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Accueil Histoire Universelle L'année des quatre empereurs (Rome, 69)

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L'année des quatre empereurs (Rome, 69)

annee_quatre_empereurs2La première grande crise du régime impérial instauré par le premier empereur, Auguste, que l'on connait sous le nom d'année des quatre empereurs, marqua fortement les esprits puisqu'il apparu qu'un prince pouvait être fait hors de Rome, par les grandes armées provinciales. Le gouvernement de Néron, tout en provocations, fastes et excentricités fini par déclencher contre lui de vives oppositions qui naquirent tout d'abord en Gaule avec le gouverneur de la Gaule Lyonnaise, Vindex qui, après s'être entendu avec nombre de ses homologues entra en rébellion contre Néron. Dénoncé par la majeur partie de ses complices, son armée fut écrasée par des détachements de l'armée de Germanie. Mais il en était un qui persista dans la révolte, le gouverneur de Tarraconaise, Servius Sulpicius Galba. La révolte ne serait donc pas aussi simple à étouffer pour Néron.

 

Le principat de Galba

Galba était toujours en Espagne lorsqu'il appris par Icelus, son affranchi qu'il avait envoyé à Rome pour se trouver des partisans, la mort de l'empereur. Il appris également que le Sénat et les prétoriens l'avaient choisi pour successeur. Il se mit donc en marche vers l'Italie, mais l'accueil que lui réserva Rome fut pour le moins peu enthousiaste : le peuple laissait un empereur jeune et encore populaire et voyait arriver un vieillard que l'on disait volontiers avare et cruel. D'ailleurs à peine était-il arrivé qu'il refusa le donativum , don extraordinaire fait aux soldats, sous prétexte qu'il ne souhaitait pas acheter les fidélité. Son début de règne fut ainsi marqué par des exécutions de fidèles de Néron alors que dans le même temps il pardonnait à Tigellin qui passait pour l'âme damné du précédent empereur. Dans le même temps, en Afrique, Clodius Macer qui s'était révolté également contre Néron, refusa de le reconnaître. Devant la menace d'un blocus du ravitaillement de Rome, Galba envoya contre lui Trebonius Garucianus pour l'assassiner. Le forfait accompli, il mis en place un de ses fidèles. Mais en Germanie la sédition couvait également ce qu amena Galba à rappeler les gouverneurs et à les remplacer par des hommes qu'il pense plus aisément contrôlable ; Hordeonius Flaccus et Vitellius.

galbaSi la situation paraissait clarifiée pour Galba, il appris avec douleur que, au début de l'année 69, les troupes stationnées à Mayence avaient refusé de renouveler leur serment de fidélité à l'empereur. La sédition couvait et toucha les légions cantonnées en Germanie inférieure qui acclamèrent leur légat, Vitellius, empereur à Cologne. Toutes les unités de Germanie se joignirent à la révolte. La position de Galba devenait ainsi très délicate ; il avait face à lui une des armées les plus importante du monde romain et se trouvait en but à une hostilité larvée à Rome. Pour retourner la conjoncture il adopta L. Calpurnius Piso se désignant donc un successeur, et ce faisant, se présentait comme un successeur du principat initié par Auguste puisqu'il s'agissait d'un fonctionnement déjà ancien. Pison était en plus un jeune homme issu d'une famille illustre et ancienne, ce qui était propre à charmer le Sénat. Mais Galba avait à composer sans le savoir avec les menées d'un ancien favori de Néron, M. Salvius Otho qui bénéficiait des bonne grâce du peuple et tentait d'acheter les faveurs chancelantes des prétoriens par maintes promesses. Ce fut le 15 janvier 69 que tout se joua ; Othon, emmené au camps des prétoriens par une troupe se lança dans une violente diatribe à l'encontre de l'empereur. Pensant son sort réglé, Galba et ses fidèles se rendirent au Forum où il furent massacrés. Or si Galba avait été éliminé il restait toujours deux empereurs à la tête de l’État.

Une nouvelle guerre civile

OthonOthon, qui avait très tôt rejoint le parti de Galba, sans doute par ressentiment contre Néron qui avait pris pour maitresse sa femme et l'avait envoyé administrer la Lusitanie (Portugal actuel), avait donc décidé de jouer sa carte dans ce jeu du pouvoir. Son ambition y avait sans doute présidé, mais sa situation financière finit de l'y inciter tant il était criblé de dettes. L'adoption de Psion fut le déclencheur puisque cela lui fermait toute possibilité d'atteindre la magistrature suprême à la mort de Galba. Si sa politique témoigne d'une volonté de conciliation de tous, des sénateurs d'abord dont il rappela des exilés éloignés par Néron, des chevaliers ensuite qu'il fit entrer dans l'administration impériale, ainsi que des prétoriens richement doté en donativum, et de la plèbe en éliminant définitivement Tigellin, elle pris malgré tout une orientation proche de celle de Néron puisqu'il fit poursuivre les travaux de la Domus Aurea (Maison Dorée de Néron dont l'immensité et le luxe avait choqué les Romains) et releva les images de son ancien ami.

