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Dublin : Histoire et patrimoine (1/2)

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Située sur la côte Est de l’Irlande, Dublin capitale et plus grande ville de l’île d’Emeraude, attire chaque année 4,5 millions de visiteurs alors qu’elle n’en possède que 525 000. L’origine de son nom anglais « Dubh Linn » signifie Marée Noire en raison de la couleur sombre de la rivière qui sépare la ville. Autrefois sous domination viking et britannique, la capitale regorge de références au passé. Espace médiéval et son château en ruines ou quartier élégant au style géorgien, symbole d’une époque dorée ? Avant de choisir votre premier pied-à-terre, prenez connaissance de l’histoire passionnante de la capitale.

Peu de sources évoquent l’histoire de la ville à ses débuts. Il semblerait que certains témoignages dont les écrits de Ptolémée, convergent vers l’existence d’une première colonie celte « Atha Cliath » fondée en 140 après JC. A cette époque, Dublin était connue sous le nom d’Eblana. Les Celtes y auraient construit des églises sur les bords de la Liffey, auprès d’un gué. Ce qui peut expliquer l’origine gaélique « Atha Cliath » qui signifie en français « la ville du gué des claies ». On sait avec plus de certitude que bien après, vers 448, Saint Patrick arrive dans la ville pour baptiser des chrétiens convertis.

L’ère médiévale : vikings et anglo-normands

L’ère viking est plus connue des historiens. En 841, les Vikings venus de Norvège sur leurs drakkars installent un premier campement à Dublin pour passer l’hiver. Ils construisent un port de garnison sur les Rives Sud de la rivière puis un Bastion à Wood Quay. La ville, baptisée « Dubh Linn », devient alors un véritable comptoir commercial avec l’Europe. Les peuples celtes et vikings cohabitent et des mariages voient le jour entre ces derniers. Toutefois, c’est plus d’un siècle plus tard que l’on considère la véritable naissance de la ville, en 988 avec le paiement du premier impôt. La ville a donc une double origine : un nom gaélique « Baile Atha Cliath » en référence à la colonie celte et « Dubh Linn » à la ville viking.

La mainmise scandinave sur la capitale s’achève avec la bataille de Clontarf (1014) qui sonne la victoire du roi D’Irlande : Brian Boru. Peu après, en 1052, le dernier roi scandinave de Dublin est chassé par le roi du Leinster qui fait de cette ville, capitale effective du pays à la place de Tara. La population dublinoise qui est estimée à  4 500 habitants au milieu du XIème siècle, augmentera avec l’arrivée des anglo-normands et de ses artisans-commerçants.

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Après avoir conquis l’Angleterre en 1066, les Normands arrivent sur l’île au XIIème siècle. Guidés par Strongbow fidèle au roi anglais d’Henry II, ils créent un poste de commandement à Dublin en 1170. C’est l’année suivante que le roi donne à la ville sa première charte. Pour imposer leur autorité, les normands expulsent les Vikings, exécutent le chef Hascult. Grands baptiseurs ayant recours à l’usage de la pierre, ils sont à l’initiative de la construction de plusieurs monuments. On peut citer la cathédrale de Christ Church en style gothique, la réédification de la cathédrale Saint Patrick puis le Château. La ville devient ainsi un lieu important de pèlerinage. C’est en 1204 sur ordre du Roi John que le château de Dublin, futur siège du pouvoir anglais, est construit. La ville, plus généralement la région de Dublin, est désormais isolée du reste de l’Irlande par des murs et se situe dans la région appelée « the pale » : la clôture.

Au début du XIIIème siècle, plusieurs langues sont parlées en ville : le français, probablement un peu de latin, l'ancien anglais et le gaélique. Il faut savoir que peu d’irlandais y vivaient, la plupart étant retranchés dans la campagne environnante (en dehors du « Pale », vers Wicklow) sur laquelle les anglo-normands en avaient un contrôle limité. Ainsi, entre 1209 et 1316, la ville est la proie des tribus celtes, dissimulées dans les montagnes de Wicklow et qui la pillent régulièrement. En 1348, la peste noire véhiculée par les rats, transportés dans les bateaux de marchandises, décime une grande partie de la population.

