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Accueil Patrimoine France : Nord-Est Riquewihr (Alsace) : Histoire et patrimoine

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Riquewihr (Alsace) : Histoire et patrimoine

RIQ_-_Tour_du_DolderRiquewihr, ancienne cité médiévale, est une petite ville située entre les Vosges et l’Alsace, au cœur du vignoble, classé parmi les « plus beaux villages de France ». Fleurie en été avec le traditionnel géranium, elle se pare de ses décorations pendant la période de Noël pour accueillir les deux millions de visiteurs annuels. La ville qui s’étend sur un rectangle de deux cent sur trois cent mètres, compte une dizaine de sites et monuments classés parmi les Monuments Historiques, ainsi qu’une quarantaine de maisons et bâtiments inscrits sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 1898 la Société d'Archéologie de Riquewihr est fondée afin de préserver son patrimoine, c'est-à-dire d’empêcher la destruction des maisons anciennes et de les restaurer.

 

L’histoire de Riquewihr

Tout commencerait au VI è siècle où « Richo » propriétaire franc exploite le site. Un peu plus tard, le nom se transforme en « Richovilla », puis « Richovilare » et enfin « Riquewihr » vers 1094. Possession des comtes de Horbourg, ils construisent une enceinte en 1291, pour protéger les habitants et leurs biens face aux envahisseurs et le village devient ville en 1320. Appartenant au comté de Montbéliard suite à un mariage, la ville passe aux Wurtemberg. Elle va s’enrichir au XVI è siècle grâce au vignoble, mais connait également des heures de misère : domination autrichienne, épidémies de peste. Le château est reconstruit en 1540, une seconde enceinte assure plus de sécurité à la ville qui devient ainsi résidence seigneuriale.

Pendant le XVII è siècle, c’est la prospérité et les bourgeois se sentant en sécurité, construisent de très belles demeures en pierre avec pignon sur rue et jolis balcons en bois ou avec poutres apparentes. Les matériaux ne manquent pas : grès des Vosges et sapins. Ils réalisent ainsi des sculptures, des moulures, des portes avec chapiteaux et arabesques, des meneaux de fenêtres dans le style Renaissance, des rampes d’escaliers, des balustrades, et lancent la mode des balcons fleuris, malgré le passage et le pillage des armées lors de la Guerre de Trente Ans.

Rattachée à la France en 1796 parce que les Wurtemberg devaient abandonner leurs possessions sur la rive gauche du Rhin, la ville ne subit pratiquement aucun dégât pendant les deux guerres mondiales. Riquewihr peut ainsi poursuivre sa renommée grâce à l’exploitation de ses vignes qui produisent des muscats, de fameux Gewurztraminer et de fins Riesling.

La visite de la ville

Lorsque vous entrez dans la vieille ville par la porte du bas, vous passez sous le porche de l’Hôtel de Ville.

RIQ_-_ChteauNon loin de là, sur la gauche, fut construit au milieu du XVI è siècle le château des Wurtemberg qui abrite depuis 1970, le musée de la Communication en Alsace, retraçant deux mille ans d’histoire des Postes et Télécommunications avec présentation des uniformes, timbres, appareils, véhicule, le tout étant installé dans une écurie du XVI è siècle.

En 1324, le comte de Wurtemberg acquit la seigneurie de Riquewihr, un mariage fait l’alliance avec le comté de Montbéliard. Après un passage sous la tutelle autrichienne, un nouveau château est construit en 1540 avec un pignon crénelé, couronné de bois de cerf et des fenêtres Renaissance. Dans le bâtiment voisin, le comte installe la chancellerie. Le château reste inoccupé entre 1723 et 1748 car il est placé sous séquestre par le roi. Après cette date, revenus en grâce, les seigneurs de Wurtemberg prenant le nom de seigneurs de Riquewihr et s’y réinstallent jusqu’à la révolution. Le château passe par des mains privées jusqu’au début du XX è siècle où la ville le rachète et y installe une école qui sera tantôt française, tantôt allemande !

Remontons la rue principale, la rue du Général de Gaulle. Tout au long, de part et d’autres, nous découvrons des ruelles étroites, pourvues de tavernes et de belles habitations à colombages. Nous arrivons en haut de la ville à la Porte Haute, non loin de la Tour du Dolder. Cette porte date des années 1300. Sous le passage, nous découvrons la porte à double battant et la herse en bois. A partir du XVI è siècle, l’enceinte première s’avère insuffisante et le duc de Wurtemberg décide donc de construire une seconde enceinte pour mieux protéger les villageois. C’est ainsi que le pont levis est construit, les portes du haut et du bas de la ville, des tours défensives, des bastions rajoutés en 1621 et un large fossé à l’extérieur. Traversons le passage et admirons ce paysage de vignes…

