Rechercher dans le site
Lettre d'information

Découvrez notre lettre hebdomadaire avec toute l'actualité du site, ainsi que des éditions spéciales pour les concours que nous organisons !

S'inscrire à la lettre

Accueil Les grandes batailles La bataille de Midway (3-7 juin 1942)

Inscrivez-vous à notre lettre hebdomadaire: nouveaux articles, programmes télé, débats ! Lettre hebdo:   |  Ajoutez ce site à vos favoris !  |  HpT sur  |  

La bataille de Midway (3-7 juin 1942)

bataille-midway-1La paradoxale victoire de la bataille de la mer de Corail en mai 1942 a donné un espoir aux Américains : après cinq mois de défaites depuis Pearl Harbor, il semblerait que la chance tourne. Mais l’amiral Yamamoto n’a pas dit son dernier mot, et il compte bien garder l’initiative, cette fois en attirant les porte-avions ennemis dans un piège… qui va se refermer à la bataille de Midway.

 

Le piège de Midway

Alors que l’opération sur l’Australie et la Nouvelle-Guinée a été stoppée dans la mer de Corail, l’amiral Yamamoto décide de conserver l’initiative en planifiant une nouvelle offensive. Si l’objectif premier semble mineur, le vrai but est d’attirer la flotte ennemie et de la détruire. En effet, c’est Midway, un atoll en plein centre du Pacifique, sur lequel Yamamoto jette son dévolu ; il n’a pas grand intérêt stratégique, étant loin de tout, mais un débarquement sur place obligerait quand même les Américains à réagir. L’amiral japonais compte sur le fait que la flotte américaine étant réduite depuis Pearl Harbor, mais aussi suite à la perte du Lexington en mer de Corail, l’ennemi sera obligé de jeter ses dernières forces dans cette bataille.

Il est également décidé de lancer une attaque parallèle sur les Aléoutiennes : si le but est de semer la confusion chez les Américains, cela a aussi l’inconvénient de compliquer le plan japonais, et même de diviser les forces sans réelle raison, un défaut de stratégie qui sera récurrent durant la guerre chez les Japonais.

Les surprises américaines

La flotte américaine sort de la bataille de la mer de Corail avec un sentiment mitigé : certes, elle a stoppé l’offensive nippone sur l’Australie mais elle a aussi perdu le porte-avions Lexington, et le Yorktown est en piteux état, ce qui veut dire que l’US Navy est dans une situation guère plus enviable qu’au lendemain de Pearl Harbor !

Heureusement, l’amiral Nimitz reçoit rapidement une première bonne nouvelle : les services de renseignement ont fait de gros progrès depuis Pearl Harbor, et il semblerait qu’ils aient identifié le prochain objectif ennemi en cassant le code japonais : Midway ! Nimitz ordonne alors de faire réparer le plus rapidement possible le Yorktown (commandé par Fletcher) à Pearl Harbor, ce qui est fait en un temps record, alors que le porte-avions semblait en avoir pour plusieurs semaines de cale sèche…

Deuxième bonne nouvelle, l’amiral peut aussi compter sur les porte-avions Enterprise et Hornet (commandés par Spruance), qui devraient pouvoir rapidement être sur zone. Les forces s’équilibrent, mais les Japonais l’ignorent.

Premières manœuvres

En effet, trop concentrés à exécuter leur difficile plan, les Japonais ne s’attendent pas à avoir trois porte-avions en face d’eux ; ils pensent que le Yorktown a été coulé en mer de Corail ! De plus, ils doivent se passer du Shokaku et du Zuikaku, eux-mêmes endommagés durant cette bataille. Yamamoto ne dispose donc « que » de quatre porte-avions pour l’attaque sur Midway : le Kaga, le Hiryu, l’Akagi et le Soryu. A noter que tous étaient présents lors de l’attaque sur Pearl Harbor…

us-midway-2

C’est donc une grande part de l’armada nippone qui quitte le Japon le 26 mai 1941, direction à la fois Midway et les Aléoutiennes. Le lendemain, ce sont les task forces américaines qui quittent la rade de Pearl Harbor, sans que l’ennemi ne soit au courant ; pire, l’état-major japonais croit l’Enterprise et le Hornet encore dans les eaux des Salomon…La guerre du renseignement est déjà gagnée par les Américains.

Le premier contact intervient le 3 juin, justement à la grande surprise des Japonais : ces derniers pensaient ne pas être attendus, mais ils se retrouvent bombardés par des B-25 venus de Midway ! Les dégâts sont minimes, sauf sur le moral nippon, surtout quand il est avéré que les Américains ne sont pas tombés dans le piège des Aléoutiennes, où l’attaque ne mène à rien.

