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La fête de Pâques

fael-cloche-de-paques-11303Bien que relevant d’une signification différente les fêtes pascales sont communes à deux des plus grandes religions : le Judaïsme et le Christianisme. Mais Pâques est aussi une fête attendue par de nombreux athées, par habitude, pas goût ou par gourmandise… Il n’est donc pas exagéré de dire que de nos jours Pâques est la fête qui tend le plus à l’universalité. De l’Exode au retour des cloches, de la Résurrection aux œufs en chocolat, retour sur les textes fondateurs et les différentes significations des fêtes pascales.

 

Pessa’h, la Pâque juive

La Pâque juive, Pessa’h, célèbre l’Exode c'est-à-dire la fuite du peuple hébreux depuis l’Egypte jusqu’en terre promise sous la direction de Moïse. C’est donc le fête de la libération, de la sortie de l’esclavage ! Cette fête dure une semaine et commence le 14 nissan, ce qui dans le calendrier grégorien tombe à la fin du mois de mars ou au mois d’avril. Les Juifs offraient lors de Pessa’h l’offrande pascale (un agneau sacrifié par maison) mais ce rite est suspendu depuis la destruction du Temple de Jérusalem. Le sacrifice de l’agneau rappelait le geste qui avait protégé les Hébreux de la dixième plaie d’Egypte. Ils continuent par contre de commencer lors de cette fête le décompte de l’omer, ce décompte conduit jusqu’à la fête de Chavouot. Durant Pessa’h les Juifs suivent aussi des prescriptions alimentaires comme manger des mantzot (du pain sans levain) à la place du hametz (pain levé) ce qui rappelle le pain des Hébreux de l’Exode qui avaient fuient l’Egypte sans laisser au pain le temps de lever.

Toutes ces prescriptions au peuple juif sont explicitement énoncées dans le douzième chapitre du livre de l’Exode :

« Le dixième jour de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau pour chaque maison.

Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra avec son plus proche voisin, selon le nombre des personnes; vous compterez pour cet agneau d'après ce que chacun peut manger.

Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an; vous pourrez prendre un agneau ou un chevreau.

Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois; et toute l'assemblée d'Israël l'immolera entre les deux soirs.

On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera.

Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères.

Vous ne le mangerez point à demi cuit et bouilli dans l'eau; mais il sera rôti au feu, avec la tête, les jambes et l'intérieur.

Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin; et, s'il en reste quelque chose le matin, vous le brûlerez au feu.

Quand vous le mangerez, vous aurez vos reins ceints, vos souliers aux pieds, et votre bâton à la main; et vous le mangerez à la hâte. C'est la Pâque de l'Éternel.

Cette nuit-là, je passerai dans le pays d'Égypte, et je frapperai tous les premiers-nés du pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'aux animaux, et j'exercerai des jugements contre tous les dieux de l'Égypte. Je suis l'Éternel.

 

Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez; je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d'Égypte.

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Vous conserverez le souvenir de ce jour, et vous le célébrerez par une fête en l'honneur de l'Éternel; vous le célébrerez comme une loi perpétuelle pour vos descendants.

Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Dès le premier jour, il n'y aura plus de levain dans vos maisons; car toute personne qui mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, sera retranchée d'Israël.

Le premier jour, vous aurez une sainte convocation; et le septième jour, vous aurez une sainte convocation. On ne fera aucun travail ces jours-là; vous pourrez seulement préparer la nourriture de chaque personne.

Vous observerez la fête des pains sans levain, car c'est en ce jour même que j'aurai fait sortir vos armées du pays d'Égypte; vous observerez ce jour comme une loi perpétuelle pour vos descendants. »

 

D’un point de vue symbolique Pessa’h invite tout juif à avoir le courage de sa propre sortie d’Egypte intériorisée, c'est-à-dire savoir dépasser les limites apparentes. On peut aussi voir la valorisation des pains sans levain comme une valorisation de l’humilité.

