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Le raid Doolittle sur Tokyo (1942)

hornetLe « Jour d’Infamie » est encore dans toutes les têtes quand le général Arnold propose au président Roosevelt un bombardement sur Tokyo. Un raid que l’on savait avant tout symbolique, mais qui devait aider à soutenir le moral de toutes les troupes alliées victimes des Japonais depuis ce funeste 7 décembre 1941. Roosevelt donne donc carte blanche à son état-major pour trouver les moyens d’organiser ce raid. C’est le lieutenant-colonel Doolittle, spécialiste de l’aviation de bombardement, qui est chargé de mener l’opération.


 

Des moyens « originaux »

Doolittle choisit vingt-quatre équipages qu’il fait s’entrainer en Floride : ils doivent être capables rapidement de faire décoller un gros bombardier lourdement chargé de la courte piste d’un porte-avions…

En effet, le choix de l’appareil se porte sur le bimoteur B-25 « Mitchell », jugé le mieux adapté à cette mission originale. Les bombardiers se voient ajouter des réservoirs auxiliaires, et même si leur armement est léger il est capable de commettre des dégâts importants. En revanche, les mitrailleuses de queue sont remplacées par des répliques en bois…Ils sont enfin équipés de caméras pour témoigner de la réalité de leur « raid fou ».

Il est prévu que les appareils, après leur raid, parcourent 2000 km au-dessus de la Chine avant de se poser sur les aérodromes des nationalistes chinois ; mais la nécessité du secret rend méfiant un Tchang Kaï Chek qui ne met que peu de pistes à disposition.

A bord du Hornet

C’est le 1er avril que seize B-25 sont embarqués à bord du porte-avions Hornet. C’est le seul moyen pour se rapprocher suffisamment de l’archipel nippon, tous les aérodromes encore alliés étant bien trop loin de Tokyo. Le Hornet est escorté par le porte-avions Enterprise du vice-amiral Halsey, et par quatre croiseurs et huit destroyers. La petite escadre se met alors en route vers le Japon. Doolittle espérait pouvoir approcher l’objectif à 700 km, mais un patrouilleur japonais l’oblige à changer ses plans. Il est décidé de lancer le raid à 1300 km de Tokyo pour éviter de mettre en péril les précieux Hornet et Enterprise (1).

b-25_on_the_deck_of_uss_hornet_during_doolittle_raid

Une tempête de 40 nœuds s’abat sur le Hornet au moment du décollage, mais les 160 mètres suffisent et les appareils de Doolittle décollent sans encombres dans la matinée du 18 avril.

De Tokyo à la Chine

La surprise est totale au Japon ! Même si au moment du raid, la capitale nipponne est justement en plein exercice d’alerte aérienne…Les B-25 apparaissent à seulement 300 mètres de hauteur et ne rencontrent aucune opposition, à part un faible tir de D.C.A. Les bombardiers américains parviennent ainsi à toucher des réservoirs à essence, des zones industrielles et des installations militaires à Tokyo mais aussi Kobé, Yokohama et Nagoya, et même le porte-avions Ryuho en cale sèche à Yokosuka ! Ils n’espéraient pas autant et en plus un seul « Mitchell » est endommagé.

L’euphorie retombe tout de même quand les pilotes américains se souviennent qu’ils ne pourront pas atteindre les aérodromes prévus en Chine, à cause de leur décollage plus loin que prévu. Ils traversent tout de même la mer de Chine orientale grâce à un vent arrière ; certains doivent alors se parachuter : un seul mourra, les autres étant secourus par les Chinois. Les autres pilotes « choisissent » l’atterrissage forcé : dix sont sauvés, mais les Japonais en capturent huit autres. A l’issue d’un procès où ils sont accusés d’avoir bombardé des civils, trois sont exécutés, un autre mourra en captivité.

Les conséquences

Si le raid avait obtenu des résultats inespérés, ils n’en étaient pas pour autant décisifs évidemment, au niveau matériel. La victoire est avant tout psychologique car elle donne un nouvel espoir aux Alliés, et assène un violent coup au moral chez les Japonais : le cœur de l’Empire n’est plus sanctuarisé.

Indirectement, le bénéfice est également pour tout le théâtre pacifique : pour empêcher de nouveaux raids de ce type, le Japon décide d’envoyer plus de troupes en Chine pour occuper les terrains d’aviation possibles ; de même, l’état-major mobilise quatre groupes de chasse sur l’archipel jusqu’en 1943, des appareils qui allaient manquer sur les théâtres de la mer de Corail, de Midway et de Guadalcanal…

(1)bien vu, les deux porte-avions allaient être décisifs à Midway quelques semaines plus tard…

Bibliographie non exhaustive

-          La Deuxième Guerre Mondiale, éditions Jules Tallandier, 7 tomes, 1966.

-          F. GARCON, La Guerre du Pacifique, Casterman, 1997.

Pour aller plus loin

- Le site Doolittleraider.com (en anglais).

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