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Les facéties de Benjamin Franklin

FranklinBenjamin Franklin reste dans la mémoire collective comme étant le père fondateur des Etats Unis, le rédacteur de la Constitution américaine, l’inventeur d’appareils divers ; mais on connait un peu moins ses activités annexes comme le journalisme, l’écriture, et sa folle passion pour l’humour. Ainsi, il peut véhiculer ses idées au travers de lettres et d’articles de journaux surprenants, truffés de conseils curieux, toujours sur un ton plaisant, comme certains que nous rapportons ici.

 

Ses débuts dans l’imprimerie

Dernier d’une famille de dix sept enfants, il nait en 1706, apprend l’imprimerie chez son frère ainé à l’âge de dix ans et découvre peu à peu que l’écriture naturelle est le meilleur moyen de faire passer ses idées et qu’en usant d’humour, tout est mieux accepté.

En 1729, il achète « la Gazette de Pennsylvanie » qui deviendra le journal le plus lu et le plus rentable d’Amérique coloniale. Désireux de transmettre son savoir, il va éditer un mélange d’articles sérieux concernant des notions scientifiques, à côté de conseils pour rester économe, mais aussi sur la manière de se comporter en société pour y « briller afin d’éclipser l’éclat des voisins pour qu’il ne ternisse pas le nôtre…mais à force, on devient un compagnon détestable, en ramenant tout à soi, en interrompant celui qui parle, la plupart des gens timides nous laisseront discourir, ainsi on brillera sans craindre de rival ».

Franklin_AlmanachEn 1732, sa première édition « les Almanachs du Bonhomme Richard » truffée de conseils domestiques, renseignements scientifiques, proverbes et maximes, est vendue à 10 000 exemplaires. Défenseur de l’intérêt public, mais usant souvent de pseudonymes, il prend l’exemple de « la création d’un cadran solaire afin que tout le monde puisse connaitre l’heure sans voir le cadran, en utilisant des canons à poudre. Ce cadran est très couteux par rapport aux avantages obtenus, il en de même des projets publics, demandant un gros investissement pour peu de profits ».

Ses articles de société

Une fois sa fortune acquise, il vend ses imprimeries et papeteries à un de ses employés pour se consacrer à la recherche et la politique, mais ne perd pas son humour et sa fantaisie. Il a alors le temps de créer des écoles, des bibliothèques, même une compagnie de pompiers. Il invente l’harmonica de verre, le poêle Franklin, le paratonnerre, se lance dans des travaux sur l’électricité, est admis à la société royale de Londres et l’Académie des Sciences de Paris.

Considérant que la conversation est un mode essentiel de diffusion de la culture, il fonde en 1750 un club où les membres discutent de sujets philosophiques, et Benjamin se laisse à philosopher sur le vin, d’où il écrira la chanson « les Premiers hommes » :

Les Premiers hommes étaient tous parfaitement sobres

Ils n’avaient pas de vin, ne brassaient pas en octobre ;

Tous méchants, bilieux, de mauvais coups préparant,

Pas de bons vivants, sans bons remontants.

Tralalère…

C’est ce vieux et honnête Noé qui planta vigne le premier,

Et, buvant son vin, conserva sa moralité ;

Il condamna à bon droit les buveurs d’eau ;

Sachant que toute l’humanité allait en périr bientôt.

Tralalère…

De cet épisode, clairement nous apprenons

Que l’eau n’est bonne ni pour le corps ni pour la raison ;

Que dans l’ivresse se trouvent vertu et sécurité,

Alors que tout ce qui boit de l’eau mérite d’être noyé.

Tralalère…

Aussi, pour notre salut, levons notre verre.

Benjamin Franklin ne supporte plus de voir l’Angleterre déporter les malfaiteurs dans les colonies d’Amérique, surtout que les assemblées coloniales veulent voter une loi « pour prévenir et décourager le transport de bagnards et malfrats depuis la Grande Bretagne empêchant le développement et le peuplement satisfaisant des Colonies ». Il rédige une lettre à paraitre en 1751 prenant comme exemple les serpents à sonnette que l’on est en droit d’exterminer, mais dont la mort pourrait être transformée en déportation…ils seraient transportés en Angleterre, laissés sur les lieux de promenade des anglais et dans tous les jardins des membres du Parlement !