L’âge d’or : le Dublin Protestant

Au XVII et XVIIIème siècle, la domination anglaise s’intensifie et se développe en dehors des murs de Dublin par la colonisation des terres. L’âge d’or est précédé par des périodes de rébellions et des guerres de religion. Les rebellions fomentées par Thomas Fitzgerald en 1534 contre le Château de Dublin sont vaincues par les Anglais. Des nouvelles tentatives de renversement de l’autorité sont écrasées par Elisabeth en 1602 à la bataille de Kinsale, puis par Olivier Cromwell en 1649. De plus, les guerres de religion ont des répercussions sur la vie dublinoise. En 1690, la défaite des catholiques face au roi Guillaume d’Orange (Bataille de la Boyne) entraîne le bannissement de ces derniers de toute fonction publique et l’interdiction du droit de vote. Il en résulte un exode des paysans vers la ville en raison de  la confiscation des terres, désormais propriété des protestants.

Leinsterhouse

La bourgeoisie protestante dublinoise est le fer de lance du développement de l’architecture. En 1748, le duc de Leinster fait bâtir sa résidence : Leinster House. Il s’agit de l’actuel siège du parlement irlandais. Pour l’anecdote, l’architecte James Hoban, s’en serait inspiré pour réaliser les plans de la Maison Blanche. En 1757, les membres de la Wide street Commission décident de redessiner le dédale des rues. Il s’agit d’un organisme dédié au réaménagement de la ville afin de transformer Dublin selon les modèles européens composés de boulevards et de squares. De nouveaux bâtiments voient le jour, tels que Custom House et Four Court qui sont situés sur la rive Nord.

Le siècle suivant constitue une période de déclin marquée par la fuite de la bourgeoisie protestante vers Londres suite à la dissolution du parlement irlandais, sanction de la révolte des paysans de 1798. Ce départ entraîne malgré lui la dégradation des monuments récents.

Vers l’émancipation

Le destin de Dublin, théâtre des agitations politiques et culturelles, est lié à celui du pays désireux de s’émanciper de la domination anglaise. On ne peut évoquer l’histoire de la capitale sans resituer brièvement le contexte des deux derniers siècles.

En 1801, se forme par l'initiative du parlement irlandais : le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande. Les Irlandais espèrent alors par cette "association volontaire" obtenir au sein de l'Empire "des lois égales, une affection réciproque et des intérêts indissociables". La situation ne s'améliore guère pour les paysans qui ne sont toujours pas propriétaires des terres qu'ils cultivent. Une insurrection mal organisée menée par Robert Emmen contre le château se solde par un échec. C'est avec le personnage d'O'Connell, député et militant que les catholiques recouvrent leurs droits. Sa popularité grandissante contraint le premier ministre de Grande Bretagne à présenter un projet de loi : l'Acte d'émancipation des catholiques, qui sera voté en 1839. Quant aux  paysans, il leur faudra attendre la réforme agraire de 1885 pour redevenir maîtres de leurs terres.

Outre, les rebellions et les volontés d'améliorer légalement le statut des Irlandais, le nationalisme se manifeste aussi par la construction de bâtiments destinés à promouvoir la culture gaélique. En 1904, l’Abbey Theatre est construit au nord de Dublin afin de préserver la langue. Des associations telles que le GAA (Gaelic Athletic Association) proposeront des sports celtes comme le Hurling ou le football gaélique.

