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Accueil Les grandes batailles L'opération Barbarossa (Juin 1941)

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L'opération Barbarossa (Juin 1941)

barbarossa122 Juin 1941. A 3h15 du matin la frontière germano-soviétique s’embrase soudainement sous les coups de l’artillerie allemande. L’Opération Barbarossa vient de débuter. De sa réussite ou de son échec dépendra l’issue du conflit mondial débuté en septembre 1939.

 

Barbarossa entre pari stratégique et guerre de conquête

A l’origine de la décision allemande, outre le poids crucial de l’idéologie national-socialiste, se trouve un pari stratégique de la part d’Adolf Hitler. Confronté à la résistance inattendue de l’Empire Britannique après la chute de la France, le dictateur redoute l’attitude de Moscou qui a profité du pacte germano-soviétique pour avancer ses pions en Europe orientale. D’autre part Hitler sait qu’économiquement l’Allemagne est à la merci du bon vouloir de Staline. Il décide donc de mettre sur pied une campagne décisive pour s’emparer de l’essentiel de la partie européenne de l’URSS. Cela permettra au IIIe Reich d’assurer sa survie économique à long terme (par l’exploitation tant des ressources que des hommes) et de conjurer le spectre d’une guerre sur deux fronts en privant Londres de son dernier allié potentiel sur le continent.

La planification de cette guerre de conquête, qui doit fournir à l’Allemagne l’espace vital évoqué dans Mein Kampf, débute à la fin de l’été 1940. Si le travail fourni par les états-majors est méticuleux, il se base sur des informations erronées. Constante de la seconde guerre mondiale, les services de renseignements allemands sous-estiment gravement les effectifs de l’armée rouge tant en hommes qu’en matériel. Imprégnés d’idéologie nazie les officiers allemands, négligent les capacités de mobilisation politique et industrielle de l’URSS. Pariant sur une campagne courte, ils font l’impasse sur la préparation de matériels hivernaux…une erreur qu’ils paieront au prix fort en décembre 1941.

Dans sa directive n°21 du 3 mars 1941 le führer expose sa conception de la guerre qui s’annonce à l’est. Il s’agit « d’un affrontement entre deux idéologies…L’intelligentsia judéo-bolchévique…doit être éliminée ». A cet effet il est prévu de recourir à des groupes d’intervention (« Einsatzgruppen ») qui agiront à l’arrière du front. Ces unités aux ordres de la SS, seront les responsable de la tristement célèbre « Shoah par balles. »

Un rapport de force initial favorable aux allemands

Sur le plan militaire, l’opération Barbarossa repose sur 3 Groupes d’armées, qui rassemblent plus des deux tiers des divisions allemandes d’alors (plus de150 dont 17 blindés). Il s’agit de troupes aguerries (notamment pour les fers de lance blindés), confiantes dans la victoire suite aux triomphes allemands de 1939, 40 et 41. Le Groupe d’armées nord (26 divisions, Maréchal Von Leeb) doit s’emparer des Pays Baltes et de Leningrad. Le Groupe d’armées centre (49 divisions, 2 Groupes Blindés, Maréchal Von Bock) est le plus puissant. Il doit anéantir par des encerclements le gros des forces soviétiques en Russie blanche, puis pousser jusqu’à Moscou. Enfin le groupe d’armées Sud (41 divisions dont plusieurs roumaines, slovaques et hongrois, Maréchal Von Rundstedt) doit s’emparer des richesses Ukrainiennes avant de progresser dans la direction du Caucase. Ces 3 groupes d’armées peuvent compter sur l’appui de la Luftwaffe, qui aligne près de 4000 appareils à l’est.

map-Barbarossa-FRFace au dispositif allemand, les soviétiques opposeront 4 fronts, rassemblant dans les jours suivants immédiatement l’invasion environ 190 divisions. Néanmoins les formations soviétiques sont moins fournies que celles des allemands, et l’encadrement souffre gravement des conséquences des purges de la fin des années 30. D’autre part Staline estime, malgré de nombreux rapports et indices, qu’Hitler n’attaquera pas et que les préparatifs allemands ne sont que du chantage. Ainsi le 22 juin les formations soviétiques seront prises au dépourvu, recevant même des ordres leur interdisant de provoquer les forces allemandes.

Les premières semaines de Barbarossa sont un désastre pour l’URSS. Staline qui semble avoir un temps chancelé moralement à l’annonce de l’attaque allemande, intime à ses généraux une résistance à outrance qui va favoriser les plans allemands misant sur la mobilité. Les formations soviétiques, malgré une résistance parfois acharnée, seront bien souvent encerclées par les Panzerdivisionen avant d’être écrasées par l’infanterie. Néanmoins le triomphe nazi ne peut être complet en raison des insuffisances de la Wehrmacht.

L'impossible succès de Barbarossa

En effet dans les immensités russes aux réseaux d’infrastructures sommaires la logistique allemande montre vite ses limites. La grande partie de l’armée allemande avance alors encore au rythme des chevaux, ce qui va vite ralentir le rythme des opérations. Les blindés conçus pour évoluer en Europe de l’ouest, supportent mal les efforts qu’on leur impose et le taux de disponibilité des matériels atteint des niveaux alarmants. La Luftwaffe elle peine à dénicher des bases convenables et ses chasseurs manquent de rayon d’action.

L'exécution de Barbarossa souffre encore de la dispersion des moyens qui résulte de la volonté d'Hitler de mener une offensive sur 3 secteurs. Cette divergence des efforts ne peut qu'aggraver les déficiences logistiques et finalement pousser l'armée allemande à ne pouvoir exprimer tout son potentiel. Résultat l'effort décisif en décision de Moscou se trouvera retardé, notamment en raison de l'insistance d'Hitler pour s'emparer du bassin industriel du Donbass.

Enfin les effectifs engagés par Berlin sont encore insuffisants pour nettoyer totalement les zones conquises. De nombreux soldats soviétiques échappent ainsi à la captivité (sort très peu enviable) et forment des groupes de partisans. Enfin contrairement aux estimations optimistes du Haut Commandement allemand, l’armée rouge parvient à renaitre constamment de ses cendres en alignant toujours plus d’hommes et de matériels. Sans souci des pertes, Staline jette sans cesse de nouvelles forces dans la bataille. Au jeu de la guerre d’attrition, le Reich mal préparé à une guerre longue, ne peut que perdre…

Le spectre de la guerre sur deux fronts

Russe-allemandsTous ces éléments, combinés au sursaut patriotique des soviétiques et à la rigueur du climat russe vont valoir une gravissime déconvenue à Hitler. En décembre 41 ses forces épuisées parvenues aux portes de Moscou, vont devoir reculer pour la première fois de la guerre. Malgré des débuts éclatants Barbarossa n’aura pas tenu ses promesses. L’Union Soviétique ne s’est pas effondrée pas et avec le soutien des Etats-Unis (en guerre contre l’Allemagne le 11 décembre 1941) elle peut même envisager de poursuivre la guerre de nombreux mois. Hitler a perdu son pari et va devoir gérer la guerre sur deux fronts qu’il s’était juré d’éviter.

Bibliographie

- Opération Barbarossa : L'invasion de la Russie du 22 juin 1941 à Stalingrad. Traduit de l'allemand par Raymond C. Albeck de Paul Carell, 1964.

- Grand jeu de dupes : Staline et invasion allemande de Gabriel Gorodetsky. Les belles lettres, 2000.

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