Or Vitellius n'était pas resté inactif ; il lança en effet deux armées en direction de la péninsule italienne avec à leurs têtes Caecina et Valens et rassemblait déjà sous son autorité les Gaules, les Espagnes, la Bretagne et la Rhétie. Les armées vitelliennes traversèrent rapidement la Gaule et gagnèrent le Nord de l'Italie où Othon décida de se porter contre elles. Il avait auparavant envoyés quelques détachement par mer vers la Narbonaise pour couper la route aux armées de Vitellius, mais ils étaient arrivé trop tard. Les deux forces étaient à peu près équivalentes ; 60000 hommes du coté de Vitellius, 57000 du coté d'Othon. Or ce dernier se retira en de l'autre coté du Pô pour prévenir une attaque brusquée vers Rome avec une partie des prétoriens et sa cavalerie. Lors du choc, son armée fut bousculée et mise en déroute. Certaines de ses unités se rallièrent bientôt aux vainqueur et Othon choisi le suicide. Il ne restait plus qu'un empereur à la tête du monde romain.

La voix de l'Orient

vitelliusDécrit comme un gros mangeur, grand et gros, volontiers indolent, Vitellius n'est guère épargné par Tacite dans ses descriptions. Issu d'une famille plutôt en vue sous l'Empire il était apprécié de ses soldats qui l'avaient porté à l'Empire. Il accorda le pardon aux fidèles d'Othon, affecta les légions vaincues à de nouveaux cantonnements, mais il régla plus durement le sort des prétoriens qui avaient été les principaux soutiens d'Othon, en les remplaçant purement et simplement par des soldats issus de son armée et qu'il savait fidèles. Cette politique très favorable aux légions du Rhin eu par contre tôt fait de faire naitre contre lui des inimitiés dans l'armée. C'est des provinces orientales que vint une nouvelle révolte ; Tiberius Julius Alexander fit proclamer le légat de la province de Judée Tiberius Flavius Vespasianus empereur, et il fut rapidement suivi par les autres gouverneurs d'Orient, mais aussi par les provinces danubiennes. Mucianus, parti d'Orient avec une armée, mais ce furent les troupes danubiennes, commandées par Antonius Primus et Cerialis qui les premières arrivèrent en Italie du Nord. Vitellius envoya contre elles une armée commandée par Caecina dont la fidélité était de plus en plus chancelante.

Ce fut un désastre et même les prétoriens envoyés au Nord de l'Italie pour endiguer la progression des unités fidèles à Vespasien se rallièrent à eux. Vitellius, dépité, songea alors à abdiquer et pris plusieurs dispositions auprès de Titus Flavius Sabinus, frère de Vespasien, qui mirent le feu aux poudre dans Rome même. Vitellius revint sur sa décision sous la pression des prétoriens et du peuple et de violents combats éclatèrent dans la Ville entre peuple et prétoriens contre les cohortes des vigiles fidèles à Sabinus. Ce dernier, en compagnie du plus jeune fils de Vespasien, Domitien, le futur empereur, se retira sur la Capitole où il fut pris et tué par la foule. Mais dès le lendemain les troupes de Primus et de Cerialis arrivèrent à proximité de Rome dont elles se lancèrent à l'assaut peu après. De vespasien
durs combats se déchainèrent une nouvelle fois dans la Ville ; le camp des prétoriens puis le palais impérial finirent par tomber. Vitellius fut pris, emmené sur le Forum où il fut massacré et son corps fut trainé par un croc avant d'être jeté dans le Tibre. Entre temps le Sénat avait reconnu Vespasien empereur et lui avait accordé le consulat ainsi qu'à son autre fils, Titus.

Le retour de la stabilité

La crise fut très grave et mis en exergue tant les carences du mode de succession à l'Empire que les inimités, voir les rivalités entre les grandes armées provinciales. Le régime d'Auguste montrait ainsi certains problèmes qui demeurèrent lancinant durant toute l'histoire romaine et que Dioclétien, à la toute fin du IIIe siècle et au début du IVe tenta de proposer une éphémère solution. Malgré tout, Vespasien venait lui de remporter tant la victoire que l'adhésion de tous. Il avait deux fils, ce qui était une promesse de stabilité pour le nouveau régime. Il était en outre auréolé de ses victoires dans la guerre contre les Juifs, que son fils Titus poursuivait encore. Mais il restait encore à Vespasien de reconstruire les destructions que venait de subir Rome, de ramener la confiance dans le régime, ainsi que de combattre une insurrection menée par le Batave Civilis sur le Rhin.

 

Bibliographie

- L'année des quatre empereurs, de Pierre Cosme. Fayard 2012.