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Guerre de Sécession : la proclamation d'émancipation (3/3)

andersonville-civil-war-prison-lifeDans l’immédiat, la proclamation d’émancipation ne fut pas bien accueillie par tout le monde. À commencer par les Sudistes, qui l’interprétèrent le plus souvent comme l’annonce d’une guerre raciale. Les « mangeurs de feu » voyaient en effet leurs pires peurs se réaliser : pour eux, la mort annoncée de l’esclavage entraînerait l’effondrement de leur économie, la mixité ethnique, et la fin de la civilisation sudiste. Confronté à la présence de soldats noirs dans les rangs nordistes, le gouvernement confédéré ne tarda pas à décréter que ceux qui seraient pris vivants seraient vendus comme esclaves ; quant à leurs officiers blancs, ils seraient tout simplement passés par les armes. Cette dernière mesure ne fut jamais appliquée, essentiellement parce que le gouvernement fédéral menaça d’exécuter des otages, sélectionnés parmi les prisonniers de guerre sudistes, en représailles. Les soldats noirs, eux, n’eurent pas cette chance, et furent effectivement réduits en esclavage, quand ils n’étaient pas mis à mort sans autre forme de procès. Tout ce que le département de la Guerre nordiste put faire pour protester fut d’interrompre les échanges de prisonniers, ce qui à terme eut des conséquences dramatiques sur les captifs des deux camps, eu égard aux conditions souvent déplorables dans lesquelles ils étaient gardés.

 

 

L’inaction d’une armée

La proclamation d’émancipation fut également loin de faire l’unanimité dans le Nord. Beaucoup de démocrates, parmi ceux qui soutenaient jusque-là le gouvernement dans son action pour mettre un terme à la sécession, s’estimèrent trahis par ce revirement apparent – en dépit des assurances de Lincoln, pour qui la sauvegarde de l’Union restait l’objectif prioritaire. À un mois et demi des élections de mi-mandat, cela offrit à l’opposition un regain de popularité. Parmi ceux qui avaient mal pris cette proclamation figurait celui qui était peut-être le démocrate le plus puissant de tout le pays, George McClellan. Le chef de l’armée du Potomac n’avait jamais fait mystère de sa préférence pour des mesures modérées à l’encontre des Sudistes, ni de son hostilité à toute forme d’abolition ou d’émancipation des esclaves. Il eut suffisamment de finesse pour ne pas l’exprimer publiquement, mais il n’en alla pas de même pour tous ses officiers. Son subordonné et protégé Fitz-John Porter se laissa aller à fustiger une « absurde proclamation d’un politicien couard ». L’affaire fit tant de bruit que McClellan dut rappeler, dans son ordre du jour du 7 octobre 1862, que le président restait le commandant en chef des armées et qu’à ce titre, il était mal avisé pour un officier de critiquer ses décisions.

mac1abDu reste, l’inaction et les revers de McClellan depuis qu’il avait pris la tête de l’armée du Potomac étaient une des principales causes de la montée en puissance des républicains radicaux – et, indirectement, de la proclamation d’émancipation. Son attitude dans les semaines qui suivirent la bataille d’Antietam n’arrangea pas les choses, très loin de là. Aussitôt après avoir réoccupé Harper’s Ferry, McClellan décida d’en faire sa base de ravitaillement. Comme à son habitude, il ne voulut rien entreprendre tant que celle-ci n’était pas pleinement opérationnelle, et notamment aussi longtemps que le pont de chemin de fer sur le Potomac n’aurait pas été réparé. À la décharge de McClellan, les difficultés logistiques de l’Union étaient bien réelles, puisque le chef du département des fournitures de l’armée du Potomac, Rufus Ingalls, s’en fait lui-même l’écho dans sa correspondance. En fait, les transports avaient été assez rapidement rétablis, mais les dépôts tardaient à envoyer les équipements demandés. En outre, les troupes nordistes avaient beaucoup souffert à Antietam : les hommes étaient épuisés et avaient subi des pertes terribles. Les cadres n’avaient pas été épargnés. En trois semaines, les armées de l’Union avaient perdu trois commandants de corps d’armée et neuf de division tués ou blessés.

