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Guerre de Sécession : la bataille de Perryville (1/3)

Richard-Hawes

Le 4 octobre 1862, alors que les fantassins texans de l’armée de Van Dorn se font tuer par dizaines en tentant de planter leur drapeau sur le parapet de la batterie Robinett, c’est une scène toute différente qui se joue, près de 500 kilomètres au nord-est de Corinth. Frankfort, la capitale du Kentucky, résonne des flonflons de la musique militaire. Une fanfare confédérée y joue des airs patriotiques sudistes populaires, tels que Dixie’s Land et Bonnie Blue Flag.

L’atmosphère festive salue la présence de Braxton Bragg et d’Edmund Kirby Smith : les deux généraux sont venus apporter toute la solennité nécessaire à la cérémonie d’entrée en fonction de Richard Hawes, le gouverneur confédéré du Kentucky. Bien que l’État fît partie – selon sa minorité sécessionniste – de la Confédération, le poste était resté vacant depuis que son précédent titulaire, George W. Johnson, avait été mortellement blessé à Shiloh, où il servait dans le rang comme simple soldat. La cérémonie est bientôt troublée par un grondement, qui s’avère rapidement bien trop régulier pour être celui du tonnerre. Pendant que les festivités sont écourtées, Bragg reçoit la confirmation qu’il s’agit bien du son du canon : les Fédéraux sont passés à l’offensive, et marchent sur Frankfort.

Le Kentucky à la croisée des chemins

L’avancée brutale de l’armée nordiste est d’autant plus surprenante que rien, dix jours auparavant, ne laissait présager que Don Carlos Buell et ses troupes seraient prêts à marcher sur leurs ennemis à brève échéance. Pas moins de dix divisions se trouvaient groupées à Louisville, en plus des deux que Buell avait laissées à Nashville pour en assurer la sécurité. Le général nordiste recourut à une organisation inédite en les numérotant selon une seule et même série, une innovation qui demeura sans lendemain. Ces éléments, trop nombreux pour être commandés efficacement de façon directe, obligèrent Buell à introduire dans l’Ouest le système des corps d’armée déjà appliqué en Virginie. Il employa toutefois sa propre numérotation, là aussi de façon temporaire. Buell confia le Ier Corps à Alexander McCook et y affecta les 2ème, 3ème et 10ème divisions, respectivement commandées par Joshua Sill, Lovell Rousseau et James S. Jackson. Le IIème Corps revint à Thomas Crittenden, avec la 4ème division de William S. Smith, la 5ème d’Horatio Van Cleve et la 6ème de Thomas Wood. Quant au IIIème Corps, il fut initialement confié à William Nelson et constitué des 1ère, 9ème et 11ème divisions, aux ordres respectifs d’Albin Schoepf, Jefferson C. Davis et Philip Sheridan. Une dernière division, la 12ème, restait en réserve sous le commandement d’Ebenezer Dumont.

gilbert.ccEn raison de la brutale expansion de son armée, Buell manquait d’officiers expérimentés pour encadrer des recrues qui ne l’étaient souvent pas davantage. Sheridan était ainsi capitaine topographe quatre mois auparavant, et n’avait livré son premier combat qu’en juillet. Sa promotion allait se révéler heureuse, mais ce ne serait pas le cas pour tous. Le problème des cadres fut encore aggravé par la mort de Nelson et l’emprisonnement de Davis. Si ce dernier put être remplacé au pied levé par Robert D. Mitchell, Buell n’avait aucun général disponible pour succéder à Nelson. Il dut finalement se rabattre sur un des membres subalternes de son état-major, Charles Gilbert. Un mois auparavant, celui-ci était encore capitaine et occupait le très administratif poste d’inspecteur-général de l’armée de l’Ohio. La nécessité d’organiser les troupes affluant à Louisville avait conduit à le promouvoir brigadier-général, un avancement que le Congrès n’avait pas encore validé. Au mépris de la procédure habituelle, Buell le nomma major-général de son propre chef, afin qu’il puisse succéder à Nelson sans risquer un conflit d’autorité avec ses commandants de division. Gilbert se retrouva ainsi à la tête d’un corps d’armée entier alors qu’il n’avait jamais, jusque-là, commandé davantage qu’une compagnie sur le terrain.

