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La paix des Dames : le traité de Cambrai (1529)

CharlesV_FranoisILa Paix des Dames, appelée aussi Traité de Cambrai est l’aboutissement final et heureux d’une grave situation opposant deux cousins ennemis: François Ier et Charles Quint. Seules deux grandes dames pouvaient résoudre ce conflit : Louise de Savoie, mère du premier et Marguerite d’Autriche, la tante du second. La paix sera pourtant de courte durée, le conflit entre les deux ennemis jurés de l'Europe reprenant dès 1536...


 

Du désastre de Pavie au traité de Madrid

Après le désastre de Pavie en février 1525, le roi François Ier fut fait prisonnier par son ennemi juré l’empereur Charles Quint. Un premier traité fut négocié âprement et signé en janvier 1526 afin de libérer le roi. Mais Charles Quint n’ayant pas confiance en lui, exige contre sa libération, l’incarcération de ses deux fils. Les termes du traité mentionnaient le don de quelques provinces françaises (dont la Bourgogne) en faveur de l’empereur, ainsi que le mariage de François Ier avec Eléonore la sœur de Charles Quint. Enfin, le 17 mars 1526 « l’échange » entre le roi et ses enfants a lieu sur la Bidassoa.

François Ier va prendre son temps, car il n’est pas prêt à céder la Bourgogne. De son côté, Charles Quint, voulant faire accélérer les choses, s’en prend aux deux enfants en supprimant leurs serviteurs et en leur interdisant tout contact avec l’extérieur. Les deux petits sont enfermés dans une tour sans lumière, près de Ségovie, et dorment sur de simples paillasses. Il semble qu’ils ne comprennent même plus leur langue d’origine (le français).Les états européens sont bien surpris de cette hargne, même scandalisés et s’éloignent de l’empereur. Même les provinces italiennes et le Saint Siège condamnent le traité de Madrid qui est dissolu en décembre 1527.

La grave situation des enfants ne peut plus durer. C’est ainsi que deux grandes dames vont se charger de résoudre cet affreux problème.

Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche entrent en scène

Louise_de_SavoieD’un côté, Louise de Savoie, mère de François Ier, de l’autre Marguerite de Habsbourg, tante de Charles Quint. Ces deux dames se connaissent bien : Marguerite avait été fiancée à Charles VIII à l’âge de 3 ans, et avait été élevée à la cour d’Anne de Beaujeu. Mariée plusieurs fois et devenue veuve à chaque fois aussi, elle a élevé les enfants de son neveu Charles Quint, ses frères et sœurs, pour remplacer leur mère devenue folle. Depuis elle est régente des Pays Bas et des Flandres qu’elle administre parfaitement depuis 20 ans, comme son ex-belle-sœur Louise de Savoie dirige la France lors des absences de François 1er.

Toute la cour se retrouve donc à Cambrai à l’été 1529. Louise de Savoie s’installe à l’hôtel Saint-Paul tandis que Marguerite s’installe en face à l’abbaye de Saint Aubert. Elles n’ont qu’une rue à traverser, mais bientôt un pont est installé pour faciliter leur réunion. Louise rencontre Marguerite chez elle, dans une ambiance chaude entourée de tapis épais, de tentures, de tapisseries brodées à l’or, de miroirs enchâssés d’argent. Toutes les deux étaient sensibles à la peinture, la poésie et la musique.

Marguerite_dAutrichePendant près d’un mois, elles vont discuter, affiner, et arriver finalement à un compromis. Aucune des deux ne supportent la guerre, encore moins l’incarcération de jeunes enfants, même s’ils sont futurs rois et doivent donc apprendre les aléas de leur fonction. Point par point, elles vont « faire le ménage »… Jusqu’au terme essentiel : la France ne veut en aucun cas céder la Bourgogne et de l’autre côté, l’Autriche ne doit pas perdre la face après tant de batailles qui ont mis les finances à sec.

Sortir de l'impasse

Au bout d’un mois, elles établissent un accord signé le 13 juillet 1529 (certains parlent du 3 août) avec les conditions suivantes : François Ier cède Hesdin mais garde la Bourgogne, Il renonce à l’Artois, la Flandre, le duché de Milan et le royaume de Naples, il paye 1 000 000 écus en échange de ses 2 fils (somme qui représente 4 tonnes d’or actuellement)

Pour réunir cette somme, toute la noblesse met la main à la poche, Henri VIII aide aussi François Ier. Toute la Cour est en liesse, des festivités sont annoncées, les enfants vont être libérés dans peu de temps…pourtant ces deux dames vont disparaitre bientôt : Marguerite rend l’âme fin novembre 1530 après une blessure au pied mal soignée ; Louise de Savoie disparaîtra en septembre 1531... Les dames disparues, la guerre reprendra dès 1536.

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