ce principe de communion des saints de façon beaucoup plus générale. La communion des saints est la réunion de tous les baptisés en Christ, vivants ou morts, dans le cadre d'une vaste communauté solidaire passant outre les bornes de l'espace et du temps. Pour les Catholiques, les défunts qui ont déjà rejoint le Royaume de Dieu (comme les saints fêtés la veille) peuvent directement intervenir pour aider les vivants en intercédant pour eux auprès de Dieu. Mais pour les Catholiques la solidarité va aussi dans l'autre sens, des vivants vers les défunts.

En effet, certains défunts ne peuvent accéder directement au Royaume de Dieu et doivent d'abord passer par une mystérieuse étape de purification que l'on appelle le purgatoire. Le purgatoire fut longtemps fantasmé, notamment au Moyen-âge et durant la Renaissance. Certains Papes peu scrupuleux sont allés jusqu'à vendre des indulgences aux vivants pour raccourcir leur temps (ou le temps d'un proche défunt) au purgatoire. Cette aberration entraina, entre autres, les récriminations du moine Luther qui, faute d'être entendu, créa un schisme dans l'Église et donna naissance au Protestantisme. Aujourd'hui le purgatoire est bien considéré comme un état, et non un lieu, un processus de purification où le défunt peut être soutenu par les vivants qui prient pour lui. Le principe de communion des saints est très étroitement lié à l'image du corps du Christ formé par l'Église des baptisés de tous les temps. La fête des défunts n'est donc pas une fête macabre, il s'agit de rappeler la continuité du peuple des baptisés par delà le décès, le maintien de l'unité et des liens de solidarité entre ceux qui ne sont que nés sur Terre et ceux qui sont déjà nés au Ciel. 

L'Histoire d'une fête

Croyant à l'immortalité de l'âme les Chrétiens ont toujours prié leurs morts, mais certains jours leur furent consacrés plus particulièrement. On a souvent tendance à parler de christianisation de fêtes païennes plus anciennes, comme Léon IXSamain, mais la chose est plus que discutable. En effet, il est indéniable que la fête des Morts succède à d'autres fêtes plus anciennes dédiées aux trépassés. D'ailleurs, toutes les cultures et toutes les religions ont généralement une ou des célébrations liées à cette interrogation universelle et à cette fatalité qu'est la mort. Toutefois, certaines de ces célébrations, notamment dans le monde romain, servent avant tout à se protéger des morts dont on craint le retour. On leur fait des offrandes, on effectue des rites, avant tout pour qu'ils restent bien à leur place... Le monde des morts, les Limbes, est vu comme sans espoirs (chose qui change doucement avec l'arrivée des cultes à mystères). Le rapport des premiers Chrétiens à la mort est tout autre, ils ne considèrent la mort que comme un passage vers le Royaume de Dieu et croient qu'une solidarité peut être entretenue entre morts et vivants. La logique devient tout autre, il n'est plus question de satisfaire les morts, mais tout simplement de continuer à vivre avec eux. Ainsi, il semble plus correct de dire que la fête chrétienne des défunts succède aux fêtes païennes, plutôt que de dire qu'elle en hérite. La concordance des dates est une évidence symbolique, puisque dans beaucoup de culture l'entrée dans l'hiver est liée à l'entrée dans la mort.


Si les défunts font partie des prières quotidiennes des Chrétiens, ils font très tôt l'objet d'une messe particulière. Déjà en 820 Amalaire, abbé de Metz, évoque l'existence d'un office spécifiquement dédié aux morts. En 998, l'abbé de Cluny Saint Odilon impose à tous ses monastères la date du 2 novembre, au lendemain de la fête de Toussaint qui fait appel à la même notion de communion des saints. Dans la foulée le Pape Léon IX (1049 – 1054) approuve cette date qui devient récurrente dans le monde Chrétien. Tant est si bien qu'au XIIIe siècle le 2 novembre devient officiellement le jour de la fête des morts dans toute la Chrétienté (du moins celle dépendant de Rome, les Arméniens par exemple célèbrent leurs morts à Pâques).

De nos jours en France, le jour de la fête des Morts (ou par défaut le jour de Toussaint, qui est férié) les croyants ont coutume de se rendre sur les tombes des proches pour les fleurir. Au Mexique la fête prend une ampleur particulière, mais sous forme d'un syncrétisme où les Mexicains perpétuent de vieilles traditions précolombiennes consistant à apporter des offrandes aux morts.

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