La Pâques chrétienne

Pour les Chrétiens la fête de Pâques n’a pas du tout la même origine, bien qu’il y ait de nombreux liens historiques et thématiques avec la fête juive. Et pour cause, Jésus étant bien entendu Juif il se rendit à Jérusalem pour fêter Pessa’h et fut à cette occasion arrêté par les autorités religieuses, condamné par l’occupant romain et crucifié. La Passion du Christ coïncide donc chronologiquement avec la fête juive et les Chrétiens ont fait le parallèle entre l’agneau pascal sacrifié par les Juifs et Jésus sacrifié sur la croix. D’où les références à ce qu’on appelle l’Agnus Dei, l’agneau portant l’auréole et la croix : symbole du Christ.

La fête se préparant, le corps de Jésus fut ensuite déposé à la hâte dans un tombeau, fermé par une pierre. Ce n’est que trois jours plus tard que les disciples de Jésus retournèrent au sépulcre pour embaumer le corps. C’est alors qu’ils auraient constaté la Résurrection. Ainsi Saint Jean l’évangéliste raconte au chapitre 20 :

« Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.

Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis.

Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.

Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre;

s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre,

et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.

Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut.

Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter des morts.

 

Et les disciples s'en retournèrent chez eux.

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Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre;

et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.

Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.

En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c'était Jésus.

Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai.

Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c'est-à-dire, Maître!

Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses. »

Jésus réapparait ensuite à plusieurs reprises aux apôtres, leur enseignant que sa venue était annoncée dans l’Ancien Testament et que sa Résurrection (victoire suprême sur la mort) est le signe concret de sa divinité et de l’inauguration d’une nouvelle alliance en vigueur entre son retour auprès du Père (fêté lors de l’Ascension) et la fin des temps.

Contrairement aux Juifs les Chrétiens ne fêtent donc pas l’Exode à Pâques mais la Résurrection de Jésus Christ, acte fondateur de leur religion. Il s’agit donc de la fête la plus importante de la Chrétienté. A travers la mort du Christ, sacrifié comme l’agneau, l’humanité est lavée de ses péchés et tout Homme peut aspirer à la sainteté en suivant l’enseignement de Jésus.

Des cloches et des œufs

Pour ceux qui n’ont pas de culture religieuse Pâques est en premier lieu un jour férié et une fête où l’on mange du chocolat à volonté et sous diverses formes dont en particulier des cloches et des œufs. Ils ignorent parfois que même cette facette de la fête est profondément ancrée dans la tradition chrétienne. En effet la fête de Pâques marque la fin du carême, une période de quarante jours durant laquelle les Chrétiens ont jeûnés. Pâques marque donc la rupture d’un long jeûne et se concrétise par le retour de tous les produits gras et sucrés dont on s’était privé jusque là ! Quant aux œufs on suppose que fut un temps on mangeait à Pâques tous les œufs mis de côtés pendant le carême. La thématique est restée mais les œufs de poules sont devenus des œufs en chocolat !

Mais Pâques c’est aussi la fin de la semaine sainte durant laquelle les Chrétiens commémorent la Passion du Christ depuis l’entrée à Jérusalem (fête des Rameaux) jusqu’à ladite Résurrection. Or à partir du vendredi saint, qui rappelle la mort de Jésus, et jusqu’à Pâques l’Eglise est en deuil et les cloches ne sonnent plus. Le jour de Pâques les cloches donnent à nouveau : voilà pourquoi l’on parle du retour des cloches ! Pour de nombreux enfants les cloches qui étaient « parties » reviennent soudainement le même jour que les friandises d’où une imagerie populaire des cloches ailées déversant les œufs en chocolat dans les jardins ! 

Mais au final, bien que récupérés par une multitude d’enseignes agro-alimentaires inondant les rayons de supermarchés des semaines à l’avance, bien que parfois consommés sans conscience de leur origine, les cloches et les œufs en chocolat sont avant tout l’héritage de notre culture judéo-chrétienne !

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