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Guerre de Sécession, la lutte pour les États-frontière : le Missouri

msgflagÉloigné de la côte Est et de ce qui constituait alors le cœur du pays, limitrophe du Far West, le Missouri n’en était pas moins concerné au premier chef par la guerre civile naissante. En fait, il se trouvait dans une situation très similaire à celle du Kentucky : celle d’un État d’un peu moins de 1,2 million d’habitants, dont une proportion d’esclaves relativement faible, à la fois attaché à la culture sudiste et à sa présence au sein de l’Union.


Une situation complexe

Le Missouri avait déjà été au cœur du débat concernant l’esclavage avant même que celui-ci ne prenne une dimension séparatiste, puisque son intégration à l’Union avait donné lieu au « compromis de 1820 », qui fixait la limite Nord de la pratique de l’esclavage sur le parallèle 36°30’. L’institution particulière du Sud y avait donc eu le loisir de s’y développer, principalement dans les zones rurales situées sur la rive sud de la rivière Missouri, autour de la capitale de l’État, Jefferson City.

L’esclavage était loin de concerner tous les Missouriens, mais ceux qui l’étaient s’y trouvaient fermement attachés. Ainsi, les militants esclavagistes jouèrent un rôle central dans les troubles du « Kansas sanglant » à partir de 1854. Ce sont eux qui accomplirent les fraudes électorales massives qui illustrèrent les premières années d’existence du Kansas, en traversant la frontière pour aller élire, en toute illégalité, des délégués esclavagistes à l’assemblée constituante du Kansas. Ne dédaignant pas l’intimidation, ils firent à l’occasion le coup de feu contre les abolitionnistes, poursuivant une tradition de violence (inaugurée vis-à-vis des Indiens, puis plus tard des Mormons dans les années 1830-40) que la guerre civile n’allait qu’amplifier.

Mais la décennie 1850 fut aussi une ère de changements majeurs pour la démographie et la société missouriennes. La vague d’immigration européenne des années précédentes vit l’arrivée massive de fermiers d’origine allemande ou irlandaise, préférant tenter leur chance à l’ouest du Mississippi plutôt que de végéter dans la pauvreté des grandes villes de la côte Est. Ces migrants n’étaient guère attachés à la culture sudiste et à son corollaire servile, préférant de loin – et pour cause – l’abolitionnisme et l’idéologie de la « terre libre ». L’urbanisation alla croissante, en particulier pour St-Louis, la grande métropole située au confluent du Missouri et du Mississippi, et qui comptait 160.000 habitants en 1860.

Ces transformations divisèrent l’État, se retrouvant dans le résultat de la présidentielle de 1860. Le Missouri fut enlevé de justesse par le démocrate nordiste Stephen Douglas, qui devança John Bell de quelques centaines de voix seulement – un duel montrant à quel point les électeurs missouriens étaient partagés entre leur attachement envers le Sud et l’Union. Les  sécessionnistes étaient bien représentés, Breckinridge recevant le soutien d’un électeur sur cinq. Quant à Lincoln, s’il était largement battu, il avait tout de même obtenu 10% des suffrages, de loin son meilleur score dans les États-frontière.

Comme dans le Kentucky, la classe politique missourienne s’efforça de trouver un compromis acceptable par le plus grand nombre de leurs administrés vis-à-vis de la crise de l’hiver 1860-61. Son gouverneur unioniste, Robert Stewart, se fit très tôt l’avocat d’une politique de neutralité armée, reprise à son compte par son successeur, le sécessionniste Claiborne Jackson, à partir de janvier 1861. Après avoir rejeté la sécession à deux reprises, la législature de l’État mobilisa sa milice et la plaça sous les ordres d’un ancien partisan de John Bell, Sterling Price. Dans le même temps, le gouverneur Jackson rejeta fermement l’appel aux volontaires de Lincoln.
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Carte du Missouri en 1861, annotée par l'auteur.

