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Le monde vu par les Européens au XVe siècle

FraMauroMapA la veille de ce que l’historiographie a appelé « les Grandes Découvertes », l’Occident chrétien a une vision géographique du monde où se mêlent influences grecque, religieuse et empirique, avec une pointe de mystères, bien loin de ce que les explorations et conquêtes des XVIe et XVIIe siècles vont permettre, changeant de manière décisive la façon d’appréhender le monde, pour entrer dans la modernité. Les premiers explorateurs, tel Christophe Colomb, sont ainsi encore des hommes du Moyen Âge.


 

 

La mappemonde « T dans O »

C’est le modèle « mappemonde T dans O » qui est la principale marque de l’influence religieuse sur la géographie du monde au Moyen Âge. S’inspirant des savants antiques comme du récit biblique, des Pères de l’Eglise comme Isidore de Séville (560-636) partagent le monde entre les trois fils de Noé : à Sem l’Asie, à Japhet l’Europe et à Cham l’Afrique. C’est une vision géographique où la Terre est plate, qui a en partie joué sur l’idée reçue qui voudrait que les hommes du Moyen Âge ignoraient la rotondité de la planète (alors qu'elle est connue depuis l'Antiquité, et que les savants médiévaux, étudiant les sciences des Grecs, ne pouvaient l'ignorer). L’Est est en haut, car il représente l’Eden, le Paradis.

Ce modèle « T dans O » persiste jusqu’à la fin du Moyen Âge, et les trois fils de Noé laissent parfois la place aux Rois mages, eux aussi symboles chacun d’un « continent », même si ce terme date plutôt de l’époque moderne.

Le rôle des cartes portulans

noterreLes cartes marines, qui se développent surtout à partir du XIIIe siècle sont fondamentales pour comprendre de quelle façon les Européens voyaient alors le monde. D’abord fabriquées pour la navigation, et donc grâce à des observations précises, elles deviennent rapidement des objets de collection, représentations souvent idéalisées, mêlant indications cartographiques et iconographie figurative, exhibées dans les studiolos et les palais princiers.

De la mappemonde ptoléméenne au globe

ptolemee-cosmographie-carte-1482Le rôle des Grecs est évidemment central dans la pensée géographique du monde. Au XVe siècle, c’est la vision de Ptolémée, géographe grec du IIe siècle, qui devient la plus populaire, et avec elle l’influence d’Eratosthène et de la sphéricité de la Terre s’impose peu à peu, au détriment de la vision plane et religieuse des siècles précédents.Selon Ptolémée, l’océan Indien était fermé, ce que l’on découvre dans les représentations du XVe siècle, comme celle de Nicolaus Germanus (1482). En 1450, le moine Frau Mauro réalise une mappemonde qui fait la synthèse entre plusieurs cultures cartographiques, chrétienne mais également arabe, intégrant des informations empiriques, tirées des premières explorations de l’époque. Si Ptolémée l’influence également, il ne retient pas son idée de l’océan Indien fermé.

globe_martin_berhaimToutefois, l’exemple le plus flagrant de la vision du monde au XVe siècle, transition entre Moyen Âge et époque moderne, est certainement le globe de Behaïm. S’inspirant lui aussi de Ptolémée, il intègre à sa représentation des informations tirées des voyages de Marco Polo et de Jean de Mandeville, deux voyageurs dont les récits guideront Christophe Colomb lui-même. Le globe de Behaïm représente ainsi un océan Atlantique rétréci qui, si on le traverse, mène directement à Cipango (Japon) et à l’Asie. Au milieu, il manquait juste le Nouveau Monde, « découvert » quelques mois plus tard par le navigateur génois…

 

Bibliographie :

-          P. Boucheron (dir), Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009.

-          C. Grataloup, L’invention des continents, Larousse, 2009.

-          « L’âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le monde », BNF, Seuil, 2012.