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Histoire du mur de Berlin, de la construction à la chute

mur01Après la capitulation du 8 mai 1945, symbole de la victoire idéologique de la démocratie sur le fascisme et le nazisme, Berlin fut occupée et scindée en quatre parties distinctes : Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France contrôlèrent l'ouest de Berlin, tandis que L'URSS contrôla l'Est de la ville. En 1949, fut créée la RFA (République Fédérale d'Allemagne) à l'Ouest et l'Est fut contrôlé par l'URSS marqué par la création de la RDA (République Démocratique Allemande). Cette date marqua la scission entre deux Allemagnes, fruit de la Guerre Froide. Berlin est donc devenue une enclave à l'intérieur même de la RDA et entre 1949 et 1961, se posa le problème de la fuite massive de sa main-d'œuvre vers la zone occidentale avec trois millions de citoyens de RDA passant à l'Ouest. C'est dans ce contexte que se profile la construction du mur de Berlin.

 

L'érection du "mur de la honte"

Dans un contexte de « coexistence pacifique », des tensions persistent et la construction du mur de Berlin en fait partie intégrante. Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les Soviétiques décident, pour enrayer le mécanisme d'exode, d'ériger un mur entre Berlin Est et Berlin Ouest. L'exode fut considéré comme une véritable hémorragie pour la zone soviétique. La construction du mur se conçoit donc dans une logique anti-migratoire de nature économique et idéologique. Le mur fut renforcé de manière progressive à travers plusieurs phases, en 1961, il se compose essentiellement de barbelés avec à certains endroits des murs de briques surmontés de barbelés. En 1962, le mur est étendu sur 15 Km de long : des barricades sont érigées sur 130 Km, 165 miradors et 232 blockhaus surveillent les frontières. En 1976, ce mur de 3,60 m de haut est précédé d'une zone large de 40 m à 1,5 Km, ce qui fait que les Allemands de l'Est ne pourront pas approcher le mur. Et en 1989, les autorités de l'est préparent le mur high-tech en intégrant un système de surveillance électronique. Toutefois, les populations de l'Est en décideront autrement.

Depuis environ une heure cette nuit, les pelleteuses pétaradent et creusent un fossé qui coupe la Ebertstrasse à la hauteur de la porte de Brandebourg. Le fossé fait environ cinquante centimètres de profondeur et cinquante centimètres de large. Il y a là des policiers en uniforme. Il y a là des pompiers. Il y a là les employés de l'administration des douanes. Et de l'autre côté de la porte de Brandebourg se tiennent environ trente poids lourds qui ont amené ici les équipes. On peut estimer à environ cinquante le nombre d'hommes en uniforme qui gardent la porte de Brandebourg. (Commentaire d'un journaliste sur la construction du mur de Berlin, le 13 août 1961).

Construction-du-Mur-de-berlinA l'Ouest, l'édification du mur ne fit que très peu réagir, dans une période où la tension entre américains et soviétiques est à son comble. Le 27 juin 1963, le président américain, John F. Kennedy effectue un déplacement à Berlin-Ouest. Il se rend au Mur de Berlin en compagnie du très populaire social-démocrate, Willy Brandt, futur chancelier et prix Nobel de la paix. Il prononce alors un discours dans lequel il déclare en allemand: "Ich bin ein Berliner", "Je suis un Berlinois". Une citation, restée fameuse, qui fait savoir aux Soviétiques et au reste du monde que les États-Unis n'abandonneront pas la ville divisée.

