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Les armées de la guerre de Sécession (1/7)

Fort_sumter_1861

Une fois que le Stars and Bars – le premier drapeau de la nouvelle nation sudiste, qui en connut officiellement trois durant sa brève existence – eût été hissé au sommet, tronqué par un obus, du mât du fort Sumter le 13 avril 1861, le premier défi auquel furent confrontés les deux belligérants de la guerre de Sécession fut de se doter chacun d’une armée en mesure de faire la guerre. Dans ce domaine, le Nord partait de peu de chose et le Sud, de rien du tout.

Le système militaire américain en 1860

De par les idéaux d’autodéfense qui faisaient partie intégrante de la doctrine des « pères fondateurs » des Etats-Unis, le pays n’avait à l’origine pas vocation à disposer d’une armée régulière importante. La méfiance envers une armée de métier – vue par certains comme une sorte de garde prétorienne, potentiellement dangereuse pour les institutions du pays – était alors telle qu’il fut même question de la supprimer intégralement, en 1784. On consentit finalement à maintenir l’existence d’un unique régiment mixte, jusqu’à ce que de sévères défaites faces aux Amérindiens, puis la guerre de 1812 contre les Britanniques, n’imposent la formation d’autres unités. Quant à la marine, elle n’échappa pas à la dissolution pure et simple au lendemain de l’indépendance. Ce n’est qu’en 1794 que le Congrès prit conscience de la vulnérabilité de son commerce maritime et ordonna la construction de six frégates dont une, l’USS Constitution, existait toujours en 2009.

Sur le plan institutionnel, le commandant en chef des forces armées est le président. L’armée (United States Army) et la marine (United States Navy) ont chacune leur propre ministère de tutelle, respectivement le département de la Guerre (Department of War) et le département de la Marine (Department of the Navy). Les gardes-côtes, aujourd’hui militarisés, constituent alors une administration civile, le Revenue Cutter Service, dont la principale mission est de collecter les droits de douane et de lutter contre la contrebande. De ce fait, ils dépendent du département du Trésor – l’équivalent du ministère des Finances – et allaient jouer un rôle non négligeable dans la mise en place du blocus des côtes sudistes.

En temps de guerre, l’armée régulière peut compter sur le soutien des milices. Chaque État dispose en effet de sa propre force armée, dont l’appellation (généralement State Militia ou State Guard) varie de l’un à l’autre, et dont l’organisation est toujours plus ou moins calquée sur celle de l’armée fédérale. Armées aux frais de chaque État, les milices en dépendent directement et n’ont, en temps normal, pas de comptes à rendre au gouvernement fédéral. Elles sont seulement mises à disposition de ce dernier, en partie ou en totalité, en cas de conflit. Comme elles sont constituées intégralement de « soldats du dimanche » et de réservistes, leur niveau d’entraînement est plutôt bas et leur qualité militaire intrinsèque assez aléatoire. En revanche, elles présentent l’avantage de pouvoir être assemblées très rapidement, et comme leurs unités sont formées sur des bases géographiques (chaque ville ou comté a sa propre compagnie), l’esprit de corps y est souvent prépondérant.

Les milices constituent un symbole important pour la souveraineté de chaque État fédéré, puisque le recours à la force armée est un droit régalien. Elles sont, de surcroît, indissociables du deuxième amendement à la Constitution fédérale, qui garantit aux citoyens le droit de s’armer pour se défendre, et plus généralement des principes du « droit des États ». De ce fait, plusieurs États du Sud ont, durant les années qui ont précédé la sécession, fourni un gros effort d’armement pour leurs milices respectives ; ce fut le cas, notamment, de la Caroline du Sud – conséquence directe de l’épreuve de force qui avait accompagné la crise de nullification de 1832-33 – mais également de la Virginie. Signalons au passage que les miliciens sont généralement animés d’un fort esprit de clocher : engagés essentiellement pour défendre leurs propriétés, ils sont souvent réticents à aller se battre en dehors de leur État, voire de leur comté. C’est la raison pour laquelle les États recrutent, en cas de guerre, des unités de volontaires. Celles-ci n’ont vocation à exister que pour une durée limitée (dans le pire des cas, celle du conflit) et sont dissoutes une fois la paix revenue. Dans l’intervalle, elles sont mises à la disposition de l’armée fédérale.

 

On le voit, ce système militaire a surtout une vocation défensive. Celle-ci découle des origines mêmes de la nation : nés pour résister à l’oppression d’un impérialisme, les Etats-Unis ont pendant près d’un demi-siècle suivi une vision stratégique où ils ne pouvaient être que les agressés et non les agresseurs – envahir un pays étranger aurait été pour beaucoup d’Américains se comporter comme l’avait fait avec eux le roi d’Angleterre Georges III durant la guerre d’Indépendance. Ceci explique notamment les fortes résistances que rencontra dans l’opinion publique la guerre contre le Mexique de 1846-48.
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