Le XXème siècle est troublé par les grèves générales de 1913, la guerre civile en 1916 qui entraîne l’occupation des bâtiments publics par les insurgés et la guerre d’indépendance de 1921. Le traité qui en découle donne naissance à six comtés mais a causé la mort de 4000 hommes et la destruction de nombreux bâtiments dublinois. Le palais de justice et le coté droit de la rue O’Connell street ont cédé à la puissance des obus. C’est en 1949, que le gouvernement proclame l’Irlande, République de l’Etat libre, avec Dublin pour capitale.

L’intégration de l’Irlande en 1973 dans la Communauté Economique Européenne donne un nouveau souffle au pays et à la capitale. Moins de vingt ans plus tard, en 1992, Dublin est élue capitale culturelle européenne. La ville a ensuite fait l'objet d'une politique de restructuration et de rénovation des routes vers le centre-ville.

Dublin, de nos jours : capitale dynamique

Dublin, ville cosmopolite à taille humaine est composée d’une grande variété de pubs et d’une population

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assez jeune dont 40% à moins de 25 ans. Divisée par la Liffey en deux parties, la ville se structure en plusieurs quartiers renvoyant à une période et une ambiance particulière :
  • Le nord de la Liffey est communément appelée « quartier populaire » aux nombreux commerces et à l’âme littéraire à travers les différents théâtres et le musée des écrivains.
  • Le quartier Georgien est caractéristique de l’âge d’or à travers l’architecture géorgienne,comprend deux magnifiques parcs, plusieurs musées nationaux ainsi que l'université Trinity College.
  • Le quartier médiéval et les Liberties laissent apercevoir les plus anciens monuments dont le château et la cathédrale Saint-Patrick.
  • Temple Bar est un espace très animé composé de pubs, restaurants, de musiciens « buskers » et de conteurs d’histoires.
 
 

Ce qu'il faut savoir : 

- Si vous vous rendez à Dublin pour la première fois en bus, il convient de demander au conducteur la somme à régler (à insérer ensuite dans une machine) qui varie en fonction de la distance et de faire l’appoint car il ne rend pas la monnaie. Il peut être utile de vous renseigner sur votre destination exacte, le nom des arrêts n’étant ni précisé au long du voyage ni inscrit sur les abris bus.

- La capitale étant relativement petite, il est conseillé de marcher ou de louer un vélo pour profiter de la beauté de la ville. D’autant plus que les célèbres rues commerçantes d’Henry Street et Grafton Street mais aussi celles de Temple Bar sont piétonnes et animées tous les jours de la semaine !

- Pour les plus pressés, rien de mieux que devisiter Dublin en bus en une journée grâce au Dublin Bus Tour qui vous conduira aux 23 places les plus touristiques. Le ticket étant valable 24 heures, n’hésitez pas à descendre et à rejoindre le bus à volonté sur l’un des 23 arrêts. Le trajet complet dure 1h30. Le ticket est de 16 euros pour les adultes et 14 pour les étudiants

- N'oubliez pas que la capitale se compose de bon nombre de musées et établissements nationaux gratuits pour tous :

  • Irish Museum of Modern Art
  • Municipal Gallery of Modern Art
  • National Gallery of Ireland
  • Natural History Museum
  • National Museum d’Histoire et d’archéologie
  • Chester Beatty Library
  • Bank of Ireland State Rooms
  • National Botanic Gardens

 

Plus de renseignements :

site de l'office de tourisme

- Guide sur l'Irlande

- Château de Dublin : Dublin Castle

 

Seconde partie de l'article :  "Dublin : Histoire et tourisme (2/2)"

 

Bibliographie

Joseph McCullough, A Pocket History of Ireland, 2010.

Pierre Joannon, Irlande, Terre des Celtes (photographies Seamas Daly), éditions Ouest-France, Rennes, 1999.

Jean Guiffan, Histoire de l'Irlande, Hatier, Paris 1992.

Élisabeth Servan-Schreiber, Bruce Winslow, Le Grand guide de l'Irlande, Gallimard, Singapour, 1993.