RIQ_-_Tour_du_DolderEn revenant sur nos pas, juste au niveau de la Porte Haute, arrêtons-nous devant la Tour du Dolder. Cette tour a été construite en même temps que les remparts en 1291. Haute de vingt cinq mètres, elle servait de tour de défense, de tour de guet et représente l’emblème de la ville. Son aspect extérieur était conçu pour menacer l’ennemi, alors que son aspect physique à l’intérieur du village était plus joli avec ses poutrages de bois et ses quatre étages avec encorbellement. Au XVI è siècle, un gardien y logeait et avait pour mission de fermer les portes le soir, de prévenir en cas d’incendie ou d’ennemis et d’assurer le guet. Depuis 1911, le Musée de la Ville y est installé. Nous découvrons la vie quotidienne depuis l’époque médiévale avec des vestiges mérovingiens, des armes du XV è siècle jusqu’au XVIII è siècle, la vie du gardien-guetteur-portier, des costumes et des outils se rapportant au vin. Au quatrième étage, la vue sur les toits de la ville est superbe.

Aux pieds de la tour du Dolder, se trouve la Fontaine de la Sinne, installée au XVI è siècle. Cette fontaine servait à nettoyer les tonneaux, les barriques, et tous récipients utilisés par les vignerons. La colonne centrale porte d’un côté le blason des seigneurs de Horbourg et de l’autre le blason de Riquewihr – mélange de blason des Horbourg et des Wurtemberg.

Avant de continuer la visite historique, une petite halte s’impose dans la boutique « La Féerie de Noël » qui vous paraitra pour le moins curieuse en plein été : Casse Noisette vous attend à l’entrée de ce magasin dont la vitrine est illuminée et le sapin de Noël décoré… tout au long de l’année !

RIQ_-_maison__colombagesEn redescendant la rue principale, sur la gauche, prenons la rue des Juifs, l’ancien ghetto et nous arrivons sur la Tour des Voleurs. Cette tour, rattachée aux fortifications du XIII è siècle, aux murs épais de deux à cinq mètres, d’une hauteur de dix huit mètres, est l’une des principales défenses de la ville. Elle fut transformée en lieu d’exercice de justice et en prison au XV è siècle. Dans cet endroit de torture, les coupables de méfaits y étaient soumis à la question. Nous pouvons visiter la chambre de torture et en son centre, nous tombons sur l’oubliette de cinq mètres de profondeur, ainsi que la reconstitution de la chambre du gardien. A l’étage supérieur, se trouve la salle des gardes et des greffiers avec une exposition des instruments de torture utilisés. Attenante à la salle des gardes, nous passons dans la Maison du Vigneron datant du XVI è siècle où sont exposés tous les outils de vignerons et de tonneliers.

Un peu plus bas, à mi-chemin de la rue principale, toujours sur la gauche, nous arrivons sur la place des Trois Eglises. A l’origine, cette place était encadrée par trois édifices religieux. Au temps de la réforme en 1534, les édifices sont transformés, l’un en temple protestant, l’autre en école. Démolis en 1845, deux nouvelles églises sont construites (la protestante au même emplacement, la catholique vers la Porte Neuve).

RIQ_-_Hansi_1Descendons encore la rue principale et arrêtons-nous obligatoirement à la Maison Hansi. Jean-Jacques Waltz, surnommé Oncle Hansi est né en février 1873 à Colmar, ville alors allemande. Mauvais élève, il préfère le dessin et publie sa première carte vers 1896 lorsque Colmar découvre les cartes postales. Son succès est grand lorsqu’il publie un recueil de planches appelé « images des Vosges ». Mais le plus grand fut « l’Histoire de l’Alsace racontée aux enfants de France » en 1912. Ses œuvres littéraires ainsi que ses dessins satiriques et antigermaniques lui vaudront de passer devant les tribunaux allemands. Pendant quelques années autour de 1930, il travaille dans la publicité, notamment pour les Potasses d’Alsace. Pendant la seconde guerre mondiale, ses idées et ses dessins étant toujours antigermaniques, il doit se réfugier à Agen. De retour à Colmar, il s’éteint en juin 1951. Ses dessins et aquarelles se retrouvent sur les vitraux, la vaisselle, les affiches, des programmes, des livres et environ quatre cent cartes postales. Artiste aux multiples facettes, il fut aussi graveur, écrivain, historien. Le musée « Au nid de cigognes » lui rend ainsi hommage en exposant plus de cent cinquante œuvres.

Les principaux bâtiments ayant été visités, nous redescendons vers l’Hôtel de Ville. Jusqu’à la Révolution, ce bâtiment se trouvait au centre du village, dans la rue principale. Déplacé, il a été reconstruit à l’emplacement actuel en 1809.

Après avoir fait une belle promenade, nous quittons Riquewihr, surnommée « la Perle du Vignoble », cette ville qui a su le mieux conserver ses maisons de type alsacien, aux colombages, oriels et cours intérieures garnies de puits et de fontaines, ainsi que ses remparts entourant le site.

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