Raid sur Midway et reconnaissance

Evidemment, Yamamoto ne va pas stopper son attaque pour autant. Il ordonne à Nagumo de lancer le raid sur l’atoll de Midway : nous sommes le 4 juin 1942. A 7h10, le premier assaut est terminé, les pilotes japonais en demandent un second ; ils croisent l’aviation américaine de Midway qui attaque la flotte japonaise sans résultats probants. Il n’est pas 9h que l’aviation basée sur l’atoll n’existe plus ! Leur sacrifice n’est cependant pas vain : entretemps, les Japonais ont repéré la flotte américaine, mais sont incapables de l’attaquer à cause du raid de ces avions de Midway !

Depuis quelques heures, en effet, le ballet des appareils de reconnaissance a commencé. L’amiral Nagumo reçoit des messages troublants, parfois confus, mais dont l’un fait état de la présence d’un porte-avions américain. Il hésite, mais sûr de sa force il ne lance finalement pas encore d’attaque, attendant la fin des raids sur Midway. La confusion est telle que les mécaniciens japonais doivent par deux fois changer les munitions des appareils, remplaçant les torpilles par les bombes, et inversement. Un problème rencontré sur les quatre porte-avions nippons, la désorganisation est donc totale. Cauchemar pour les Japonais : les Américains les ont aussi repérés…

Le carton américain

reconnaissance01

Il est 5h seulement quand un appareil de reconnaissance américain repère la flotte ennemie, soit bien avant que les Japonais n’aient signalé le porte-avions de Fletcher, le Yorktown. Ce sont les appareils de l’Enterprise qui sont les premiers sur la flotte japonaise, deux heures après le début du raid sur Midway ; mais les vieux torpilleurs Devastator n’obtiennent guère de résultats et ils sont tirés comme des lapins par la DCA nippone. Pourtant, ils ont le mérite de détourner aussi la chasse ennemie, ce qui laisse du champ aux appareils suivants, en particulier les bombardiers en piqué Dauntless. C’est alors un déluge de bombes qui se déverse sur la flotte de Nagumo ! En quelques minutes le Kaga, l’Akagi et le Soryu sont coulés ou hors de combat ! Les avions présents sur les ponts pour changer cette fois leurs bombes en torpilles n’ont pas arrangé les choses…A la fin du raid américain qui a duré vingt minutes, la flotte japonaise n’a pu que le porte-avions Hiryu capable de lancer des avions.

Adieu au Yorktown

Les appareils du Hiryu se lancent à leur tour à l’attaque, à 10h40. Leur cible est le porte-avions repéré en début de journée, le Yorktown. Le héros de la bataille de la mer de Corail est frappé par trois bombes qui l’endommagent gravement ; puis une seconde vague et c’est cette fois deux torpilles qui le touchent. Il n’y a plus d’espoir et, pire, le porte-avions est achevé deux jours plus tard par un sous-marin, qui parvient également à couler le destroyer qui l’escortait ! Entretemps, les appareils ont lancé une nouvelle attaque sur la flotte de Nagumo, et ont coulé le Hiryu ; la vengeance en souvenir du Yorktown continue avec la poursuite pendant deux jours des croiseurs lourds Mikuma et Mogami, le premier étant finalement coulé, le second très gravement endommagé.

midwayyorktown2

L’amiral Yamamoto a compris trop tard le drame et il ne peut venir au secours de Nagumo. Il ordonne la retraite. L’échec est cuisant.

Bilan et conséquences de la bataille de Midway

Cette fois, contrairement à la bataille de la mer de Corail, le bilan ne fait pas débat ! Les Japonais y ont laissé quatre porte-avions, les Américains un seul ! Surtout, la flotte nippone a perdu beaucoup trop de ses pilotes les plus chevronnés, ce qui sera décisif pour la suite de la guerre.

Au niveau stratégique, Yamamoto échoue dans sa prise de Midway mais, plus important encore, il a perdu l’initiative. A partir de Midway, l’avance japonaise est définitivement stoppée mais, surtout, les Américains peuvent lancer la contre-attaque, qui commencera par Guadalcanal.

Enfin, la bataille de Midway assoit pour de bon la domination du porte-avions sur les flottes, au détriment du cuirassé. Ce qui sera symboliquement acté par l’agonie des géants Musashi et Yamato plus tard dans le conflit. Mais nous n’en sommes pas encore là…

Bibliographie non exhaustive

- J.J. Antier, Les grandes batailles navales de la Seconde guerre mondiale, Omnibus, 2000.

- P. Souty, La Guerre du Pacifique 1937-1945, PUL, 1995.

- J. Costello, La Guerre du Pacifique, 2 tomes, Pygmalion, 1982.

Pour aller plus loin

- La bataille de Midway de Manami Fuchida. 2010.

- La Bataille de Midway, de Jack Smight. Fiction, DVD, 2003.

A lire sur le forum



Discuter de cet article sur notre Forum Histoire