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Al Andalus (2/4) : D'Al Mansur aux Taïfas

Al_ManzurAvec l’avènement du califat, Al Andalus a atteint ce que souvent l'on considère comme son apogée : puissance politique, mais aussi rayonnement culturel. Une volonté également de revendiquer une « identité andalouse », qui va se renforcer paradoxalement avec la chute lente et progressive du califat, d’abord dans les faits avec la mainmise des hajibs sur le pouvoir, puis officielle avec l’abolition du califat en 1031 et la réapparition de petits émirats : les taïfas.

La décomposition du califat

C’est donc le hajib (grand vizir) Muhammad b. Ami’Amir qui exerce le pouvoir réel sur le califat, aux dépens du jeune fils d’Al Hakam II. Il dirige le pays de 978 à 1002 (date de sa mort) et devient surtout un champion de la Guerre Sainte : il terrorise les royaumes chrétiens par ses pillages de Barcelone en 985 (encore aujourd’hui les petits Catalans sont terrorisés par le croquemitaine Almanzor) et Saint Jacques de Compostelle en 997, en s’appuyant sur les Berbères. Ces victoires contre les Infidèles, mais aussi contre des rivaux comme le général Ghalib, lui permettent de prendre le surnom d’Al Mansur (le Victorieux). Il va même jusqu’à occuper Fès en 998...

Il créé une véritable « dynastie parallèle », symboliquement avec la construction d’un palais « concurrent » à Madinat al-Zahra : Madinat al-Zahira ! Du côté religieux, il est très rigoriste et va jusqu’à « épurer » la bibliothèque d’Al Hakam II et réprimer un « complot » mutazilite (des « rationalistes » musulmans). Sa mort ne change pas le système : un calife toujours décoratif, et un hajib devenu malik qui gouverne. C’est son fils ‘Abd al Malik qui lui succède en 1002, et s’il doit déjouer des complots en 1003 et 1006, il parvient lui aussi à combattre les Chrétiens et à prendre en 1007 le titre d’Al Muzaffar (le Triomphateur). Pourtant, ce sont avant tout des guerres défensives, sans conquête.

Al Muzaffar meurt en 1008, peut-être empoisonné par son frère qui lui succède. Celui-ci, Sandjul, dit Sanchuelo (sa mère étant la fille du roi de Navarre, Sanche), commet l’erreur de se faire officiellement désigner par Hisham II : cela provoque la révolution de Cordoue en 1009. Le calife abdique en faveur d’un cousin, Sanchuelo est tué...C’est le début de vingt ans de troubles, attisés par les rivalités renaissantes entre Arabes et Berbères, mais aussi par l’action des souverains chrétiens : le nouveau calife est isolé face à un Omeyyade, Sulayman, soutenu par la Castille ; Cordoue tombe sous les assauts berbères en 1009, et est pillée. Elle est pourtant récupérée par le calife en 1010...avec le soutien du comte de Barcelone Raymond Borrell ! La suite est tout aussi confuse : Hisham II revient brièvement au pouvoir, puis c’est Sulayman al Musta’in pendant trois ans, qui s’appuie sur des pouvoirs locaux toujours plus puissants, en particulier les Berbères.

C’est alors qu’émergent les Hammudides, issus des Idrissides, dynastie de prestige (originaire du Maroc). Ils sont alliés de Sulayman de 1009 à 1013 et tiennent Ceuta, Tanger et Algésiras. Ils rêvent alors d’un califat andalo-maghrébin...’Ali b. Hammud prend Malaga en 1016 et se dirige vers Cordoue où il tue Sulayman et se fait reconnaître calife « Al Nasir li Dini Llah » comme ‘Abd al-Rahman III. Son frère lui succède en 1018. Mais les Hammudides ne sont soutenus ni par la population, ni par les pouvoirs locaux ; ainsi, un autre calife, omeyyade, est élevé, Al Murtada. Celui-ci effectue une expédition à Elvira contre les Berbères zirides de Grenade, alliés des Hammudides et est défait ; il sera assassiné à Guadix...Les Zirides ont donc permis le maintien des Hammudides, et c’est le modéré Al Mamun qui devient calife, ce qui calme le jeu jusqu’en 1021. Là, le calife doit pourtant faire face à la révolte du berbère Yahya, qui le chasse de Cordoue. Mais la population de la capitale refuse toujours une domination venue du Maghreb, et il doit aller s’installer à Malaga où il meurt en 1035.

Le début des années 1030 est donc marqué par les échecs des Hammudides, mais aussi de la restauration omeyyade. Les pouvoirs locaux sont devenus trop puissants, et refusent le contrôle par Cordoue. Le califat disparaît de fait en 1031, quand Hisham III est déposé.

Les royaumes des Taïfas

Ibrie_en_1031

En 1031, Al Andalus est donc morcelé en pouvoirs indépendants et concurrents : les Taïfas. Ils sont au nombre d’une vingtaine, et leur légitimité est parfois douteuse. Certains sont monarchiques, d’autres municipaux ou encore des vizirats (les Banu Djahwar de Cordoue par exemple). Nous avons des émirats berbères, des émirats arabes, mais aucun ne prend le titre de malik et évidemment encore moins de calife. En revanche, et ce même si les sources sont lacunaires (même Ibn Hayyan ou Ibn Hazm) par nostalgie du califat, nous savons que la concurrence entre ces cours provoque une émulation artistique et culturelle, qui n’a rien à envier à l’Age d’Or du califat. Nous pouvons citer la Séville d’Ibn ‘Abbad (1069-1091) et d’Ibn Ammar, ou encore la Grenade ziride d’Abd Allah (1073-1090).

Le problème de la légitimation du pouvoir provoque des crises multiples, et une histoire événementielle confuse, avec de fréquents conflits. Tirent leur épingle du jeu des dynasties comme les Zirides de Grenade ou les Abbadites de Cordoue (puis Murcie) dans la deuxième moitié du XIè siècle.

Cet affaiblissement des pouvoirs musulmans permet un renversement du rapport de force avec les royaumes chrétiens, qui ont réussi, pour un temps, à taire leurs querelles intestines. Dès les années 1050, ils parviennent à instaurer le régime des parias qui, par le biais de tributs payés par les taïfas, leur permet d’intervenir directement dans les luttes musulmanes et d’accroître leur fragilité. Cela conduit à la reprise, décisive, de Tolède en 1085, un siècle après le sac de Barcelone par Al Mansur.

Bibliographie : voir quatrième partie.

Al andalus 3 la contre-attaque et le jihad des Almoravides et des Almohades.

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