Lincoln, cependant, ne comprenait pas pourquoi McClellan ne cherchait pas à poursuivre l’armée ennemie dans sa retraite. Le président nordiste n’était peut-être pas un expert en stratégie, mais il avait bien compris que la victoire d’Antietam – du moins est-ce ainsi qu’elle était perçue dans le Nord – avait offert une occasion unique de pourchasser un ennemi affaibli. Que McClellan ne profitât point de celle-ci pour anéantir Lee privait l’Union de ce qui aurait pu être une victoire militaire décisive. Consterné, Lincoln prit finalement le parti d’aller aiguillonner son général en se rendant en personne à son quartier général. Cette fois, McClellan ne put y couper, et il s’entretint longuement avec le président le 1er octobre. Abondamment photographiée, cette visite n’aboutit pourtant à rien. La patience de Lincoln se heurtait toujours aux mêmes excuses : l’ennemi était plus nombreux, les troupes nordistes manquaient d’uniformes et de chaussures, les chevaux étaient fourbus… Même s’il y avait un fond de vérité dans tout cela – hormis en ce qui concernait les effectifs sudistes – les justifications de McClellan étaient de moins en moins tolérées, que ce soit au sein du cabinet Lincoln, par le général Halleck, ou dans la presse.

mac13wLe 7 octobre, Lincoln donna à McClellan, par l’intermédiaire de Halleck, l’ordre explicite de traverser le Potomac en force et d’attaquer l’ennemi. Ce dernier s’était entre temps replié de Martinsburg à Winchester sans être inquiété. Ayant regroupé ses traînards et reçu de nouveaux renforts, Lee pouvait compter sur une puissance numérique qu’il n’avait plus connue depuis longtemps – 68.000 hommes le 20 octobre. Cela restait toutefois inférieur à ce que comptait l’armée de Potomac dans ses rangs, mais naturellement, McClellan l’ignorait. Le général nordiste, bien au contraire, se plaignait de ce que des éléments du XIème Corps de Franz Sigel aient été transférés en Virginie occidentale plutôt que mis à sa disposition, et de ce que la division Kanawha du général Cox lui avait été retirée, le 5 octobre, pour la même destination. McClellan répondit à Halleck en lui demandant trois jours de plus. Le 11 octobre, il n’avait toujours pas bougé et réclama des tentes et des couvertures – que Halleck lui fit promptement expédier par le quartier-maître général (le responsable des fournitures dans toute l’armée fédérale), Montgomery Meigs. Qu’à cela ne tienne, le lendemain, McClellan télégraphia de nouveau à Halleck en exigeant des chevaux. Il estimait également que son armée était incapable de s’éloigner de plus de 40 ou 50 kilomètres de sa base.

leewh1uLe raid de Chambersburg

Entre temps, le général nordiste devait faire face à un autre problème. Le 6 octobre, Lee avait ordonné à Stuart de préparer un raid sur les arrières de l’armée du Potomac, afin de perturber sa logistique et de retarder autant que possible l’offensive nordiste. Le chef de la cavalerie sudiste, comme lors de son raid du mois de juin, sélectionna 1.800 soldats triés sur le volet, qu’il répartit en trois détachements aux ordres de Wade Hampton, William E. Jones – surnommé par ses hommes « Grumble » à cause de son tempérament râleur – et William Henry Fitzhugh Lee, deuxième fils du commandant de l’armée de Virginie de septentrionale et plus connu sous le surnom dont l’affublait son père, « Rooney ». L’objectif principal de l’opération était la destruction du pont de chemin de fer qui enjambait la Conococheague près de Chambersburg, juste au nord de la frontière entre le Maryland et la Pennsylvanie. Franchissant le Potomac à l’aube du 10 octobre près de Williamsport, ils atteignirent Chambersburg dans la soirée, sans autre opposition qu’un petit avant-poste de cavalerie nordiste qui fut rapidement mis en fuite en début de matinée.