Le camp Jackson et le massacre de Saint-Louis

L’État du Missouri abritait alors deux installations militaires : un petit arsenal à Liberty, près de sa frontière avec le Kansas, et un plus important à St-Louis, où se trouvait par ailleurs le siège du département militaire de l’Ouest, commandé par le brigadier-général William Harney. Ce dernier, qui était alors le plus jeune (61 ans tout de même) général de l’armée régulière, était fidèle à l’Union mais en butte à la défiance du gouvernement Lincoln. C’était un homme violent à la réputation sulfureuse, qui avait jadis été poursuivi en justice pour avoir battu à mort une de ses esclaves parce qu’elle avait perdu ses clés, et dont l’administration républicaine était surtout soucieuse de se débarrasser sans pour autant risquer de le faire changer de camp.

camp_jacksonLe 20 avril 1861, des miliciens missouriens occupèrent l’arsenal de Liberty et y saisirent un millier de fusils et quatre canons. Devant ce succès, Jackson mit sur pied une opération du même ordre pour s’emparer de celui de St-Louis. Il demanda en secret l’aide de la Confédération, qui lui fit livrer des armes, et ordonna à plusieurs centaines de miliciens d’installer à quelques kilomètres de St-Louis un camp d’entraînement, que ses occupants baptisèrent rapidement « camp Jackson ». Ce dernier devait servir de base à la prise de l’arsenal.

Le gouvernement fédéral réagit lui aussi. Il profita de l’absence momentanée de Harney pour placer à la tête du département de l’Ouest, à titre intérimaire, le commandant de l’arsenal de St-Louis. Cet officier subalterne, le capitaine Nathaniel Lyon, avait pour lui d’être fermement abolitionniste et d’avoir des contacts dans les milieux républicains les plus radicaux. Ambitieux et énergique, il agit promptement, armant clandestinement des miliciens loyaux à l’Union avec une partie de l’arsenal, puis en transportant discrètement le reste en sécurité dans l’Illinois, de l’autre côté du Mississippi.

Les unionistes de St-Louis informèrent bientôt Lyon de ce qui se tramait au camp Jackson. Le 10 mai, il regroupa ses forces et leur fit encercler celui-ci. Pris par surprise, les miliciens se rendirent sans combattre, et 669 d’entre eux furent conduits à l’arsenal pour y être ensuite libérés sur parole. Voyant en cette longue colonne de prisonniers défilant à travers les rues de la ville une humiliation imposée aux partisans de la cause sudiste, les civils sécessionnistes s’assemblèrent rapidement sur son parcours, demandant la libération inconditionnelle des captifs.

nathaniel_lyonLa majorité des volontaires unionistes qui les escortaient étaient des immigrés allemands de fraîche date. Aux antagonismes politiques s’ajouta bientôt la xénophobie, et les soldats furent pris à partie par la foule. Comme à Baltimore trois semaines plus tôt, la situation s’envenima. Des coups de feu claquèrent et, s’estimant attaqués, les soldats nordistes ripostèrent bientôt par salves. À la fin de la journée, 28 personnes avaient été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées, ceci sans compter les violences qui visèrent les citoyens d’ascendance allemande les jours suivants.

Le Missouri s’embrase

L’affaire du camp Jackson et le massacre (ou l’émeute, suivant le point de vue qu’on adopte) de Saint-Louis eurent de sérieuses conséquences. Elle poussa nombre de Missouriens à choisir leur camp, à commencer par Price qui, précédemment attaché à l’Union, devint sécessionniste. Lui et Jackson réorganisèrent la milice pour en faire une « garde d’État » (Missouri State Guard), formée sur un pied permanent. Le Missouri se tenait ainsi prêt à affronter les troupes nordistes.

