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Guerre en ex-Yougoslavie : aux origines du conflit

yougoslavie-carteLa guerre en ex-Yougoslavie désigne une série de violents conflits ayant eu lieu entre 1991 et 2001 entre les différentes républiques qui composaient la République Fédérative Socialiste de Yougoslavie, dominée jusqu'en 1980 par Josip Broz, plus connu sous le nom de Tito. Afin de comprendre ce conflit qui a ensanglanté les Balkans durant 10 années, un rappel de 2 points importants s'impose.


 

Qu'est-ce que la Yougoslavie ?

La Yougoslavie voit le jour au lendemain de la 2nde guerre mondiale, suite à la victoire des communistes de Tito qui contrôlent la totalité du territoire Yougoslave dès mai 1945. Tito met en place un régime communiste (qui aura la particularité de rester indépendant vis-à-vis de Moscou dès 1948 après la rupture avec Staline) et unifie l'ancien Royaume de Yougoslavie dans une fédération de 6 Etats "démocratiques"  : la Slovénie (Ljubljana), la Croatie (Zagreb), le Monténégro (Titograd, désormais Podgorica), la Bosnie-Herzegovine (Sarajevo), la Macédoine (Skopje) et la Serbie (Belgrade) incluant les provinces autonomes du Kosovo (Pristina) et de la Voïvodine (Novi Sad).

Cet Etat constitué en novembre 1945 laisse leur autonomie aux différentes républiques en matière de langue et de personnel administratif mais reste fort et centré sur Belgrade pour assurer le lien entre les différentes pièces de cette mosaïque ethnique, culturelle et religieuse. La Croatie, catholique, comporte une importante minorité serbe orthodoxe. La Serbie, orthodoxe, peuplée principalement de serbes, comporte des minorités musulmanes, catholiques, hongroise (en Voïvodine), albanaise (et albanophone) au Kosovo. La Bosnie quand à elle est partagée entre Bosniaques (48%) , Serbes (37%) et Croates (13%). A noter que Bosnien est la gentilée pour les habitants de Bosnie, Bosniaque désigne un Bosnien musulman.

yougoslavie-carte

A la mort de Tito le 4 mai 1980, suite à une longue agonie, le gouvernement est assuré par une présidence tournante entre chaque républiques, par mandat d'1 an. Tito laisse une économie en piteux état : dette extérieure de 20 milliards de dollars, baisse du pouvoir d'achat, inflation galopante à 3 chiffres... Le pays est en proie à de fortes tensions etniques et sociales : dès 1981, les Albanais du Kosovo réclament l'indépendance de leur province, de graves émeutes éclatent. En 1989, le pays subit une grêve générale qui paralyse l'économie.

La montée des nationalismes

C'est dans ce contexte qu'arrive à la tête de la Ligue des communistes de Serbie en 1986 Slobodan Milosevic, fils d'un prètre orthodoxe et d'une institutrice, diplômé de la faculté de droit de Belgrade, directeur de la Banque de Belgrade jusqu'en 1983, il devient chef de la section communiste de Belgrade l'année suivante. Il entame une forte critique du système bureaucratique et soutient les projets de réformes sociales. Sa vision est aussi nationaliste et agite les vieilles idées panserbes qui visent à regrouper toutes les minorités serbes dans un même territoire : la Grande Serbie. Ainsi, il réprouve violemment les agitations albanaises au Kosovo (province indépendante de Serbie), purge l'appareil communiste kosovar et fait voter une mesure réintégrant cette province et celle de Voïvodine au territoire serbe. Par ailleurs, il soutient les manifestations des minorités serbes en Croatie et en Bosnie. En soufflant sur les braises du nationalisme serbe, qui ne demandent qu'à repartir, il exacerbant les tensions inter-ethniques. En Slovénie, le multipartisme est autorisé en 1989, suivi par la Croatie en 1990.

milosevicLe 7 mais 1990, les premières élections libres de Croatie voient la victoire de l'Union Démocratique Croate et de son leader Franjo Tudjman. Condamné en à 3 ans de prison pour "activités nationalistes" pour avoir affirmé, entre autre, que les Bosniaques sont des Croates musulmans qui réintègreront naturellement la Croatie une fois libérés du communisme, c'est l'une des figures majeures, avec Milosevic, de la montée des nationalismes.

L'éclatement de la fédération

tudm_portDans les faits, le parti communiste Yougoslave n'est plus qu'une coquille vide au niveau fédéral. En Janvier 1990, il se saborde en décrétant le passage à une économie mixte et la fin de l'autoritarisme. La boîte de Pandore est ouverte : la Slovénie organise des élections en avril, où les communistes se font battre à plate couture par les partis d'opposition. La Croatie, nous l'avons vu, voit l'arrivée de Tudjman. Les Serbes de Croatie multipilent les protestations publiques. En Serbie, Milosevic est élu président de la République socialiste de Serbie au suffrage universel. La Bosnie voit le parti d'action démocratique d'Alija Izetbegovic, chef de file des Musulmans l'emporter. En Macédoine, ce sont les nationalistes qui dominent. Ainsi le gouvernement fédéral de Yougoslavie, toujours en activité, n'a dans les faits plus aucune existence ni aucun pouvoir. En revanche, l'armée fédérale, la JNA, dominée par les Serbes, existe toujours et veille au grain.

La séparation sera entièrement consommée le 25 juin 1991. Alors que la Slovénie l'avait annoncé pour le 26 juin,elle déclare son indépendance un jour plus tôt, prenant de court l'armée fédérale et Belgrade. Elle est suivie le même jour par la Croatie. Belgrade réagit en envoyant des troupes : c'est le début d'un conflit meurtrier qui va dûrer 10 ans.

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