Les cavaliers confédérés firent le plein de vivres et de matériel, Chambersburg renfermant un petit entrepôt de matériel. Ils réquisitionnèrent également tous les chevaux qu’ils trouvèrent sur leur chemin, et capturèrent un hôpital militaire, dont ils libérèrent aussitôt sur parole les quelques 280 patients. Si les Sudistes mirent le feu au dépôt de chemin de fer, en revanche, de fortes pluies et l’obscurité les empêchèrent de localiser leur objectif prioritaire. De surcroît, les habitants de la ville parvinrent à convaincre leurs occupants que le pont était de toute façon construit en fer et qu’ils ne parviendraient donc pas à l’incendier. C’était faux : le pont était en bois, comme les Confédérés allaient pouvoir le constater par eux-mêmes lorsqu’ils reviendraient dans la région l’année suivante – et le détruiraient, cette fois. Après avoir passé la nuit sur place, les Confédérés prirent la route du retour dès le lendemain. De son côté, McClellan avait été prévenu du raid, les habitants de Chambersburg ayant donné l’alerte dès l’arrivée des Sudistes à leurs portes. Le général nordiste fit ce qu’il pouvait pour couper à Stuart la route du retour, mais sa réaction manqua de coordination. Envoyant l’essentiel de sa cavalerie vers l’ouest en espérant cueillir Stuart par là où il était venu, il se contenta de bloquer les autres routes, vers l’est, avec de l’infanterie. Celle-ci tarda par endroits à arriver, permettant à la cavalerie sudiste de s’échapper en faisant le tour complet de l’armée du Potomac, comme au mois de juin.

stuart1fStuart fut aidé dans son repli par la pluie, qui masqua sa progression – la boue empêchait les sabots des chevaux de soulever de la poussière. Son adversaire direct, Alfred Pleasonton, parvint malgré tout à l’intercepter le 12 octobre, alors que les Confédérés s’approchaient du Potomac pour le repasser. Ils parvinrent à le franchir en force à White’s Ford, de justesse, mais avec des pertes minimes : deux disparus et une poignée de blessés. Dans le même temps, Stuart revenait en Virginie avec 1.200 chevaux capturés, après avoir détruit pris l’équivalent d’un quart de million de dollars de matériel. En revanche, l’objectif principal de l’opération, le pont sur la Coconocheague, n’avait pas été détruit. Mais le principal effet du raid de Chambersburg fut psychologique : Stuart avait une fois de plus humilié la cavalerie nordiste et l’armée du Potomac, en chevauchant pendant trois jours sur ses arrières en toute impunité. De surcroît, il donna à McClellan des justifications supplémentaires à son inaction : le passage des cavaliers sudistes avait désorganisé ses lignes de ravitaillement, et leur poursuite avait épuisé les chevaux de l’armée du Potomac.

Le 13 octobre, Lincoln écrivit à McClellan, cette fois directement, pour lui « conseiller », toujours avec moult précautions oratoires, de passer à l’action sans tarder en interposant son armée entre Lee et sa capitale, Richmond. Il n’était plus vraiment question de poursuivre Lee – l’occasion était passée depuis belle lurette – mais plutôt d’attaquer avant que les intempéries hivernales ne viennent compromettre tout mouvement offensif. McClellan réagit trois jours plus tard en lançant une série de reconnaissances en force sur la rive sud du Potomac, mais il ne poussa pas plus loin son action. Dans le même temps, il continua à échanger des courriers avec Halleck, dans lesquels il se livrait à des comptes d’apothicaires au sujet des chevaux que le département des fournitures de l’armée lui avait envoyés. Il réclama également des chaussures, qui lui furent envoyées par dizaines de milliers. Lorsque l’armée du Potomac commença finalement à traverser le Potomac pour marcher vers le sud, le 25 octobre, les pluies automnales avaient sérieusement gonflé les eaux du fleuve, compliquant grandement le passage du matériel lourd. Il fallut neuf jours pour que l’armée traverse au complet ; elle ne fut finalement à pied d’œuvre que le 3 novembre.

meigs10wLe procès de Fitz-John Porter

Une fois la traversée accomplie, l’armée nordiste traversa le Blue Ridge sans rencontrer de résistance notable. Ralentie par les intempéries, elle n’atteignit Warrenton que le 6 novembre. Et s’arrêta. D’une part, le retard considérable dans les mouvements nordistes avaient permis à Lee d’envoyer le corps d’armée de Longstreet couvrir la route de Richmond, tandis que celui de Jackson demeurait dans la vallée de la Shenandoah. D’autre part, McClellan estimait s’être suffisamment éloigné de Harper’s Ferry pour justifier un raccourcissement de ses lignes de ravitaillement, et comptait bien attendre là que sa base de ravitaillement ait été réinstallée à Washington. Il était manifeste qu’il n’entreprendrait aucune offensive majeure avant l’hiver. Parallèlement, Henry Halleck avait mené l’enquête sur les affirmations de McClellan relatives aux dysfonctionnements supposés du département des fournitures. Là où McClellan affirmait avoir reçu moins de 2.000 chevaux, les archives de Montgomery Meigs montraient qu’il lui en avait été expédié plus de 9.000. Le 28 octobre, Halleck écrivit au secrétaire à la Guerre, Stanton, pour lui exprimer sa conviction que l’armée du Potomac n’avait en réalité aucun problème d’approvisionnement. Lorsqu’il l’apprit, McClellan ne trouva rien de mieux à faire qu’écrire à Lincoln pour demander à ce que les deux hommes soient remplacés.

