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La conférence de Potsdam (juillet 1945)

Potsdam_conference_194517 Juillet 1945, le palais de Cecilienhof à Potsdam, voit l’arrivée des plus puissants chefs d’état et de gouvernement d’un monde encore en guerre. Joseph Staline et Winston Churchill vétérans des précédentes conférences interalliées sont une fois de plus présents, alors qu’Harry Truman remplace Franklin Delano Roosevelt, décédé le 12 Avril. Cependant l’essentiel va se jouer entre le nouveau président américain et le leader soviétique. Face à une armée rouge qui contrôle l’essentiel de l’Europe Centrale, Truman dispose d’un atout de taille : la bombe atomique testée un jour plus tôt…


 

Potsdam : La dernière des grandes conférences inter-alliées

La conférence de Potsdam, qui a pour cadre une Allemagne dévastée par les bombardements et les combats, est la dernière d’un cycle débuté en Novembre et Décembre 1943 à Téhéran. Ces conférences tripartites (Téhéran, Yalta, Potsdam) ont pour objectif de déterminer les plans communs des grandes puissances pour le monde d’après guerre. Particulièrement révélatrices des rapports de forces et des tensions qui jouent sur les relations entre Moscou, Londres et Washington, elles ont vu s’affirmer le rôle de plus en plus prégnant de l’Union Soviétique.

A Yalta en février 1945, il est apparu que Staline était en position de force. L’Armée rouge semblait déjà devoir l’emporter dans la course à Berlin (qui sera au final refusée par Eisenhower) et Roosevelt, très affaibli, était acquis à de nombreuses positions soviétiques. Malgré les fortes réticences de Churchill, le président américain espérait encore une évolution démocratique du régime soviétique. Roosevelt comptait aussi sur la future Organisation des Nations Unies pour modérer un éventuel expansionnisme communiste. En résultèrent des concessions que son successeur : Truman s’emploiera à gérer à Potsdam.

Organiser le monde de l’après guerre

La première question traitée par les Trois Grands à Potsdam sera celle du devenir de l’Allemagne. Les alliés se donnent pour objectif immédiat de la démilitariser quitte à la priver de son infrastructure militaro-industrielle. Divisée, comme l’Autriche, en quatre zones d’occupation (Américaine, Britannique, Française et Soviétique) elle voit ses frontières largement ramenées à l’ouest au profit de la Pologne (que l’Union Soviétique a amputé de sa partie orientale). Ces modifications territoriales s’accompagnent de très vastes mouvements de population, à savoir l’exode de 11 millions d’allemands expulsés des territoires orientaux.

Au sein de la nouvelle Allemagne, les trois grands s’engagent à conduire une politique de dénazification vigoureuse dont les procès à grand spectacle comme celui de Nuremberg constitueront le point d’orgue. L’économie sera elle dé cartellisée et le système politique décentralisé. Avec le désarmement, ces quatre D, constituent l’assurance pour les alliés que jamais plus l’Allemagne ne pourra redevenir une puissance belliciste.

Potsdam2Autre grande question abordée durant la conférence, celle du Japon. L’Empire du Soleil-Levant, en guerre avec les alliés occidentaux depuis décembre 1941, espère encore trouver une solution négociée au conflit, notamment via le truchement des soviétiques encore neutres en Asie. Ce que Tokyo ignore, c’est qu’à Yalta Staline s’est engagé à entrer en guerre aux côtés des américains. Une impressionnante force militaire est mise sur pied en Extrême-Orient Soviétique afin de s’emparer de la riche Mandchourie et du nord de la Corée.

Cette perspective a de quoi inquiéter à Washington. En effet, si la défaite du Japon ne fait plus de doutes (surtout dans la perspective des futurs bombardements atomiques), les Américains entendent bien garder l’Asie Orientale sous contrôle. Ils redoutent notamment que Moscou ne s’implique en faveur des communistes chinois, dont la trêve avec les Nationalistes de Tchang Kaï Check semble fragile.

Quoi qu’il en soit le 26 juillet les trois grands adressent un ultimatum au Japon, lui enjoignant de se rendre sans condition sous peine d’une prompte destruction. Même si la bombe atomique n’est pas citée, elle est au cœur de cet ultimatum et pèse lourdement sur la relation entre l’URSS et les USA. Staline n’aura bientôt de cesse que de rattraper son retard sur les américains.

Un premier pas vers la Guerre Froide ?

Bien qu’officiellement cordiales, les relations entre Américains et Soviétiques à Potsdam ne sont déjà plus aussi franches qu’à Yalta. Truman, bien que novice en politique extérieure, ne partage pas l’optimisme Rooseveltien quant à Staline.

Autre fait caractéristique de l’émergence d’un nouveau système de fonctionnement des relations internationales, l’effacement du Royaume-Uni. Si Churchill a entamé la conférence, il ne la termine pas remplacé par le travailliste Clement Attlee. Ce dernier a remporté les premières élections générales organisées depuis 1935. Avec le départ de Churchill, le Royaume-Uni semble relégué à un rôle subalterne. Londres se consacre désormais aux défis de la modernisation économique et sociale et de la décolonisation. C’est la fin de plusieurs siècles d’aventures impériales britanniques.

Au final, avec la déclaration de la conférence qui se clôt le 2 août, la page de la seconde guerre mondiale est tournée. La division de l’Allemagne et le sort qui attend le Japon, constituent à bien des égards des signes annonciateurs des caractéristiques de la guerre froide qui se prépare…

Bibliographie

- Histoire des relations internationales 1945-1962 de Charles Zorgbibe, Éditions Hachette, Paris, 1995

- 1945, de Yalta à Potsdam, des illusions à la guerre froide de Arthur Funk. Editions Complexe, 1999.

- Miscamble, Wilson D. (2007), From Roosevelt to Truman: Potsdam, Hiroshima, and the Cold War, Cambridge University Press.

- La Chute de Berlin d'Antony Beevor, Antony Beevor, 2002 / De Fallois (fr.) , 2002.

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