Toujours le 29 septembre, Buell reçoit une autre mauvaise nouvelle, et non des moindres. La lenteur de sa campagne contre Chattanooga, à laquelle s’était ajoutée sa molle et infructueuse poursuite de Bragg, avait souverainement déplu autant à Halleck qu’à Lincoln. L’occupation de la plus grande partie du Kentucky par les Confédérés posait un sérieux problème politique au président nordiste, et ternissait l’avantage qu’il pouvait tirer de la « victoire » d’Antietam. Il fallait attaquer sans attendre, et Lincoln craignait que Buell ne soit pas l’homme de la situation. Le télégramme présidentiel est donc sans appel : Buell doit remettre le commandement de l’armée de l’Ohio à George Henry Thomas, qui commandait jusque-là les forces laissées à Nashville, et que Buell venait de rappeler à lui pour en faire son second. Thomas était, de manière assez ironique au vu du tour que prenait la guerre depuis que Lincoln avait émis sa proclamation d’émancipation, un propriétaire d’esclaves de Virginie qui avait choisi de rester fidèle à l’Union – un acte qui lui vaudra le mépris de sa famille pour le restant de ses jours. Il connaît bien le Kentucky pour y avoir livré plusieurs batailles mineures durant l’hiver. Toutefois, et en dépit de la forte pression exercée par plusieurs officiers de l’armée n’ayant qu’une confiance très limitée en Buell, Thomas n’est guère enclin à prendre à sa place. Il refuse le commandement de l’armée, obligeant de fait Lincoln à suspendre l’exécution de son ordre. Buell conserve ainsi l’armée de l’Ohio, mais il n’a plus le choix : s’il veut avoir une chance de ne pas être limogé dès qu’un autre général suffisamment expérimenté sera disponible, il doit passer à l’offensive sur-le-champ.

marche_perryville Mouvements préalables à la bataille de Perryville, octobre 1862. Tandis que Sill fait diversion contre Frankfort, Buell marche sur Bardstown, où Polk et Hardee commandent le gros des forces sudistes en l'absence de Bragg. Ce dernier ordonne une concentration à Harrodsburg, change d'avis et renvoie Kirby Smith à Frankfort, décide à nouveau de concentrer l'armée à Harrodsburg, puis renvoie Polk vers Perryville où se trouve toujours Hardee. Carte réalisée par l'auteur, à partir d'un original de la cartothèque Perry-Castaneda de l'Université du Texas.

Après une ultime journée de préparatifs, Buell met son armée en marche le 1er octobre. Son objectif est Bardstown, où se trouve l’armée de Bragg ; chacun des trois corps nordistes doit s’en approcher par une route différente. Afin d’empêcher Kirby Smith de venir prêter main-forte à Bragg, Buell lance une feinte : renforcée par la division Dumont et l’essentiel de la cavalerie fédérale, la division Sill, prélevée sur le Ier Corps, doit marcher sur Frankfort. Sill dispose en tout de 19.000 hommes, Buell en garde 58.000 avec lui. Les Confédérés sont beaucoup moins nombreux. Les 27.000 hommes que Bragg avait emmenés de Chattanooga se sont vus réduits par les pertes au combat, les désertions et les rigueurs de la marche. Ses quatre divisions sont organisées en deux ailes : celles de Patton Anderson et Simon Buckner forment l’aile gauche, aux ordres de William Hardee ; celles de Jones Withers et Benjamin Cheatham constituent l’aile droite, confiée à Leonidas Polk – ce dernier assumant également le commandement de l’ensemble en l’absence de Bragg. Kirby Smith peut compter sur 19.000 soldats, répartis en trois divisions – celles de Carter Stevenson, Henry Heth et Thomas Churchill – mais ces forces sont dispersées entre Frankfort et Lexington, bien loin de Bardstown. Les forces confédérées n’avaient reçu comme renforts qu’une petite force de 3.000 hommes en provenance de Virginie. Commandée par Humphrey Marshall, elle devait initialement couper la retraite de la garnison nordiste de la cluse de la Cumberland – mission dans laquelle elle avait échoué.