De son côté, Harney était revenu à St-Louis et avait repris le commandement à Lyon. Soucieux d’apaiser les violences, il contacta Price et signa avec lui une trêve le 21 mai. Ce document entérinait le contrôle nordiste de St-Louis sans pour autant remettre en cause la formation de la garde d’État. Il rendit furieux les unionistes du Missouri, et ceux-ci firent limoger Harney, avec l’aval d’une administration Lincoln trop heureuse de pouvoir ainsi se débarrasser de l’encombrant général. Le 30 mai, ce dernier fut remplacé à la tête du département militaire de l’Ouest par John Frémont, tandis que Lyon était promu brigadier-général des volontaires et chargé du commandement effectif des troupes sur le terrain.

william_harneyLe nouveau commandant nordiste fit préparer ses troupes à marcher en direction du centre de l’État. Le gouverneur Jackson le rencontra le 11 juin pour tenter de négocier une nouvelle trêve, mais Lyon demeura intransigeant et l’entrevue n’aboutit à rien. Il occupa Jefferson City le 15 juin tandis que Jackson, Price et une vingtaine de députés missouriens sécessionnistes prenaient fait et cause pour la Confédération et quittaient la capitale. En leur absence, les unionistes du Missouri, menés par Francis Blair Jr., les remplacèrent par une administration loyale au gouvernement fédéral, et le Missouri demeura dans l’Union.

La garde d’État du Missouri, qui manquait cruellement d’armes, était supérieure en nombre aux forces nordistes mais n’était guère en état de faire face aux soldats de Lyon. Ce dernier se lança sans attendre à la poursuite des fugitifs pour les empêcher de rejoindre les forces confédérées qui se rassemblaient dans le nord-ouest de l’Arkansas pour leur venir en aide. Une première escarmouche, à Boonville le 17 juin, confirma la supériorité nordiste. Toutefois, un autre accrochage à Cole Camp, deux jours plus tard, permit aux Missouriens de battre un détachement unioniste isolé, leur ouvrant une retraite sûre.

Les éléments avancés de Lyon, soit un peu plus de 1.000 hommes commandés par un ancien officier de l’armée du grand-duché de Bade (immigré allemand, donc), le colonel Franz Sigel, poursuivirent Jackson jusqu’aux confins sud-ouest du Missouri. Le 5 juillet, le gouverneur Jackson, qui commandait personnellement la garde d’État en l’absence d’un Price malade, lui fit face à Carthage. L’attaque nordiste tourna court lorsque Sigel constata que les forces ennemies, quatre fois plus nombreuses que les siennes, essayaient de le flanquer. Il se retira en bon ordre, en dépit du fait que la moitié seulement des Missouriens étaient armés.

La bataille de Wilson’s Creek

Cet engagement mit un terme provisoire à la progression nordiste dans la région. Lyon regroupa ses forces, environ 6.000 hommes, dans la ville de Springfield, la principale agglomération de ce secteur. Price, rétabli, fit camper ses troupes à 120 kilomètres de là, à l’extrémité sud-ouest du Missouri. Il y fut bientôt renforcé par un détachement de la milice de l’Arkansas, aux ordres de Bart Pearce, et par une brigade de volontaires confédérés commandée par Benjamin McCulloch. Cette force comptait 12.000 hommes, mais armes et munitions faisaient défaut, et la petite armée, désormais dirigée par McCulloch, manquait de cohésion.

Lyon n’entendait pas laisser l’initiative à ses adversaires et prit l’offensive le 1er août. Toutefois, les premières escarmouches lui apprirent dès le lendemain qu’il était à présent dépassé en nombre à raison de deux contre un. Annulant son avancée, il se replia à Springfield, qu’il se prépara à évacuer pour s’installer à Rolla, plus près de sa base de ravitaillement à St-Louis. Avant de s’exécuter, il souhaita ralentir l’inévitable poursuite sudiste par une volte-face inattendue. Sigel et lui échafaudèrent un plan surprenant, dans lequel Lyon mènerait une attaque frontale tandis que Sigel flanquerait l’ennemi avec sa brigade. C’était une violation d’un principe militaire de base, qui voulait qu’on évitât de diviser ses forces face à un adversaire supérieur en nombre.

Dans le camp sudiste, le commandement était divisé. Price souhaitait attaquer dès que possible l’armée fédérale pour l’anéantir en profitant de son infériorité numérique, mais McCulloch n’avait guère confiance dans les Missouriens, et il craignait le manque de munitions : il estimait ne pas avoir plus de 20 cartouches par homme. McCulloch se rallia finalement à l’avis de Price et ordonna une attaque, mais il se mit presque aussitôt à pleuvoir. Les soldats sudistes n’étant pour la plupart pas équipés de cartouchières étanches, ils risquaient de voir leurs munitions détrempées et inutilisables ; McCulloch annula donc son ordre.

