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Expo : Le vin au moyen âge (Tour Jean sans peur)

La tour Jean sans Peur propose jusqu’au 11 novembre 2012 une exposition sur le vin au Moyen Âge. L’occasion de montrer que, durant cette époque trop souvent vue comme sinistre, on savait aussi s’amuser. Car le vin ne servait pas seulement à la messe, il était également un breuvage incontournable des banquets et des tavernes. L’exposition de la tour Jean sans Peur aborde tous les aspects de la viticulture et de la consommation du vin.Lire la suite...


 

L’âge d’or de la viticulture

Le Moyen Âge peut être considéré comme l’âge d’or du vin, et ce dès les Carolingiens où, déjà, il contribue au prestige. Ce succès s’explique par différentes raisons, la première étant évidemment la place du vin dans la messe, pour célébrer l’eucharistie. La viticulture est de plus parfaitement adaptée aux conditions sociales du Moyen Âge et ne nécessite pas de lourds investissements.

L’apogée du vin intervient au XIIIe siècle, et les goûts évoluent vers la fin du Moyen Âge, le vin rouge ou le rosé (appelé aussiclairet) remplaçant peu à peu le vin blanc. Mais de la vigne au gosier, il y a du chemin, ce que montre l’exposition de la tour Jean sans Peur.

Le vin, des moines aux citadins

Elément fondamental de l’eucharistie, le vin tient logiquement un rôle majeur dans la vie des moines, et les abbayes son très actives dans le développement de la vigne, notamment aux XIIe et XIIIe siècles.

Rois et seigneurs tiennent leur place, d’abord parce que le vin est une ressource non négligeable. Assez rapidement, il devient en plus un élément de prestige : on doit posséder des vignobles renommés, et présenter un vin de qualité à ses convives lors des banquets.
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Les seigneurs délèguent aux paysans la culture de la vigne par le biais de contrat ditsde complant : au bout de quatre à sept ans, ils deviennent propriétaires de la moitié de la vigne plantées, le seigneur s’arrogeant l’autre moitié.

Enfin, le vin est très présent dans les villes. Parce que les citadins sont de gros consommateurs, certes, mais aussi parce que les évêques s’y intéressent à double-titre : le rôle religieux du vin, et les ressources qu’il génère. Les ports tiennent une place importante dans le succès du vin car, outre la consommation bien connue des marins, ils permettent son exportation à l’étranger.

« Parler de vin, parler divin »

Selon les auteurs de l’exposition, la viticulture a cette importance au Moyen Âge grâce au miracle du Christ, qui aurait transformé l’eau en vin. Le fait que le vin soit versé dans de la vaisselle d’or lors de l’eucharistie confirme cette place centrale. Le premier vigneron aurait été Noé, longtemps patron des buveurs. Si saint Martin est considéré comme l’inventeur de la viticulture, ses patrons auraient été successivement, vers la fin du Moyen Âge, saint Nicolas et saint Vincent. L’importance du vin pour les saints est telle qu’on voit souvent certains d’entre eux, comme Bernard de Clairvaux, représentés avec un tonnelet à la main.

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Le travail de la vigne

L’exposition consacre une place importante à tous les aspects du travail de la vigne : la « conduite » de la vigne, le calendrier de la vigne et les outils viticoles (serpe, bêche, houe,…), la vinification (le vin est foulé, pressé puis fermenté) et sa conservation dans différents types de tonneaux (de plusieurs centaines de litres), placés dans des caves ou des celliers. On apprend, entre autres, que les vignerons ne font pas vieillir longtemps le vin, qui est bu dans l’année.

Différents usages du vin au Moyen Âge

Un traité du XIVe siècle de Pietro de Crescenzi répertorie treize variétés de raisins blancs, huit de noirs. « Dans le raisin, tout est bon ! » : le raisin est consommé frais, mais aussi cuit, notamment dans les recettes du taillis, où il est associé aux figues et aux pommes. Le vin lui-même est utilisé en médecine (il permettrait de bien digérer, bien uriner, tout en développant les capacités sexuelles et en rendant joyeux !), ou encore pour la cuisson, et en tant que vinaigre, verjus ou moût ardent (moutarde).

La consommation du vin au Moyen Âge

Au Moyen Âge, tout le monde boit du vin, y compris les enfants (avant sept ans, on leur coupe avec un peu d’eau quand même) et les femmes, dont une certaine retenue est toutefois exigée. Le vin bénéficie de ce succès car l’eau est considérée comme polluée, et la bière et le cidre sont socialement dévalués.

On sert le vin à la demande, très frais, « à la rigolade », selon un cérémonial souvent complexe. Les pots de vins évoluent au cours du Moyen Âge, de la célèbre corne au verre, généralement décoré. Pour la consommation, on utilise également des dressoirs.

Bien entendu, il y a de bonnes et de mauvaises manières de boire le vin. Ainsi, seuls les vulgaires lèvent le coude, et il convient de s’essuyer la bouche avant de boire et de ne pas renverser du précieux breuvage. Pendant une grande partie du Moyen Âge, l’ivresse est loin d’être mal vue. Il faut dire que les banquets tournent souvent à la beuverie…Si « l’eau fait pleurer, le vin fait chanter » et l’ivresse est même considérée comme circonstance atténuante en cas de crime ! Elle n’est en effet pas considérée comme un pêché capital. Malgré tout, la situation évolue et, à partir du XVe siècle, l’ivresse commence à être mal vue…

L’avis d’Histoire pour tous

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Comme les autres expositions de la tour Jean sans Peur, celle-ci est présentée essentiellement sous forme de panneaux clairs et joliment décorés. Les textes, abordables par tous (et on sait que la tour est fort appréciée des enfants), sont même souvent amusants. Le sujet s’y prête.  On y apprend ainsi nombre d’expressions médiévales, certaines étant savoureuses. Des objets sont également exposés, comme des verres ou des dressoirs. La petite pièce en bas, près du rempart Philippe Auguste, a été transformée en taverne.

 

L’exposition Le vin au Moyen Âge mérite donc le déplacement, montrant une nouvelle fois une vision agréable de l’époque. On en profitera, pour ceux qui ne l’ont pas déjà fait, pour visiter le reste de la tour Jean sans Peur.

 

Le vin au Moyen Âge, jusqu’au 11 novembre 2012, à la tour Jean sans Peur (Paris). Voir aussil’article d’HPT sur la tour.