Lors de son voyage à Londres en 1757, il rédige des articles, puis des essais comme « la voie de l’opulence » : des conseils pour parvenir à la prospérité, qui seront traduits en anglais, français, allemand, polonais, russe, catalan…

Sa célébrité en France

Longtemps, il avait espéré que l’Angleterre serait conciliante avec les colonies américaines. Mais devant le peu de bon vouloir des anglais, il prend la défense des Insurgents et c’est à l’âge de 70 ans que Benjamin Franklin arrive en France, afin de négocier le traité d’alliance pour l’indépendance des Etats Unis. La traversée de l’océan se passe rapidement, malgré la tempête qui lui fait envoler sa perruque. Ayant peu de cheveux et un eczéma sur le crâne, il se coiffe d’une toque de trappeur qui fera désormais fureur à Paris.

Franklin_franc_maonReçu dans tous les salons parisiens, élu Grand Maître à la Loge des Neufs Sœurs, les femmes vont rapidement devenir folles de lui, malgré son gros ventre, sa vue basse, ses crises de goutte. Sa canne est copiée, on se coiffe à « la Franklin », les lunettes à double foyer qu’il vient d’inventer vont jouir d’un grand succès. Son portrait se trouve sur toutes les cheminées des maisons, mais aussi sur des bagues, des bracelets, des tabatières. Les peintres et sculpteurs le demandent sans cesse pour poser, mais au bout de quelques temps, il refuse toute proposition…étant sujet à des torticolis sans fin !

Pour la signature du traité d’alliance, il doit se présenter au roi. Comment faire sans perruque ? N’en trouvant pas à sa taille, il opte pour un chapeau gris clair, un costume brun foncé et des souliers à boucle d’argent. Il est admiré, les courtisans disant « il est habillé en quaker ».

Un homme plein de fantaisie

Déjà jeune, il s’amusait « pour montrer que je n’étais pas fier, il m’arrivait de traverser les rues avec une brouette pour rapporter chez moi le papier que j’achetais dans les magasins »…

Grand amateur d’humour, il propose à l’Académie Royale de Bruxelles en 1781, un sujet de recherche dans le domaine des sciences physiques ayant une réelle utilité « découvrir quelque saine et agréable médecine qui, mêlée à nos aliments et nos sauces, pourrait rendre les émissions de vents de nos corps, non seulement inoffensives, mais agréables et parfumées ». Dans sa lettre, il tente de convaincre le jury en expliquant que l’inventeur sera récompensé par une gloire éternelle, en comparaison à d’autres découvertes peu importantes qui ont rendu des hommes de science célèbres, « l’homme sera bien plus heureux libéré de son ventre et réjouissant l’odorat de tous ceux autour de lui plutôt que d’observer la lumière séparée en rayons de sept couleurs grâce au prisme de Newton » !

En 1785, il adresse une lettre aux personnes chargées de l’éducation par le biais de son histoire de « la Main Gauche », où une sœur ainée reçoit toute l’éducation nécessaire, alors que la seconde enfant est toujours délaissée, voire réprimandée par manque d’aisance et de délicatesse ! Qu’adviendra-t-il de la famille avec ces traitements inégaux, si la sœur ainée avait quelques indispositions ? Il y a nécessité de partager de manière égale les soins apportés aux enfants !

Franklin_a_la_courIl eut une vie amoureuse extraordinaire. Clamant que le mariage « est une union pour un bonheur durable, le couple étant armé pour réussir ensemble dans le monde », il explique pourtant que l’on peut prendre maîtresse, mais plutôt d’âge mur ! Celles-ci ont la conversation enrichie ; après avoir été belles, elles deviennent bonnes, rendant 1000 services ; n’ayant plus de problèmes d’enfants ; de plus, elles sont discrètes dans leur liaison pour éviter les soupçons. Son ultime passion fut pour la veuve d’Helvétius, surnommée « Notre Dame d’Auteuil », ancienne amie intime de Turgot, qui régnait sur dix huit chats angoras et dix chiens, s’installant sur les fauteuils de son salon. Benjamin Franklin, devenu veuf, a 80 ans lorsqu’il lui propose le mariage. Turgot le déconseille à son amie « il en sera comme vous voudrez, mais si vous prenez cette décision, c’est tout votre salon qui s’en va »… elle refuse donc. Il se consolera peut être avec une bouteille de Bourgogne, sa cave étant fournie par le beau frère du chevalier d’Eon !

A sa mort en 1790, il a une telle presse que l’Assemblée Nationale française déclare trois jours de deuil national.

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