Cela évita aux deux forces de trébucher l’une contre l’autre dans l’obscurité et l’orage, car Lyon s’était déjà mis en route. Compte tenu du faible degré d’entraînement de ses troupes, la manœuvre fut brillamment exécutée, car lui et Sigel frappèrent simultanément les camps confédérés vers 5h30 du matin, le 10 août 1861. Les premiers avant-postes furent aisément enlevés et Lyon occupa rapidement une colline surplombant la Wilson’s Creek, la petite rivière sur les rives de laquelle les Sudistes campaient. De son côté, Sigel enfonça le régiment de miliciens de l’Arkansas qui lui faisait face et, poursuivant sa marche, menaça les arrières sudistes.

Lyon poussa alors sur son aile droite, contre les Missouriens de Price qui se ressaisirent bientôt. L’avance nordiste se trouva victime de sa propre position, car une fois passée la ligne de crête, l’infanterie fédérale se retrouva exposée au tir de l’artillerie sudiste : chaque avancée se trouvait bloquée par de meurtrière salves de boîtes à mitraille. Les contre-attaques missouriennes qui s’ensuivirent furent stoppées à leur tour sur les pentes de la colline, qui gagna dans ces sanglants affrontements son surnom de Bloody Hill. Lyon tenta d’inverser la tendance en se plaçant lui-même à la tête d’une nouvelle charge, qui atteignit presque le pied de la « colline sanglante ». Mais la position des Missouriens était solide, son flanc droit était bien ancré sur la Wilson’s Creek, et Lyon reçut une balle dans la poitrine. Il n’eut que le temps de mettre pied à terre avant d’expirer.
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Bataille de Wilson's creek, carte annotée par l'auteur à partir d'une carte de 1865. Positions et mouvements nordistes en bleu, sudistes en rouge.

Sur l’autre rive, deux régiments – un de la Home Guard missourienne unioniste, et l’autre de l’armée régulière – couvraient le flanc gauche des forces de Lyon. McCulloch parvint à les stopper, puis à les refouler avec un régiment de Louisianais et un autre de l’Arkansas. Utilisant la plus grande mobilité de ses forces (la moitié de ses hommes étaient à cheval), il fit ensuite faire demi-tour à ces deux régiments et les lança contre Sigel. Celui-ci, constatant que les combats semblaient avoir diminué d’intensité sur Bloody Hill, crut que Lyon avait enfoncé les lignes ennemies et venait à sa rencontre. Il ne réalisa son erreur que lorsque les Confédérés ouvrirent le feu sur ses troupes et chargèrent son artillerie. Ses soldats paniquèrent et s’enfuirent, laissant sur le terrain près de 300 morts, blessés et prisonniers sur un peu plus de 1.000 hommes, et 5 de leurs 6 canons.

Dès lors, le résultat de la bataille était joué. À Lyon succéda Thomas Sweeny, qui reçut à son tour une balle dans la jambe et céda le commandement au major Samuel Sturgis. Celui-ci tint bon, repoussant trois assauts sudistes sur Bloody Hill, mais ce faisant il épuisa presque totalement ses munitions. Il n’eut d’autre choix que de se replier sur Springfield, et à 13h30, la sanglante bataille de Wilson’s Creek était terminée. Les pertes totales dépassaient 2.500 hommes (dont 535 tués) sur un nombre d’engagés de 17.500 combattants, un pourcentage rarement atteint par la suite.