Un affrontement imprévu

sill5sLe mouvement des forces fédérales est aussitôt détecté par la cavalerie sudiste. Pendant que cette dernière, fourbue par plusieurs semaines de mouvements, de reconnaissances, de raids et d’autres missions, tente de ralentir comme elle peut la progression nordiste, Bragg ordonne à toutes les troupes dont il dispose de se concentrer à Frankfort. La diversion imaginée par Buell fonctionne à plein : Bragg est persuadé que la cible des Nordistes est la capitale du Kentucky. À Bardstown, Polk réalise rapidement qu’il n’en est rien. Constatant que trois corps d’armée ennemis convergent sur sa position, il décide de se replier sans plus attendre. Polk, toutefois, ne suit pas la route qui mène directement à Frankfort, vers le nord-est, car elle exposerait dangereusement le flanc de son armée. Au lieu de cela, il part vers l’est, en direction de Danville. Si Polk informe Bragg de ce changement, en revanche, il ne lui en explique pas clairement la cause. Par conséquent, lorsque Sill approche de Frankfort le lendemain, rien ne vient détourner Bragg de sa conviction. Bien au contraire, puisque l’avancée des cavaliers nordistes l’oblige à quitter la ville, emmenant le gouverneur Hawes avec lui.

Son plan de concentration devenu caduc par la force des choses, Bragg doit en improviser un autre. Le 5 octobre, il ordonne à ses troupes de converger vers Harrodsburg, à quinze kilomètres au nord de Danville et à une cinquantaine de kilomètres au sud de Frankfort. Pendant que Polk échappe de justesse aux Nordistes lancés à sa poursuite, Kirby Smith commence à rassembler son armée à Versailles, sur la rive nord-est de la rivière Kentucky, en vue de rejoindre Harrodsburg. Le lendemain, Bragg change d’avis et lui ordonne d’y rester. En effet, depuis sa démonstration du 4 octobre, Sill n’a pas progressé d’un mètre et n’a toujours pas occupé Frankfort, de sorte que Bragg nourrit désormais l’espoir de maintenir les forces de Smith sur la Kentucky tout en rassemblant sa propre armée à Harrodsburg. Polk commence d’ailleurs à y arriver, mais en ordre dispersé. Pour éviter un embouteillage, aux conséquences forcément désastreuses dans la mesure où il est poursuivi, Polk a ordonné à Hardee d’emprunter une autre route avec ses deux divisions. Ces dernières ont pris du retard et, au matin du 7 octobre, elles ne sont encore qu’à Perryville, quinze kilomètres au sud-ouest de Harrodsburg, avec l’armée nordiste sur leurs talons.

sheridan2acAu même moment, Bragg reçoit une information alarmante en provenance de Frankfort, où les Fédéraux auraient commencé à franchir la Kentucky en force. Bien qu’il ne s’agisse en réalité que d’une timide reconnaissance, Bragg, toujours aussi mal renseigné, chamboule une nouvelle fois ses plans. Puisqu’il est persuadé que c’est le gros de l’armée nordiste qui se trouve à Frankfort, les forces qui talonnent Hardee ne peuvent être qu’un détachement secondaire. Pensant pouvoir jouir d’une supériorité numérique locale, Bragg ordonne donc à Hardee de rester à Perryville, et à Polk de l’y rejoindre. Ensemble, leurs deux ailes pourront écraser la force nordiste sans que Buell, censé se trouver à Frankfort, ne puisse faire quoi que ce soit pour la secourir. Polk se met aussitôt en route vers Perryville, qu’il atteint durant la nuit. Mieux informé que son supérieur, il renonce bien vite à l’attaque que Bragg lui a ordonné de mener dès l’aube du 8 octobre, face à la supériorité numérique évidente de l’adversaire. De surcroît, ses propres forces sont dispersées, et Polk n’a amené avec lui que la division Cheatham. Il préfère donc rester prudemment sur la défensive en s’appuyant sur la rivière Chaplin, et attendre que les Nordistes fassent le premier pas.

