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Accueil Patrimoine France : Sud-Est Les Baux de Provence : Histoire et patrimoine

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Les Baux de Provence : Histoire et patrimoine

baux_de_provenceHaut lieu historique, le village des Baux de Provence, fondé au Moyen-âge, modifié à la Renaissance, honoré par les grands poètes provençaux tels Mistral, Daudet, Pagnol, peint par Cézanne et Van Gogh, attire un public du monde entier et présente de juin à octobre 2011 quatre vingt œuvres originales d’Arman dans un hôtel particulier du XVI è siècle. Le site des Baux de Provence s’étendant sur sept hectares fait partie des Plus Beaux Sites Protégés au titre des Monuments Historiques et fut classé en 1988 parmi les Plus Beaux Villages de France.

 

L’histoire des Baux de Provence

Village perché sur les rochers, le nom « Baux » signifie à l’origine aplomb, falaise, escarpement rocheux. La légende veut aussi que Balthazar, l’un des rois mages, sur sa route pour Bethléem, s’arrête à cet endroit et fonde la cité. Bien que des traces d’habitat furent trouvées datant de 6000 av. J.-C., le nom des Baux est mentionné pour la première fois au X è siècle. Bastion militaire au Moyen-âge, présentant le double avantage d’observer les environs et de se protéger, la cité est l’un des plus anciens établissements féodaux d’Europe.

Appartenant à Pons Le Jeune, noble proche de l’archevêque d’Arles, le site passe dans les mains d’Hugues des Baux après avoir signé la charte de paix avec les comtes de Provence de la Maison de Barcelone en 1156. Agrandissant ses domaines au détriment de l’Eglise d’Arles jusqu’à couvrir soixante dix neuf villes appelées terres baussenques, la Maison des Baux restera maître de ses terres pendant cinq cent ans.

Au XIII è siècle, le seigneur des Baux construit le donjon sur le rocher, mais sa demeure est inconfortable, froide, les murs étant si épais, qu’il passe plus de temps à la chasse, aux tournois et à la guerre. Les descendants améliorent les conditions d’habitation jusqu’à Alix des Baux, la dernière princesse qui disposait de tapis et tapisseries murales aux sujets historiques, découverts sur l’inventaire en 1426 après sa disparition. Les barons de la Maison des Comtes de Provence prennent alors possession des domaines au XV è siècle, c’est l’époque des troubadours, de l’amour courtois et de la douceur de vivre jusqu’à ce que les terres baussenques passent sous la tutelle royale lorsque la Provence est rattachée à la France sous Louis XI.

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A la Renaissance, Bernardin des Baux puis le connétable Anne de Montmorency vont transformer le château et construire d’élégants hôtels particuliers avec la pierre des carrières toutes proches. Responsable de la cité des Baux en l’absence du connétable, Claude de Manville accueille les réfugiés protestants venant de toute la région lors des guerres de religion. Au XVII è siècle, dirigé par Antoine de Villeneuve, le village sert encore une fois de refuge pour les habitants d’Aix en Provence lorsque le roi aliénait le Parlement de Provence. Mécontent, Richelieu assiégera la ville et démantèlera la forteresse en 1633. Mais en 1642, Louis XIII offre la cité à la famille d’Hugues de Grimaldi en tant que marquisat. De nos jours Albert de Monaco est Marquis des Baux, bien que la ville soit administrativement rattachée à la France.

Après la révolution, le marquisat est rattaché à la France et les villageois abandonnent peu à peu la cité. Elle ne compte plus que quatre cent habitants au début du XX è siècle, alors qu’ils étaient trois mille au XIII è siècle, malgré la découverte d’un minerai la bauxite en 1821 qui sera exploité jusqu’à son épuisement à la fin du XX è siècle.

A la fin de la seconde guerre mondiale, la ville devient touristique et en 1966, André Malraux inscrit le village sous la protection du Ministère de la Culture et de l’Environnement.