Quant à la population allemande, divisée, Le mur de Berlin devient vite un mur de haine, le mur du poison qu'est le communisme dans l'esprit des Berlinois de l'Est, et du capitalisme, dans l'esprit des Berlinois de l'Ouest. Chacun voit en son bloc un indéniable défaut commun : la privation de liberté, la disparition du choix. Et le mur rappelle jour après jour aux Berlinois, mais également aux Allemands, le mal-être quotidien dans lequel ils sont plongés. Bien plus qu'une ville, c'est un pays qui est coupé en deux. Le mur est une prison, il est le reflet concret de la punition infligée aux Allemands qui ont suivi Hitler, et même pour ceux qui ne le suivaient pas. L'injustice que représente le mur attise les tensions les plus profondes, de rappel quotidien de la séparation et de la défaite, il devient vite le moteur d'espoir et de liberté. Si le mur tombe, la séparation disparaît avec lui. Comme la prise de la Bastille était le symbole ultime de la chute du pouvoir royal pour les Français, le mur de Berlin était le dernier maillon de la chaîne à détruire lorsque le pays retrouva l'indépendance. Le mur et l'esprit de sa construction, fait « derrière le dos » des Allemands de l'est pose la question du ressenti de ces populations face à une situation où ils étaient à la fois acteurs et spectateurs.

Chute du mur de Berlin : la fin d'une ère, celle de la Guerre Froide

Mais plus encore, la construction du mur et des événements qui lui sont attachés, va heurter les opinions publiques sans pour autant que ces événements prennent fin. Nous parlons de « mur de la honte » pour une raison bien précise, celle des tentatives de franchissement du mur de Berlin qui coûteront la vie à 80 personnes, dont 59 ont été abattus par les « vopos » (gardes-frontières) et 115 autres seront blessés par balles. On estime à un peu moins de 5 000 le nombre des personnes qui sont parvenues à passer de Berlin-Est à Berlin-Ouest. Pendant toute la décennie des années 1960, la situation restera figée et il faut attendre le début des années 1970, et l'arrivée au pouvoir des sociaux démocrates avec comme chef de file, Willy Brant, pour assister à la mise en place d'une Ostpolitik, qui constitue une politique d'ouverture et de détente avec l'Europe communiste et avec l'URSS. Mais le basculement définitif de l'histoire du mur de Berlin s'accélère avec la visite officielle en RFA de Mikhaïl Gorbatchev en mai 1987. Ce dernier mène une politique novatrice marquée par l'abandon de la doctrine Brejnev. Le 7 octobre, de nombreuses manifestations de protestation contre le régime ont lieu et les allemands demandent à Gorbatchev de leur venir en aide. Le 18 octobre 1989, Honecker est limogé et le 9 novembre 1989, le Conseil des ministres de la RDA décide l'ouverture du mur de Berlin et des frontières. Des milliers de Berlinois de l'est comme de l'ouest se regroupent autour du mur de la "honte" pour célébrer la fin de 28 années de séparation.

mur de berlinL'Allemagne a célébré et commémoré en 2014 les 25 ans de la chute du mur de Berlin qui a marqué la fin d'une ère, celle de la Guerre Froide mais plus encore, celle de la réunification possible de l'Allemagne qui avait été abandonné après la Seconde Guerre mondiale. Cette volonté d'unification n'a jamais cessé d'animer la population berlinoise qui ouvre la porte à l'unification de l'Allemagne divisée entre RFA et RDA intervenu en 1990. L'Allemagne a effectué un Devoir de mémoire. Pour ne pas oublier cette période de l'Histoire, des morceaux de murs ont aussi été offerts à de nombreuses villes à travers le monde : Paris, Montréal, Buenos Aires... Le côté qui était situé à l'est est généralement blanc ou contenant très peu d'inscriptions, car il était gardé et protégé par des barbelés. Le côté qui était à l'ouest est au contraire bariolé de tags, de dessins et d'inscriptions appelant à la liberté. Plus encore que son appartenance à l'histoire allemande, il est aujourd'hui présenté comme le symbole de la liberté contre l'oppression à travers le monde entier.

Bibliographie

- VENERT, daniel, novembre 1989, le mur de Berlin s'effondre, Seuil. 
Berlin 9 novembre 1989 : la chute, d'Alexandre Adler. XO Editions, 2009.

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