Modeste village, Perryville n’en est pas moins une cible de choix pour Buell. Il s’agit d’un nœud routier important. Pas moins de six axes partent de la petite bourgade : une fois qu’ils en seront maîtres, les Fédéraux pourront tout aussi bien marcher directement sur Harrodsburg, ou pousser vers l’est en direction de Danville pour tenter de passer dans le dos des Confédérés et tenter de couper leur principale de retraite vers la cluse de la Cumberland et le Tennessee oriental. Les trois corps d’armée nordistes profitent d’ailleurs du réseau routier pour marcher sur Perryville, chacun depuis une direction différente : Crittenden suit la route de Lebanon, par le sud-ouest ; Gilbert vient de l’ouest, suivant la route de Springfield, la plus directe ; quant à McCook, il arrive par le nord-ouest et la route de Mackville. Buell souhaite attaquer lui aussi dès que possible, mais une semaine de marche a considérablement étiré son armée. Constatant qu’elle ne serait pas entièrement à pied d’œuvre au matin du 8 octobre, il décide de remettre l’opération au lendemain. Tous les facteurs semblent réunis pour que les alentours de Perryville restent relativement calmes, rien ne laissant présager qu’une bataille majeure allait être livrée ce jour-là.

mccookd02C’était sans compter l’influence inattendue des facteurs extérieurs – météorologiques, en l’occurrence. Dans le Kentucky comme ailleurs dans l’Ouest, la sécheresse de l’été 1862 avait été particulièrement prononcée, asséchant la plupart des cours d’eau de la région et réduisant les plus gros à quelques mares contenant parfois davantage de boue que d’eau à proprement parler. Or de l’eau, les deux armées qui se déploient autour de Perryville en ont un besoin vital. Contraints à d’incessantes marches et contremarches, menées sous une chaleur aussi accablante que le continent nord-américain peut en offrir, les soldats nordistes et sudistes doivent parfois passer toute la nuit à trouver de quoi remplir leurs gourdes. C’est à l’occasion d’une de ces corvées d’eau que va débuter la bataille de Perryville. Vers 2 heures du matin le 8 octobre, des soldats du 10ème régiment de l’Indiana découvrent un peu d’eau stagnante dans le lit asséché d’un affluent de la Chaplin, la Doctor’s Creek. Cette eau est toutefois convoitée par un régiment sudiste, le 7ème Arkansas, et un accrochage nocturne éclate. Les Sudistes ont l’avantage, ayant le contrôle d’une colline, Peters Hill, qui surplombe le lit de la rivière. Gilbert ordonne alors à sa division de tête, celle de Sheridan, de s’emparer de la hauteur.

De l’accrochage à la bataille générale

À 3 heures, la brigade de Daniel McCook Jr est au contact de l’ennemi, mais il fait encore trop sombre pour qu’une action véritablement décisive soit menée. Daniel McCook est le frère cadet d’Alexander McCook, qui commande le Ier Corps de l’armée de Buell. Pour cette famille de l’Ohio, la cause de l’Union est un véritable sacerdoce auquel se consacrent tous les hommes du clan. Robert McCook, le général tué en août dans l’Alabama au cours d’un accrochage avec des cavaliers sudistes, était leur frère. Il n’était pas le premier à trouver la mort : leur frère Charles avait été mortellement blessé lors de la première bataille de Bull Run. Ces décès n’avaient aucunement diminué l’ardeur des McCook : quatre autres frères, ainsi que leur propre père, serviront dans l’armée nordiste durant la guerre – de même que leur oncle et cinq de leurs cousins. Sur ces quinze hommes de la famille McCook, quatre en tout allaient être tués au combat, et un cinquième allait mourir quelques années plus tard des séquelles d’une blessure de guerre.

perryville_matinLa bataille de Perryville, 8 octobre 1862 : les combats de la matinée. Annotations de l'auteur sur un extrait d'une carte de Hal Jespersen (www.cwmaps.org).