Visite du village des Baux de Provence

Le village entièrement réservé aux piétons, possède un charme particulier avec ses petites places, ses terrasses ombragées et ses rues étroites et pavées. Avant de parvenir au château et son plateau qui vous offre un panorama splendide sur les vignes et les champs d’oliviers, vous pouvez visiter les quelques vingt deux monuments, bâtiments et chapelles classés, parmi lesquels se trouvent :

- la Maison du Roy, construite en 1499, adossée aux remparts, fut le siège de la justice seigneuriale et royale. De nos jours, le bâtiment accueille l’office de Tourisme ;

- l’hôtel de Manville a été bâti en 1571, dans le pure style renaissance pour Claude II de Manville, capitaine viguier des Baux. Admirez la fenêtre avec l’inscription Post Tenebras Lux 1571 (« après les ténèbres, la lumière ») qui était une devise calviniste. Le bâtiment a été offert à la municipalité pour y installer la mairie depuis 1960 ;

Baux_de_Provence-Eglise_St_Vincent- l’église Saint Vincent, un édifice du XII è siècle à moitié troglodytique, de style roman et renaissance, fut creusée dans le roc. A l’intérieur, vous trouvez la chapelle funéraire de la famille de Manville avec une voute gothique. A l’extérieur, sur le côté sud, vous pouvez apercevoir une tourelle dont la coupole est ornée de gargouilles où brûlait jadis une flamme lors du décès d’un habitant des Baux.

- l’ancienne chapelle Saint Blaise du XII è siècle, fondée par la corporation des tisserands et cardeurs ;

- l’hôtel des Porcelets dont la façade est du XVI è siècle munie de fenêtres à meneaux. A l’intérieur est conservée une salle voutée avec peinture du XVII è siècle, le bâtiment abritant le musée Yves Brayer depuis 1991, un des plus importants peintres français contemporains ;

- la chapelle des Pénitents, datant du XVII è siècle, érigée par les Pénitents blancs et dédiée à Saint Estelle. La porte d’entrée est surmontée d’un bas-relief représentant deux pénitents agenouillés ;

- la fondation Louis Jou : bâtiment du XVI è siècle que Louis Jou, maître typographe a aidé à conserver. Un musée a été créé en son honneur avec l’atelier comportant les presses. Louis Jou, catalan, est surtout connu pour avoir conçu et réalisé lui-même un ouvrage tout seul. Graveur sur métal, il a également décoré certaines reliures d’ouvrages sortis de ses presses.

Pavillondelareine- le pavillon de la Reine Jeanne, près de l’ancien lavoir, est dans le pur style renaissance, construit par Jeanne de Quiqueran, l’épouse d’Honoré des Martins un des barons des Baux entre 1568 et 1581. Le pavillon possède un magnifique jardin ombragé, appelé « Jardin du Comte » ou « Verger du roi ».

- le musée des santons rassemblant des figurines napolitaines des XVII è et XVIII è siècle, et des santons dans la tradition provençale du XIX è siècle. Vous découvrez cent quinze santons habillés, quatre vingt trois peints et vingt quatre figurines napolitaines, une scène avec l’offrande aux bergers, la crèche provençale ainsi qu’une scène de vie quotidienne au XIX è siècle. Le bâtiment construit sur les anciens remparts, a été acheté par les Baux en 1619, puis reconstruit en 1657, la voute renaissance a été prolongée par une voute d’arêtes. Les sous sols conservent deux cachots du XVI è siècle servant de prison jusqu’à la révolution. Il fut utilisé comme corps de garde, d’école, de tribunal et d’hôtel de ville jusqu’en 1960.

- le château des Baux et son plateau, bien qu’en ruine, nous plonge dans le Moyen-âge, grâce à son donjon, ses tours Sarrasine et Paravelle, son colombier seigneurial et sa chapelle castrale que vous visitez. La visite, agrémentée par de grands panneaux d’explications nous fait revivre la vie quotidienne de l’époque et nous présente les machines de guerre du Moyen-âge.

Manifestations périodiques et Expositions temporaires

Baux_trbuchetD’avril à septembre, vous pourrez participer à diverses animations et découvrir les machines de guerre du Moyen-âge.

Initiez-vous au tir à la catapulte avec le trébuchet, le couillard et la bricole qui lancent des boulets à plus de deux cent mètres. Puis essayez-vous au tir à l’arbalète au pied du château, à travers une archère ou depuis une tourelle afin d’atteindre votre cible à trente mètres. Enfin participez au spectacle « le maniement des armes » en testant les armes et le matériel militaire de l’époque.

L’exposition d’Arman se déroule actuellement et jusqu’au 16 octobre 2011, non seulement dans un hôtel particulier attenant au musée Brayer, mais vous propose un parcours initiatique dans les rues de la cité. Armand Fernandez artiste français, communément nommé Arman, né à Nice en 1928 et mort à New York en 2005, plasticien contemporain, membre fondateur du mouvement des Nouveaux Réalistes, est célèbre pour ses « accumulations », carcasses de fauteuils calcinés, destructions de violons ou amas de poubelles.

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