La perspective de voir l’armée du Potomac hiverner sans rien tenter de plus fut de trop pour le commandant en chef de l’armée, pour le gouvernement fédéral, et pour la presse républicaine – particulièrement alors que se déroulaient les élections partielles. Celles-ci, d’ailleurs, se soldèrent par une défaite et un sérieux avertissement pour le parti républicain. Ce dernier perdait 22 sièges, tandis que les démocrates en gagnaient 28, tant au détriment des républicains que du « parti de l’Union », une coalition regroupant les restes du parti de l’Union constitutionnelle – qui n’avait pas survécu à l’élection présidentielle de 1860 – et des démocrates soutenant l’effort de guerre du gouvernement fédéral. Les républicains avaient désormais besoin de ces derniers pour gouverner, car ils avaient perdu la majorité absolue à la Chambre. En revanche, le Sénat demeurait largement républicain, puisque la démission massive des sénateurs sudistes au moment de la sécession les en avait laissés maîtres. Avec 31 sénateurs républicains et 7 unionistes sur 48, la majorité présidentielle renforçait même son contrôle sur la chambre haute du Congrès.

burnside3yLe résultat du scrutin n’en constituait pas moins une forme de sanction pour l’administration Lincoln. Le manque de résultats décisifs dans la conduite de la guerre avait clairement commencé à lasser l’opinion publique nordiste. Contraints d’en justifier devant leur électorat, les républicains, et notamment les plus radicaux, avaient des coupables tout trouvés. Si l’on avait pas encore vaincu la rébellion jusque-là, c’était par la faute de ceux qui avaient la main trop légère avec les Confédérés, par faiblesse, voire même par traîtrise : parmi eux, nombre de démocrates, au premier rang desquels figurait bien évidemment George McClellan. Il fut le premier à payer les pots cassés, mais son ardoise était déjà lourdement chargée. Son limogeage fut davantage concomitant à l’élection partielle plutôt que motivé par son résultat. Le 7 novembre, McClellan reçut un télégramme le relevant de ses fonctions et lui ordonnant de remettre le commandement de l’armée du Potomac à Ambrose Burnside. Le général déchu fut envoyé en disponibilité dans le New Jersey, avec pour instruction d’attendre de nouveaux ordres qui ne vinrent jamais. Il allait y passer l’année à venir à rédiger un volumineux rapport, dans le but de justifier de ses actions.

maryland_90Carte des mouvements de troupes à l'automne 1862 : l'armée du Potomac progresse lentement de Harper's Ferry jusqu'à Warrenton, laissant aux Confédérés le temps de se redéployer pour leur faire face.

 

L’homme qui devait lui succéder à la tête de la principale armée nordiste se fit quelque peu prier. De tous les généraux dont Lincoln disposait sur le théâtre d’opérations de l’Est, Burnside était pratiquement le seul qui avait à la fois exercé un commandement à grande échelle – il dirigeait le IXème Corps depuis sa création – et mené une campagne victorieuse, contre le littoral de Caroline du Nord. Toutefois, s’il avait un certain orgueil, comme en avait témoigné sa réaction à l’abandon du système des « grandes divisions » à la veille de la bataille d’Antietam, Ambrose Burnside n’en était pas moins lucide sur l’étendue réelle de ses capacités militaires. Ses succès antérieurs avaient été remportés à la tête de forces bien moins imposantes que l’armée du Potomac, et il ne se sentant pas de taille à diriger celle-ci. Tant et si bien qu’il refusa répétitivement son commandement lorsque Lincoln le lui offrit, et n’y consentit que lorsqu’il devint clair qu’en cas de refus persistant, c’est Joseph Hooker, un homme qu’il détestait et sous les ordres duquel il refusait de servir, qui serait nommé à sa place. McClellan lui transmit formellement le commandement le 9 novembre. Le lendemain, un bref accrochage entre les cavaliers de Pleasonton et ceux de Stuart, près de Warrenton, renseigna Burnside sur l’ampleur de la tâche qui l’attendait.