 

La clarté de l’aube naissante devient bientôt suffisante, vers 5 heures, pour que l’affrontement de tirailleurs se mue en une avancée en bonne et due forme. Cette fois, le 7ème Arkansas n’est pas de taille et se replie, laissant Daniel McCook maître du terrain. Un répit de courte durée, une heure et demie plus tard, les Confédérés reviennent, cette fois en force puisque le régiment de l’Arkansas a rejoint le reste de sa brigade. Commandée par St. John Liddell, elle tente vainement de reprendre le contrôle de Peters Hill aux environs de 6 heures 30. Son échec permet à Sheridan de rejoindre Daniel McCook avec ses deux brigades restantes, sous Nicholas Gruesel et Bernard Laiboldt. Gilbert l’accompagne ; il décide de lancer un petit détachement de cavalerie en avant pour sonder la force réelle des Confédérés dans le secteur. Les cavaliers nordistes sont bientôt repoussés. Alors que Gilbert rebrousse chemin pour aller rejoindre ses autres divisions, Sheridan décide de pousser un peu plus fort contre le dispositif confédéré. La brigade Laiboldt avance vers 8 heures 30, repoussant aisément les Sudistes à l’est d’un petit affluent de la Doctor’s Creek. Dans les minutes qui suivent, avec le soutien du reste de la division, elle gravit les pentes d’une autre colline, Bottom Hill. Dépassé en nombre, Liddell ne peut que retarder la progression des Fédéraux.

hardee1aaAlors que Sheridan se trouve à moins de deux kilomètres du centre de Perryville, Bragg arrive en personne et récupère le commandement direct de son armée. Il ignore encore tout de la force réelle de son adversaire. Ses deux brigades de cavalerie sont déployées sur ses flancs – celle de John Wharton à droite, et celle de Joseph Wheeler à gauche – mais ni l’une ni l’autre n’ont encore établi le contact avec les deux ailes du dispositif nordiste. Le gros du corps de McCook est dissimulé : depuis Bottom Hill, on en n’aperçoit vaguement que quelques éléments déployés au nord de la Doctor’s Creek – il s’agit en fait de la division Rousseau. Quant au corps d’armée Crittenden, il est passé complètement inaperçu. Wheeler ne tombera nez à nez avec son avant-garde que vers 11 heures, et n’en informera pas Bragg avant la tombée de la nuit. D’ici-là, Bragg se sera livré à une reconnaissance détaillée des positions nordistes, dans lesquelles il a cru déceler une faille : son aile gauche n’est apparemment pas ancrée et il sera facile de manœuvrer pour l’attaquer de flanc. Son plan d’action prévoit donc d’envoyer le gros de son armée contre la gauche nordiste. La division Cheatham fournira l’effort principal, appuyée ensuite graduellement par Hardee : d’abord la moitié de la division de Patton Anderson, puis celle de Buckner. Seules les deux autres brigades d’Anderson resteront défendre Perryville.

Bragg voit sa tâche facilitée par le commandement nordiste lui-même. Au moment où Bragg met sa stratégie au point, Liddell doit reculer à nouveau sous la pression de Sheridan. Sa brigade se redéploye aux abords immédiats de Perryville, désormais directement menacée par les Fédéraux. Mais quelques minutes plus tard, Gilbert revient sur Peters Hill pour constater que Sheridan est beaucoup plus avancé qu’il ne le pensait. Craignant qu’une brusque contre-attaque ne mette à mal sa division sans que le reste du corps d’armée ne puisse la soutenir, le général nordiste lui ordonne de revenir sur sa position de départ. Sheridan proteste, mais doit s’exécuter. Ce répit inattendu va permettre aux Sudistes de reprendre le terrain perdu, et surtout de redéployer leurs troupes en vue de l’attaque à venir. Buell, de son côté, n’est au courant de rien ou presque. Quelques jours auparavant, il s’est blessé dans une chute de cheval, et les séquelles en sont encore suffisamment douloureuses pour qu’il ne puisse remonter en selle. Par conséquent, il se trouve assez loin en arrière et n’exerce pas de contrôle strict sur ses différents commandants de corps d’armée. Pour lui, les combats que lui a rapportés Gilbert ne sont guère que des accrochages.

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