Une lutte incertaine

La défaite obligea les Nordistes à abandonner Springfield aux troupes confédérées, et à se replier sur Rolla. Pendant que McCulloch, dont l’armée dépendait pour son ravitaillement de bases éloignées et desservies seulement par de mauvaises routes, resta prudemment sur la défensive, Price tenta de reprendre le contrôle de l’ouest du Missouri. Après une série d’escarmouches, il fut bloqué par les positions fortifiées qu’avait établies une petite force nordiste à Lexington, à l’ouest de Jefferson City. Après une semaine de siège, il s’en empara le 20 septembre grâce à la ruse d’un de ses subordonnés, dont les soldats montèrent à l’assaut en s’abritant derrière des balles de chanvre.

La victoire de Lexington laissa 3.500 prisonniers entre les mains des Missouriens, et leur permit à la fois de contrôler l’ouest de la vallée du Missouri et de recruter de nouvelles troupes dans les zones avoisinantes. Ce succès eut également des répercussions importantes sur le plan politique. Le gouverneur déchu, Claiborne Jackson, et ses compagnons pro-confédérés en profitèrent pour se réunir à Neosho, dans le sud-ouest de l’État, et proclamer la sécession du Missouri. Le 31 octobre, la Confédération admit ce dernier en son sein.

john_fremontLe gouvernement pro-confédéré du Missouri n’allait toutefois pas jouir d’un contrôle étendu très longtemps. Après la mort de Lyon, son supérieur hiérarchique avait assumé le commandement direct de la petite « armée de l’Ouest ». John Frémont n’était autre  que le premier candidat républicain à l’élection présidentielle (en 1856), fameux explorateur des Montagnes Rocheuses, artisan majeur de la conquête de la Californie pendant la guerre contre le Mexique, et abolitionniste notoire. Il passa deux mois à renforcer son armée avant de faire marcher celle-ci en direction du sud-ouest le 7 octobre. Il reprit Springfield le 26, sans avoir eu à livrer de bataille majeure.

Confrontés à la perte de leur principale base missourienne, les Confédérés se replièrent en Arkansas, tandis que diverses escarmouches allaient graduellement donner aux Nordistes le contrôle nominal de l’État durant l’automne 1861 et l’hiver suivant. Frémont, toutefois, commit une erreur politique qui l’empêcha de capitaliser sur son succès : ayant publié fin août une proclamation émancipant les esclaves missouriens qui appartiendraient aux partisans de la rébellion, il refusa de l’annuler malgré les demandes répétées d’Abraham Lincoln, qui craignait qu’un tel ordre ne fasse basculer l’opinion publique missourienne dans le camp sudiste. Frémont fut finalement destitué le 2 novembre 1861 et envoyé en Virginie occidentale.

Une tentative sudiste de reprendre l’initiative dans le Missouri allait tourner court après la victoire des Fédéraux à Pea Ridge (7-8 mars 1862), laissant pour de bon l’État entre les mains nordistes une fois que les dernières positions confédérées dans le sud-est, le long du Mississippi, furent prises. Sterling Price allait encore tenter de reprendre « son » État en 1864, mais son raid, pour audacieux qu’il fut, n’en allait pas moins s’avérer vain et s’achever en désastre.

Toutefois, la rapide victoire nordiste pour le contrôle du Missouri n’allait pas signifier la fin des combats pour cet État, bien au contraire. Nulle part ailleurs que dans le Missouri ne se montrèrent avec autant d’évidence les aspects les plus sordides de la guerre civile. Dès la fin de 1861, une guérilla sans merci, souvent exacerbée par des conflits de voisinages ou de familles, opposa les partisans pro-sudistes (Bushwhackers) aux troupes de l’Union et aux Missouriens loyalistes, les Jayhawkers. Émaillées d’exécutions sommaires et d’exactions contre la population civile, cette lutte ne cessa d’ailleurs pas avec la fin de la guerre de Sécession, nombre de Bushwhackers se muant simplement en bandits de grand chemin, à l’instar des frères Frank et Jesse James, pour ne citer que les plus connus.
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Les États-Unis en 1863. En bleu, l'Union ; en rouge, la Confédération. En jaune, États restés officiellement dans l'Union mais ayant également un gouvernment confédéré minoritaire.
Légende des États : MD - Maryland ; VA - Virginie ; WV - Virginie occidentale ; KY - Kentucky ; MO - Missouri.

Sources