porterfj0Les républicains radicaux avaient eu la tête de McClellan, mais ils n’entendaient pas s’en contenter. Ne pouvant le faire traduire en cour martiale, car sa popularité était demeurée grande auprès du public, ils s’en prirent plutôt à son principal protégé, Fitz-John Porter. Ce dernier payait là autant ses accointances avec les démocrates que ses remarques à propos de la politique gouvernementale. Comme lors de l’arrestation arbitraire de Charles Stone en février, c’est McClellan qui était visé au travers de Porter. Ce dernier fut relevé de la tête du Vème Corps d’armée, puis traduit en cour martiale en raison de son comportement au cours de la seconde bataille de Bull Run. On se souvient que lors de la première journée de l’affrontement, son corps d’armée et celui de McDowell avaient échoué à attaquer Jackson par la droite tandis que le reste de l’armée de Virginie l’assaillait de front, permettant ainsi à Longstreet de venir le renforcer et consommant la défaite nordiste, le lendemain. Porter fut donc accusé de « désobéissance à un ordre légitime » et de « mauvaise conduite devant l’ennemi ». Il fut arrêté le 25 novembre.

Edwin Stanton sélectionna lui-même un jury dont il était certain qu’il condamnerait l’accusé, à commencer par le président de la cour, le républicain radical David Hunter. Deux des huit autres généraux qui y siégeaient, Rufus King et James Ricketts, avaient pris part à la bataille dans le corps d’armée de McDowell. Hunter veilla à ce que les débats soient publics et se voient donner la plus large audience possible. C’était un procès-spectacle, destiné à montrer que le gouvernement fédéral ne transigerait plus avec ceux qui tenteraient de saboter sa politique et sa conduite de la guerre. En témoignant, Pope et McDowell se firent un plaisir d’enfoncer le prévenu – ce qui leur permettait d’atténuer leur propre responsabilité dans la défaite. Pope, notamment, refusa d’admettre que son « ordre commun » à Porter et McDowell avait été particulièrement mal rédigé, et affirma que Longstreet n’était pas arrivé sur le champ de bataille avant le soir du 29 août – alors qu’en réalité, il y était parvenu dès midi. Porter fut reconnu coupable le 21 janvier 1863, et renvoyé de l’armée avec en outre l’impossibilité d’exercer toute fonction publique. Il passa le restant de ses jours à essayer de faire laver son nom et son honneur. En 1878, une commission présidée par le général Schofield reconnaîtra que les actions de Porter le 29 août 1862 avaient probablement évité à l’armée nordiste une plus grande défaite encore. Toutefois, ce n’est qu’en 1886 que Porter fut réhabilité, lorsque le président Grover Cleveland, le premier démocrate à accéder à cette fonction depuis 1861, commua la sentence rendue 23 ans plus tôt.

 

Sources

Page de la Library of Congress regroupant ne nombreux documents consacrés à la proclamation d’émancipation.

Page consacrée à la politique de Lincoln vis-à-vis de l’esclavage.

Document par lequel Benjamin Butler se justifie de sa politique à propos des « contrebandes ».

Chronologie de l’émancipation des esclaves durant la guerre de Sécession.

Texte du premier Confiscation Act.

Article consacré à l’émancipation proclamée par Frémont dans le Missouri, le 30 août 1861.

La loi interdisant de rendre les esclaves à leurs propriétaires.

La proclamation du général Hunter, et son annulation par Lincoln.

La loi du 19 juin 1862, abolissant l’esclavage dans les territoires.

Le second Confiscation Act.

Le Militia Act.

Une page riche en ressources sur la contribution des Afro-américains à la guerre de Sécession.

Article consacré au même sujet.

Page consacrée à l’histoire militaire des Afro-américains.

Article sur les U.S. Colored Troops.

Discours de Lincoln appelant à l’émancipation progressive des esclaves par les États esclavagistes demeurés dans l’Union.

Page de la Library of Congress sur le treizième amendement à la constitution des États-Unis, abolissant l’esclavage.

Liste des États ayant ratifié l’amendement.

Rapports du général McClellan sur la campagne du Maryland, portant également sur les opérations ayant suivi la bataille d’Antietam jusqu’à son limogeage.

L’enquête de Halleck sur les affirmations de McClellan relatives à l’état de l’armée du Potomac.

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